M. Vincent a décidé de donner une petite instruction aux filles, pour leur parler de la grande fête de l’Épiphanie.

  • Or sus, mes filles, je m’étais proposé de vous parler, la semaine dernière, de cette fête. Et bien que je n’aie pu vous en entretenir pour quel qu’empêchement qui me survint, il m’a semblé à propos de ne point changer de dessein, étant bien raisonnable que toutes, mes filles, vous connaissiez ce que représente cette fête de l’Épiphanie et puissiez la bien vivre.

Notre très honoré Père commença alors sa conférence et interrogea plusieurs sœurs dont les pensées sont ici rapportées.

  • Mes filles, nous diviserons notre propos en trois points. Le 1er étant pourquoi les Mages ont-ils décidé de franchir mers et continents ?  Le second pour nous demander : Ils sont allés vers qui ? et le 3ème, qui ont-ils rencontré ?

Commençons par le 1er point.

Ma Sœur, qui êtes près de la fenêtre, pourquoi les Mages sont-ils partis si loin de chez eux ?

  • Mon Père, ils ont vu une étoile dans le ciel et ont compris qu’elle était, pour eux, comme un message de Dieu qu’il fallait suivre.
  • Dieu soit béni ! Oui, ces Mages, de grands Rois, dit-on, pour une étoile vue dans les cieux, ont franchi mers et terres inconnues. Voyez comme ils sont passés par-dessus leur crainte, car Dieu les appelait. Oui, mes filles et c’est ainsi qu’il nous faut faire.

  

  • Mademoiselle, vous plaît-il nous dire vos bonnes pensées là-dessus ?
  • Mon Père, dans ma chétive oraison, ce matin, il m’a semblé comprendre que, pour une fille de la Charité, l’étoile, c’est le Pauvre, le petit enfant abandonné, le malade, le souffrant, en somme tous les misérables qui sont sur nos routes. C’est donc eux qu’il nous faut voir, regarder avec beaucoup de respect, servir corporellement, spirituellement et aimer. C’est ainsi que nous trouverons et aimerons Notre Seigneur.
  • Dieu soit béni, Mademoiselle, de ces pensées qui vous viennent de Dieu. Donc, rappelons-nous qu’il nous faut, à notre tour, franchir bien des obstacles… Mais, nous en reparlerons, plus en détails, une autre fois… Passons au 2ème. Je vous disais donc, mes filles, que ces Mages étaient arrivés, en suivant l’étoile, jusqu’à la crèche de Bethléem, là où se trouvaient l’enfant Jésus, Marie et Joseph. Oui, ils sont allés vers eux. Cela veut nous dire de chercher, nous aussi, à aller vers tous ceux qui sont malheureux, pour cela oublier notre petite personne, à faire le premier pas en leur direction, pour tâcher de les soulager, le plus qu’il nous sera possible, si faire se peut.

Et M. Vincent interroge une autre Sœur :

  • Dites-nous, ma fille, comment vous allez vers les Pauvres.
  • Mon Père, je me prépare déjà le cœur en priant.  Et puis, je tâche de les aborder gaiement, m’intéressant à leurs petites misères, essayant de les réconforter au mieux. Je suis heureuse de me rendre près d’eux en qui je vois le Visage de Notre Seigneur lui-même.
  • Dieu soit béni ! Oui da, mes filles, je vous le répète encore : dix fois le jour, vous irez servir les Pauvres, dix fois, vous y trouverez Dieu. Voyez quelle grande grâce Il vous a faite, en vous appelant à votre vocation. Or sus, mes filles, vous continuez la mission du Fils de Dieu sur la terre.  N’oubliez jamais cela !  Passons, maintenant, au 3ème.  Dites-moi, vous, ma Sœur qui êtes là derrière, qui les Mages ont-ils rencontré ?
  • Mon Père, je sais qu’ils ont rencontré Jésus, avec Marie et aussi Joseph. Ils se trouvaient dans un pauvre abri :  le bébé était enveloppé de langes et couché dans une crèche.
  • Et vous, ma Sœur, que dites-vous ?
  • Mon Père, ils ont reconnu le bébé comme étant un envoyé de Dieu. Alors, ils se sont courbés, tout près de la terre et l’ont adoré. Puis, ouvrant leurs bagages, ils lui ont offert des cadeaux de grande valeur : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
  • Dieu vous bénisse, ma fille, savez-vous ce que cela représente ? N’en n’avez-vous jamais ouï parler ?
  • Si, mon Père, car Mademoiselle nous l’a bien expliqué la semaine dernière.
  • Je n’y reviens donc pas. Mais je veux vous dire que, rencontrer quelqu’un, c’est d’abord le voir, prendre le temps de le regarder, de le considérer avec respect et amour. Et puis aussi l’écouter avec grande patience.  Seulement après, prendre grand soin de lui, comme vous voudriez que l’on traite votre mère ou votre père et même, comme si vous serviez le Fils de Dieu lui-même.  Voyez-vous, mes filles, ces Rois très riches, qui ont franchi de grandes distances, qui sont allés vers Bethléem, qui ont rencontré Jésus, le fils de Marie, ont aussi rencontré Dieu et découvert sa gloire… comme les bergers, les premiers, l’avaient chanté le soir de noël. Mais, à l’Épiphanie, ils nous montrent que Dieu ne vient pas seulement pour quelques-uns, mais pour toute l’humanité, pour chacun, chacune d’entre nous, pour tous les Pauvres que vous avez le bonheur de servir.  Pensez-y souvent, mes filles, car cela est aussi vrai que nous sommes ici.  Voyez comme le dessein de notre Dieu est grand !  Donnez-vous à Lui pour bien vivre et Le bien servir.

Vincent, comme à l’ordinaire, nous donne sa bénédiction, demandant à Dieu de nous faire la grâce de vivre cette grande fête de l’Épiphanie en bonnes chrétiennes, selon son bon plaisir. « Benedictio Dei Patris… ».

 

       Sœur Marie-Catherine DOMINJON, Communauté des FDLC de Lyon

 

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