Santorin est une île des Cyclades dans la mer Egée, connue grâce à sa civilisation ancienne ensevelie sous les cendres volcaniques.

A la demande réitérée des Pères lazaristes et des Evêques de l’île, 5 jeunes Sœurs sont envoyées à Santorin par le Père Etienne, Supérieur général en 1841.

 

Ce sont :

  • Sœur Augustine Gosselet, Supérieure      
  • Sœur Félicité Lequette  
  • Sœur Marie Thérèse Gillot, infirmière
  • Sœur Marthe Lavirotte
  • Sœur Jeanne Jaume, décédée 6 mois après son arrivée.

 

Elles quittent Marseille sur un voilier le 11 août. Le 30 août, elles arrivent à l’île de Syros pour un contrôle sanitaire. Le père Joseph Doumerq, Prêtre de la Congrégation de la Mission, venu exprès de Santorin, les y attend pour les formalités. Le 2 septembre 1841 elles mettent pied à Santorin. La misère y est grande. Beaucoup de familles sont dans le dénuement extrême. Il n’y a aucune structure sanitaire pour leur venir en aide.

Tout au début elles logent dans les bâtiments des Pères avec une chapelle commune.  Par la suite Sœur Lequette aménage ceux des Sœurs.

Les Sœurs, en vraies filles de Saint Vincent, se mettent au travail. Elles apprennent le grec. Le dispensaire accueille les malades. Les médicaments apportés de France sont donnés gratuitement aux plus pauvres. Dès le 8 septembre, une classe commence pour les jeunes de 18 à 20 ans qui désirent apprendre à lire et à écrire, puis ce sera l’école. Sœur Lequette en a la responsabilité. La maison d’enfants reçoit les plus défavorisés. Deux fois par semaine il y a la visite à domicile, par des chemins raboteux, dans les 16 villages pour soigner ceux qui ne peuvent pas venir au dispensaire. En 1848, l’Association des Enfants de Marie procède à l’élection de leur première Présidente, Flora Delenda.

 

Même le Roi, Othon de Grèce, qui visite Santorin en 1849, s’intéresse à la mission des Sœurs. Grâce aux démarches et aux appels à l’aide du Père Antoine Heureux, de la Congrégation de la Mission, et de Sœur Gillot, un petit hôpital fonctionne en 1856. Sœur Gillot obtient l’exemption des taxes concernant les médicaments et le vestiaire venant de France. En 1866 elle écrit aux Supérieurs : la pauvreté des habitants est indescriptible. Beaucoup de gens sont désespérés, surtout les veuves et les orphelins.

En 1875, Sœur Gillot brosse un tableau :

  • 15 000 visites de malades au dispensaire dont 250 sont restés pour les soins
  • 400 visites à domicile
  • 2 orphelinats : 56 filles chez les Sœurs et 27 garçons chez les Pères
  • 150 élèves à l’école

Sœur Gillot a été décorée par la France de la Légion d’Honneur pour ses 50 ans de service à Santorin.

En 1888 après la guerre gréco-turque, la princesse Ghika de Roumanie s’engage à pourvoir pendant 10 ans l’entretien de 12 garçons et de 12 filles, orphelins de guerre. Avec l’accord des Supérieurs de Paris cette aide est attribuée à Santorin. En 1921, Sœur Izard ouvre un atelier de couture pour les jeunes sans travail. En 1924, le dispensaire compte 12 000 visites de malades et 300 sont soignés à l’hôpital.

Pendant la guerre de 1940 avec l’aide de la Commune de Santorin, les Sœurs se chargent de la soupe populaire. Elles ont 25 enfants à l’internat. La maison est réquisitionnée par les Italiens puis par les Allemands. Après la guerre, l’hôpital devient hospice pour les pauvres. Le dispensaire et la maison d’enfants fonctionnent à nouveau.

En 1956, le 9 juillet au matin, une éruption volcanique et un tremblement de terre de 7,5 sur l’échelle de Richter, provoquent 53 morts, 100 blessés, 529 constructions démolies et 1482 maisons très endommagées, dont les bâtiments des Sœurs. Ce qui va amener le retrait des 4 Filles de la Charité le 28 Avril 1957. Les Sœurs à Santorin ont toujours vécu très pauvrement, partageant parfois leur nourriture avec les plus pauvres.

Pour les services rendus aux plus pauvres aussi bien catholiques que qu’orthodoxes, la Communauté reçut, de donateurs, des champs de vignes dont le vin leur procurait certaines ressources.

 

Liste des Sœurs servantes durant les 116 ans à Santorin :

  • Sr Augustine Gosselet (1841 – 1852) appelée en France à la fin de son mandat
  • Sr Félicité Lequette (1844 – 1852) appelée en France ; 10 ans après elle est élue Supérieure générale de la Compagnie
  • Sr Marie Thérèse Gillot (1852 – 1898)
  • Sr Jeanne Marduel (1898 – décédée en 1900)
  • Sr Angèle Dubois (1900 – 1902 partie en Chine)
  • Sr Clémentine Maurel (1902 – 1908)
  • Sr Valentine Varipati (1908 – 1920)
  • Sr Joséphine Izard (1921 – 1928)
  • Sr Monique Pascaud (1928 – 1931)
  • Sr Gabrielle Levigne (1931 – 1938)
  • Sr Anne Lucie Plaurans (1938 – 1956 décédée peu avant l’éruption du volcan).

 

Quelques noms des Sœurs de la Communauté :

  • 1842, Sr Marie-Louise d’Aussac et Sr Catherine Dormal
  • 1844, Sr Henriette Limousin, Sr Denise Parazols et Sr Nicolette de Gelis
  • 1855, Sr Bonfort et Sr Boissade, enseignantes
  • 1856, Sr Antoinette Margel et Sœur Célestine Prindezi

Fermeture de cette première mission des Filles de la Charité en Grèce le 28 avril 1957 et départ des 4 Filles de la Charité :

  • Sr Mathilde Guinse et Sr Jeanne Stefanou rejoignent la Communauté de Syros Hermopolis.
  • Sr Marthe Anguelova, la Communauté de Ano Syros
  • Sr Joséphine Tallone, infirmière, la Communauté d’Istanbul Hôpital de la Paix.

Louange à Toi Seigneur Jésus.

 

Les Filles de la Charité en Grèce, pour le Service des Archives de la Province Belgique-France-Suisse

 

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