Bruno présente le déroulement de la rencontre et propose des questions que les uns et les autres se sont posées pendant le confinement.

Nous avons regretté l’absence de la Croix Rouge, du Secours Catholique et du Centre Communal d’Action Sociale qui se sont excusés (en réunions internes ce même jour).

Au cours de la rencontre, nous avons noté des réflexions marquantes qui illustrent la façon dont chacun a vécu le confinement, dans son quartier, dans le milieu associatif et au niveau des engagements pris individuellement et collectivement.

Tous les ans la Communauté des Filles de la Charité a l’habitude de fêter Saint Vincent de Paul le 27 septembre avec les Equipes Saint Vincent et  les Conférenciers.

Cette année, nous avons pensé le fêter autrement, en partageant, avec tous ceux qui sont solidaires des plus démunis, nos expériences, nos intérêts, nos préoccupations vis-à-vis d’une population en difficultés financières et sociales.

 

La parole est donnée à Sœur Monique : elle retrace en quelques mots la vie donnée, de Saint Vincent de Paul.

Elle souligne qu’il a connu la peste et un certain confinement et qu’il a fondé les Charités pour organiser les aides et les secours. Ces Charités sont devenues au cours des siècles les Bureaux de Bienfaisance, les Bureaux d’Aide Sociale et aujourd’hui les CCAS.

S’il vivait à notre époque, il serait inventif pour répondre aux nouveaux besoins des malades du sida, de la pandémie du coronavirus…. Il ne faut pas oublier que l’histoire l’a situé comme précurseur de l’Aide Sociale à l’Enfance avec la création de l’œuvre des enfants trouvés.

Vincent a travaillé à la promotion de la femme. Il a permis à toutes, qu’elles soient grandes dames ou filles du peuple, de se dépasser : Marie-Joëlle Guillaume, dans son livre, Vincent de Paul, écrit : « Elles lui doivent d’avoir pu jouer avec finesse et générosité ce rôle de civilisatrices qui est le grand charisme de la femme, mais que seules certaines périodes de l’histoire ont laissé s’exprimer »

C’est pourquoi nous avons pensé l’honorer en partageant les uns et les autres tout ce qui se vit à Arcachon dans la solidarité et l’attention aux plus démunis.

 

 

Au cours de notre rencontre, plusieurs personnes, représentant des associations, mouvements d’Église ou en leur nom propre se sont exprimées et ont évoqué leur vécu pendant le confinement.

Les Equipes Saint Vincent  :

La question qui s’est imposée : « Que devons nous faire ? »

Puis très vite, cette crise a entraîné des mouvements de solidarité et notre défi maintenant est de poursuivre cet élan de solidarité.

 

 

 

« Ce fut pour nous l’occasion de prendre le temps de la réflexion et de vérifier quelles sont nos réelles capacités d’adaptation à cette situation de crise….. »

« Nous avons opté pour un accueil des personnes sur rendez-vous et individuellement. « Cette expérience s’est révélée très satisfaisante, elle a favorisé une écoute et un partage plus chaleureux. Ainsi, après le déconfinement, nous avons décidé de maintenir cet accueil sur rendez-vous qui a été apprécié par nos bénéficiaires….. »

« Nous avons fonctionné en réseau avec les autres associations (Secours Catholique, Croix Rouge…) et les services du CCAS. Tout s’est bien articulé et nous avons pu ainsi continuer à suivre les personnes dans le besoin….. »

Une bénévole a participé à des rencontres avec des personnes de son quartier : « …..ceux que nous avons visités, nous ont apporté beaucoup et ce fut des moments de rencontres et de partage pour tout le monde….. »

Une autre équipière a participé au tri de tous les dons (jeux, vêtements…) qui ont été faits à la Maison d’Enfants Au Moulleau et a pu voir la joie des enfants confinés dans l’établissement.

 

Le Service Evangélique des Malades n’a pas pu poursuivre les visites des personnes à domicile ni en EPHAD à cause des consignes sanitaires « … nous avons fonctionné par téléphone, cela a permis de rompre la solitude et l’isolement mais n’a cependant pas remplacé les visites… ».

Une personne du SEM a pris l’initiative de mettre, dans des boîtes aux lettres de personnes seules, un petit mot laissant ses coordonnées, cela a été bien reçu et elle a ainsi eu des contacts avec des personnes de son quartier. Il en résulte que des liens ont été créés.

Faisant partie du réseau « Arcachon Solidaire », Sœur Monique regrette que les visites des personnes n’aient pas pu se faire. Les personnes très âgées, seules et hospitalisées à domicile n’avaient d’autres visites que celles des personnels médicaux le matin et le soir, les mettant en danger tout le reste de la journée en cas de chute.

 

 

 

 

Association Au Moulleau avec Vincent de Paul

Un administrateur a consacré son temps à mettre en place tous les ordinateurs qui avaient été donnés pour les enfants de la MECS.

Une cinquantaine d’ordinateurs ont été donnés, ainsi les enfants ont pu suivre les cours, leur niveau scolaire n’a pas été altéré et lorsqu’ils ont repris l’école, ils n’avaient pas accumulé de retard, au contraire, ils étaient heureux de reprendre l’école, même ceux qui d’ordinaire refusaient d’y aller.

A cet effet, le confinement a été très favorable pour les enfants.

 

Père Sylvain : doyen du Bassin d’Arcachon

Ce sont les prêtres qui ont assuré les obsèques des nombreuses personnes qui sont décédées à cette période.

Le père Sylvain a noté la grande difficulté à vivre le deuil et à accompagner les personnes en deuil du fait des obsèques célébrées en comité réduit, rendant le travail de deuil complexe.

Il a noté que le confinement avait perturbé beaucoup de ces personnes en deuil et a provoqué des détresses psychologiques.

Il a noté également le meilleur : davantage de solidarité.

Et le pire : des arcachonnais intolérants qui se sont plaints de l’arrivée dans la nuit de résidents secondaires qui sont venus se confiner dans leur maison de vacances.

 

 

En conclusion :

La commune d’Arcachon est connue pour son côté attractif et touristique, cependant sous ses artifices coquets et aisés, le confinement a révélé des situations difficiles et variées pour beaucoup de personnes, beaucoup de situations de détresse:

– la détresse des travailleurs saisonniers

– la détresse des professions de l’hôtellerie

– la détresse des hospitalisés à domicile

– la détresse des personnes seules et des familles fragilisées par des baisses de revenu

Mais aussi, nous avons constaté quelques effets positifs :

– davantage de solidarité et de fraternité

– des rencontres de voisinage

– des prises de recul de certaines associations, qui leur ont permis de revoir leur fonctionnement et de proposer un accueil plus satisfaisant pour les bénéficiaires.

En fin de rencontre, nous rappelons que le pape François est beaucoup intervenu dans les médias, pendant cette période, qu’il s’est beaucoup préoccupé des plus fragiles et en particulier des réfugiés. Par des paroles fortes, il s’est adressé, en homme d’État aux chefs d’État des autres pays.

Cette crise a permis de créer un mouvement de solidarité que les Vincentiens souhaitent poursuivre en relançant les autres partenaires absents.

A l’issue des échanges, les participants ont partagé un verre de l’amitié dans le respect des conditions sanitaires demandées.

 

La communauté du Moulleau
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