Sœur Marguerite-Marie Cruz a été interviewée pour le Journal du Secteur pastoral des Rives de l’Aire, regroupant : Eglise de Notre Dame des Grâces (Grand-Lancy), Chapelle de la Sainte Famille (quartier des Palettes), Eglise St Bernard de Menthon (Plan-les-Ouates) et Chapelle St Jean-Baptiste (Perly-Certoux).
Elle a inauguré une nouvelle rubrique du journal, intitulée « TÉMOIGNAGE ».

 

Pourquoi vous levez-vous le matin ?

Parce que je suis encore vivante et, à 100 ans, j’en remercie le Seigneur !

Et j’adhère à un chant que j’aime : « Se lever chaque jour et servir par amour ».

 

 

 

Un souvenir de vie marquant ?

La maladie et la mort de maman, décédée trop jeune, a changé toute mon enfance et a imposé une orientation à ma jeunesse,  passée à la campagne, où seul le travail était reconnu.

 

Un regret ?

Je ne regrette rien de ma vie, je ne regrette rien de ce que j’ai fait.

Cependant, en 1938, je n’avais plus le choix d’orienter ma vie comme je l’aurais envisagée. Les circonstances ont fait que j’ai dû rester à la campagne pour aider mon père, mes frères et sœur. Peut-être que j’aurais pu faire des études, avoir des loisirs, mais cela ne pouvait se faire.

C’est dans ce contexte que j’ai entendu l’appel de Dieu, ce qui a été une surprise pour moi. Heureusement, j’ai pu échanger avec le curé de notre paroisse qui était disponible et qui aimait les jeunes. Nous étions trois jeunes, très différentes, à avoir cheminé ensemble, mais pris des chemins différents. Personnellement, j’ai été influencée par la lecture de la vie de Sainte Catherine Labouré qui avait des ressemblances avec la mienne.

Un autre regret, est d’avoir dû laisser la voiture à 93 ans… parce que j’aimais conduire !

 

Une anecdote de votre activité actuelle ?

Ce que je peux encore faire ce qui est très apprécié, notamment, la glace au Grand Marnier et les gâteaux traditionnels que je suis heureuse de pouvoir offrir et partager avec le MCR (mouvement chrétiens des aînés) ! Je participe régulièrement aux réunions.

 

Une caractéristique de votre personnalité ?

Je crois que je suis discrète et disponible. J’aime rendre service et cela me maintient en forme.  Faire plaisir me fait vivre !

 

 

 

 

 

 

La foi… quelle importance pour vous ?

La foi m’a soutenue toute ma vie. Je n’ai pas eu beaucoup de formation, mais je m’intéresse, je lis, je participe à la prière et liturgie communautaires. Cela me nourrit au quotidien.

Je suis fidèle au site KTO, dont les émissions m’apportent beaucoup, entre autres le chapelet à la Grotte de Lourdes, qui me relie quotidiennement au monde.

 

 

 

Le confinement :

J’ai la chance de vivre dans une communauté, je m’y sens en sécurité. J’ai la possibilité d’aller sur le balcon, d’admirer la nature. Mais ne pas pouvoir sortir, ni rencontrer les personnes de l’extérieur, paroisse et quartier, me manque.

 

Ce que vous apprenez de vous-même ?

Ayant fait vœu de pauvreté, le confinement me montre que je peux vivre simplement, sans superflu.

 

 

 

 

Ce que vous découvrez et qui vous réjouit ?

Le virus nous fait prendre conscience de la fragilité de nos sociétés. Il a mis en valeur des travaux peu considérés et si nécessaires, par exemple les services de voirie. Cela allait de soi qu’ils ramassent les ordures. Nous nous rendons compte de l’importance de leur travail, par n’importe quel temps !

Le souci de la Commune pour toutes les personnes isolées et nos voisins  somaliens, togolais, portugais, qui nous offrent leurs services, tout cela nous touche beaucoup.

Nous avons davantage pris conscience de la nécessité de nous intéresser aux autres. Comme si l’individualisme avait été balayé par la solidarité et la générosité.

Et puis, dans un environnement plus calme, je perçois une grande variété de chants d’oiseaux, dans les arbres qui ont été sauvés, autour de nous.  

 

Rives de l’Aire infos/Juin 2020

https://up-rives-de-laire.ch/journal-paroissial/

 

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