Fontenay-le-Comte est une commune de l’Ouest de la France, sous-préfecture du département de la Vendée dans la région Pays de la Loire.

Vers 1130, un « Hôtel-Dieu » ou « Hôpital Saint Jacques » fut édifié par Guillaume X, Duc d’Aquitaine, dans le « quartier des Loges ». Il fut agrandi par Alphonse, Comte de Poitiers, frère de Saint Louis.

En 1280, il fut reconstruit par le Roi Philippe Le Hardi avec le concours de ses habitants qui étaient essentiellement : drapiers, tanneurs, boulangers, peintres…

 

Au XVIème siècle, cet Hôpital fut agrandi. Il possédait une petite chapelle dédiée à Saint Jacques ; en 1618, on y adjoignit un cimetière. Il recevait les malades de la Ville et les soldats de la garnison. Il y avait 12 lits pour les hommes, 11 lits pour les femmes et quelques chambres particulières. On y recevait les infirmes incurables et les malades graves. Ils étaient entassés à plusieurs dans un même lit, les plus valides couchant sur les dalles du dortoir, jonchées de paille changée tous les mois à peine.

 

En 1631, l’Abbé MOREAU, Curé de N. D de Fontenay, ému de la misère des pauvres malades acheta matelas et couvertures pour que chacun ait son lit. Il proposa la création d’un nouvel hôpital dit « Hôpital des Pauvres malades »

 

 

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En 1633, la Direction de l’Hôpital est confiée à des « Dames de la Charité », dont les Confréries, fondées par Saint Vincent de Paul et Sainte Louise de Marillac, se répandent partout. Elles sont à l’origine du « Bureau de Bienfaisance ».

En 1662, Louis XIV prescrivit de créer dans chaque ville un « Hôpital Général ».

En septembre 1684, une ordonnance royale constatant que « l’Hôpital des Pauvres Malades » remplissait les conditions voulues, l’érigea en « Hôpital Général ». La chapelle fut construite et bénie en 1690. Les malades étaient soignés par des laïcs dévoués. Progressivement de grosses difficultés apparurent.

 

 

 

En 1714, il fut décidé de confier l’hôpital aux Sœurs de St Vincent de Paul. M. Bonnet, Supérieur de la Congrégation de la Mission ne donna pas une réponse favorable par « manque de personnel ».

En 1725, Soeur Julienne Jouvin, Supérieure générale des Filles de la Charité, et son Conseil (2), donnèrent un avis favorable à la demande des Administrateurs.  A cause des intempéries de l’hiver, trois Sœurs n’arrivèrent qu’en avril 1726 à l’Hôtel-Dieu.

Un contrat fut établi sur parchemin entre la Compagnie des Filles de la Charité et l’Administration le 26 mars 1728. Le 6 avril 1728, appelées par les Echevins (1) de la Ville, cinq Filles de la Charité arrivèrent à l’Hôpital Général. Les deux Hôpitaux formèrent deux Communautés avec leurs Sœurs servantes (Supérieures) respectives.

 

 

 

Au XVIIème siècle l’Hôpital Général ne recevait pas que les malades, mais aussi les mendiants de la Ville et des environs, qui étaient occupés à plusieurs métiers.

 

« Il y avait l’atelier à faire les lacets et des ganses, l’atelier à carder de la laine, à filer au rouet, à tricoter. Un maître d’école apprenait à lire aux pauvres. Dans cet Asile, se coudoyaient « bons pauvres », mendiants, vagabonds valides ou invalides, fous et furieux, enfants trouvés, soldats malades dont le nombre avait augmenté depuis la construction en 1750 d’une caserne ».

 

La Révolution allait provoquer des bouleversements considérables dans les Hôpitaux de Fontenay-le-Comte.

En novembre 1793, on commença à chasser six Sœurs. En janvier 1794, les huit dernières furent chassées de cet asile de la douleur où elles se dévouaient depuis 70 ans. Elles furent incarcérées jusqu’au mois de juin.

Une loi du 15 avril 1798 obligea les deux Hôpitaux à se réunir en un seul, route de Nantes dans l’ancien Couvent des Religieuses de Saint François. Le 10 mai 1800 le transfert était effectué. Cependant la laïcisation n’avait donné aucune satisfaction, ni au point de vue administratif, ni au point de vue hospitalier.

 

Le 22 mai 1801 un arrêté préfectoral rappelait les Filles de la Charité, de retour le 20 juin 1801.

