Givors est une commune du département du Rhône d’environ 9 000 habitants lors de l’arrivée des premières Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul.

Elle est située dans la métropole actuelle de Lyon en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Dès le XVIIIème siècle, la position stratégique de cette ville, à la confluence du Rhône et du Gier, lui donne d’être un centre de commerce important. Au début du XIXème siècle, Givors participe à la Première Révolution industrielle. Les premiers maîtres verriers s’implantent dans cette petite ville, séduits par l’emplacement, près de Lyon, par les voies de transport, par la matière première présente : charbon de la vallée du Gier, le sable des cours d’eau…. De nombreux givordins ont travaillé dans les usines de « verrerie ».

Cette Ville a connu deux Communautés de Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul :

I – Givors Miséricorde 1852-1987. Maison de charité avec orphelinat

II – Givors Hôpital-Hospice de Montgelas 1918-1969

I – GIVORD Miséricorde 1852-1983

En 1852, les Filles de la Charité arrivent à GIVORS et s’installent rue de l’Eglise. Dès 1853, un orphelinat leur est confié et elles entreprennent la visite des pauvres.

Un ouvroir est fondé en 1856 et fonctionne jusqu’en 1878. Malheureusement les Archives de cette maison n’ont pas été conservées et l’on ne sait rien de la marche de l’Etablissement à cette époque sauf l’arrivée de trois sœurs : Sœur MARTIN en mars 1856, Sœur MADAULE en 1861, et Sœur MATHAN en septembre 1874.

Le Patronage commence en 1886 et l’Hôpital des Vieillards en 1887.

La Croix qui domine la Chapelle portant une inscription datée de 1860 laisse supposer que les Sœurs ne sont restées que peu de temps rue de l’Eglise et se sont installées au n° 16 du quai Robichon Malgontier.

En 1896, l’acquisition d’un nouveau bâtiment, quai du Rhône, devenue par la suite : quai Robichon Malgontier, prévoyait un Hôpital-Hospice : 15 lits pour l’Hôpital et 11 lits pour l’Hospice.

En 1900, l’orphelinat s’installe dans un bâtiment construit sur la rue des Verreries faisant angle avec le quai ; il fonctionne jusqu’à sa fermeture définitive en 1946. Il compte 35 enfants plus un ouvroir très prospère ainsi qu’un ouvroir externe de 18 jeunes filles. Une « Bonne Garde » (garderie d’enfants) fonctionne vers cette époque, mais ne reçoit que peu de pensionnaires.

Outre ces œuvres, un Dispensaire fonctionne où l’on soigne quelques centaines de Pauvres, ainsi qu’un fourneau où l’on distribue environ 400 portions. Les Catéchismes confiés aux Sœurs comptent 150 enfants. Un Patronage très florissant de 260 enfants et jeunes filles s’y ajoute, et des Retraites fermées groupent une quarantaine de jeunes filles.

La Maison a acquis depuis 1906 un pré avec une petite maison au lieu-dit le Bouchage, non loin de GIVORS, où les enfants de l’Orphelinat vont passer la journée durant les vacances.

Après la fermeture de l’Orphelinat, on fait de grandes transformations : des galeries relient entre eux les divers offices, un nouveau Service de 33 Vieillards est ouvert, un Oratoire aménagé et la Maison de Charité devient une Maison de Retraite pour femmes.

Depuis 1956 fonctionne un Service ultra-moderne de 14 lits par box de 2 portant ainsi le nombre de Vieillards admissibles à la Maison de Retraite à 82.

Les Catéchismes de la paroisse Saint Nicolas sont toujours confiés à l’une de nos Sœurs ainsi que la visite des familles.

En 1977, la Direction, la gestion et les soins aux Pensionnaires sont assurés par un personnel laïc. Une sœur Infirmière remplace dans les services plusieurs jours par semaine quand l’Aide-soignante prend son congé hebdomadaire. Plusieurs Sœurs rendent quelques services dans la maison suivant leurs possibilités. Huit sont au même titre que les Pensionnaires.

En 1975, la communauté est rattachée à la Maison Provinciale à Lyon, jusqu’au retrait des Sœurs en 1983.

 

II – GIVORD Hôpital de Montgelas 1918-1969

L’Hôpital-Hospice ouvert le 2 février 1912, n’est au début qu’une filiale du Quai Malgontier.

Sœur TESTENOIRE est Sœur servante des deux maisons. Sœur JANDIN, première d’office à Montgelas jusqu’en 1918, en devient la Sœur servante. En 1921, elle est remplacée par Sœur MERLE, qui passe plus de vingt ans à la tête de la maison.

A l’origine, l’Hôpital-Hospice comprend deux salles de vieillards et deux salles de médecine ; en tout 40 lits. En 1914, il devient Hôpital Militaire : 200 lits y sont campés et serrés un peu partout. Une salle d’opération est installée. Elle continue de fonctionner entre les deux guerres : un chirurgien vient de LYON deux ou trois fois par semaine ; le nombre des vieillards dépasse alors celui des malades, en tout 70 à 80 lits.

En 1944, l’Hôpital change complètement d’orientation : il devient surtout chirurgical. Il n’y a plus que quelques vieillards (2 à 6). Les deux services de chirurgie sont insuffisants pour le nombre des opérés ; les services de médecine sont occupés en partie par des « chirurgicaux ». En tout 120 lits.

Une Maternité est ouverte en 1945, une laïque en est cheftaine. Quatre infirmières sont attachées au bloc opératoire et à la radio.

Les services de chirurgie et de médecine sont tenus par les Sœurs. Celles-ci jouissent de l’estime de la Direction, des Docteurs et du Clergé, et de l’affection des malades.

Ces malades viennent de tous les milieux de GIVORS et des environs. La majorité sont des ouvriers.

Quelles que soient leurs opinions, à l’Hôpital, ils se montrent respectueux à l’égard du Prêtre qui passe fréquemment dans les salles. La Communion est distribuée tous les Dimanches et souvent en semaine à la demande des malades. Le séjour à Montgelas est pour beaucoup l’occasion d’un rapprochement avec le Bon Dieu. Très rares sont ceux qui refusent les « derniers sacrements » (sacrement des malades). Moralement, l’Hôpital est, comme l’Eglise, au cœur de la Commune. Pour les « indifférents » il tient plus de place que l’Eglise.

La Communauté de l’Hôpital de Montgelas est fermée en 1969.

En réponse à un courrier du cardinal RENARD, Archevêque de LYON, la Visitatrice Provinciale écrit le 18 mai 1969 :

« Nous avons accédé au désir du Directeur : deux Sœurs résideront à la Maison de Retraite du Quai Malgontier et se rendront chaque jour à Montgelas, pour le service des vieillards… Il nous est très douloureux de quitter cet hôpital. Nous aurions tant voulu « tenir » encore, mais cela dépasse nos possibilités… »

Sœur Annie GESRET, Service des Archives Provinciales
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