C’est avec cet appel que le Pape nous invite à prier cette année à l’occasion de la journée des migrants et des réfugiés. Cet appel résonne pour nous, la communauté de Syros, d’une manière particulière lorsque nous contemplons le retour à la vie, la remise de debout, de Jules, ou de Chancard et sa petite famille. Et cela ouvre nos cœurs à une fraternité, à « un nous » toujours plus grand et plus riche de la diversité de chacune de nos vies et de nos cultures.

Jules, jeune camerounais que nous avons connu à Samos, et qui maintenant vit et travaille à Syros nous livre son témoignage :

« Je suis arrivé à Samos le 19 septembre 2019 dans une embarcation gonflable où j’ai failli perdre la vie en traversant la mer Egée de la Turquie vers la Grèce.

 

A Samos, j’ai vécu l’enfer du camp vivant dans une tente sans eau, sans électricité avec les rats et les serpents et en devant me battre chaque jour pour survivre, pour faire avancer ma procédure de régularisation de ma situation.

 

J’ai obtenu la protection internationale fin 2020 et j’ai été transféré vers Athènes où là aussi la vie a été très difficile : sans argent, sans nourriture, nous vivions à 7 dans une minuscule pièce ou l’on nous demandait de payer 70€ chaque mois pour avoir un matelas.

 

Lors de mon séjour à Samos j’avais eu la chance de rencontrer le Père Tony, jésuite en mission dans le camp, et qui lors de mon arrivée à Athènes m’a mis en relation avec la communauté des pères vivant à la capitale ce qui m’a permis de trouver de l’aide dans ma détresse.

 

A Samos, j’ai aussi rencontré les Filles de la Charité qui m’avaient aidé matériellement et spirituellement, et cette aide a été encore plus loin.

 

En mai 2021, après tous ces temps difficiles, les sœurs me proposent de venir travailler à Syros puisque mes papiers me le permettent et de m’héberger dans un de leur logement. J’ai accepté l’aventure et ce nouveau départ pour retrouver une vie digne et stable.

 

Je travaille dans une entreprise de construction où j’ai trouvé des collègues géniaux. Je ne subis plus de racisme, de violence ou d’insultes.

 

J’ai commencé les cours de grec avec une sœur et des leçons de conduite à l’auto-école.

 

Je rends grâce à Dieu chaque jour de ce qui m’arrive.

 

Si je dois tirer une leçon de tout cela c’est que tout le monde a le droit un jour à la chance dans sa vie et Dieu seul a le dernier mot. »

Jules et la communauté des FDLC de Syros

 

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