 

Le 6 août 1839, un Traité est signé pour cinq Sœurs au Bureau de Bienfaisance. Le 26 mars 1847, il est approuvé par le Ministre Secrétaire d’Etat au Département de l’Intérieur le 26 mars 1847 .

 

 

 

EVOLUTION DU NOMBRE DES SŒURS

Années 1728 1794 1801 1900 1906 1910 1922 1934 1970
Soeurs 8 14 9 17 19 18 22 16 14

 

EVOLUTION DES OEUVRES

Les nouveaux services correspondent aux nouveaux besoins du Service ces Pauvres.

En 1854, un Orphelinat fut créé pour l’éducation et l’instruction des pauvres privés d’un milieu familial.

« Jusque-là, lorsque les circonstances amenaient une orpheline à l’hospice, elle était placée soit aux Enfants Assistés, soit dans les salles à titre d’infirmière ou employée dans l’Etablissement. La Commission Administrative, émue de cet état de choses et ne voulant pas confondre les orphelines atteintes par le malheur avec les Enfants Trouvés, décida en août 1854, l’ouverture d’un orphelinat ».

La bénédiction de l’orphelinat eut lieu le 15 août 1854, année de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception, il s’appela « Orphelinat de l’Immaculée-Conception ».

« Les orphelines reçoivent des leçons de lecture, écriture et calcul ; elles apprennent la couture, le repassage du linge et les soins du ménage. Elles font aussi le raccommodage de l’Hôpital. Les principes religieux leurs seront enseignés qui leur serviront de guide pour le reste de leur vie. Les enfants étaient habillées fort simplement avec un bonnet de mérinos noir et des sabots à brides, sans chaussons ».

En 1865, Sœur Vérot, nouvelle Supérieure, institua la Communion en robes blanches et leur donna des souliers à trois œillets ; les fillettes passèrent d’1 heure de classe à 3 heures chaque matin.

Lorsque la guerre éclat en 1870, l’orphelinat comptait 70 enfants ; trois Sœurs en étaient chargées. L’Hôpital vit jusqu’à 300 blessés ou malades à la fois. Les plus grandes remplaçaient le jardinier parti à la guerre. En 1919, il ne restait que 18 enfants à l’orphelinat. Un « Etat des fondations » pour l’entretien d’orphelines mentionne les noms des bénéficiaires de ces fondations ; un « Registre » mentionne les noms des enfants de 1855 à 1929 avec les noms des bienfaiteurs qui se chargeaient de régler leur entretien.

En 1886, une Ecole est confiée aux Filles de la Charité n° 10 de la rue Barnabé Brisson. La Direction leur est enlevée en 1905.

En 1901, l’orphelinat était toujours annexe de l’Hospice, asile de jeunes filles pauvres, orphelines de père et de mère ou de l’un des deux, placée sous l’autorité de la Commission administrative. Il disposait toutefois d’une porte d’entrée qui lui est réservée. Il pouvait recevoir 50 enfants au maximum, de 8 ans à 16 ans, sauf exception après accord de la Commission administrative.

Le 10 août 1918, un certificat du Bureau de Bienfaisance indique :

« Par délibération du 2 mars 1874, la Commission Administrative de l’Hospice porte de 100 à 150 frs par an le prix de pension de chacune des orphelines entretenues à l’Asile annexée à l’Hospice. Cette augmentation reconnue insuffisante a de nouveau été révisée par délibération du 8 octobre 1907, approuvée le 18 décembre suivant, et stipulant que toute admission nouvelle à partir de cette date du 8 octobre serait comptée à 300 frs par an.

                                                                            Le Maire Président de la Commission Adve du Bureau de Bienfaisance. »

En 1928, l’orphelinat comptait : 15 orphelines : neuf de moins de 13 ans, deux de 13 à 15 ans et quatre au-dessus de 15 ans.

En 1940, création de la Maternité. En 1953, création d’une Clinique « ouverte » pour favoriser les visites des familles et la possibilité du choix d’un médecin. En 1955, ouverture d’un Pavillon pour les vieux ménages afin d’éviter la séparation des ménages à la retraite. En 1966, Fondation « Petit du Vignaud », une Maison de Retraite pour vieillards valides avec un confort et un cadre agréable.

 

 

                                                                          Le Service des Archives de la Province Belgique France Suisse

 

  • Echevins : magistrat municipal, jusqu’à la Révolution
  • Conseil : plusieurs sœurs aident la Supérieure générale dans le Gouvernement de la Compagnie

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