Fribourg est la capitale du canton du même nom. Elle se trouve dans la partie ouest de la Suisse. Située dans la vieille ville médiévale, qui surplombe la Sarine. La Sarine coupe le Canton de Fribourg en deux.

Au 18ème siècle, les plus aisés de la ville habitaient au Bourg et à la Grand-Rue, tandis que les plus défavorisés s’installèrent en Basse-Ville, notamment à la Neuveville.

Situation de Neuveville dans Fribourg

En 1841, une dame française, originaire de Franche-Comté, Adélaïde DE LA POYPE, réfugiée à Fribourg pendant la Révolution française, achète une maison dans la rue de la Neuveville aux Pères Rédemptoristes.

Fribourg la Providence

Elle remet cette maison à Mgr YENNY, Evêque de « Lausanne et Genève », pour y accueillir des petites filles pauvres et des malades. Mgr YENNY et Adélaïde de la POYPE demandent qu’elle soit confiée aux Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul. Mais la Compagnie des Filles de la Charité n’accède pas à leur désir par manque de Soeurs disponibles. Ce sont donc les « Sœurs de Ste Jeanne Antide Thouret » de la Roche-sur-Foron (Haute Savoie) qui en assurent le service. Elles y restent jusqu’à la Révolution de 1848, époque où un décret d’expulsion les atteint ainsi que d’autres Ordres religieux. La Maison de la Providence est fermée. En juillet 1850, une Directrice laïque prend la responsabilité de l’Etablissement avec des « maîtresses séculières ». Le nom « Providence » devient « Asile ».

Mgr MARILLEY, nouvel Evêque, craignant que le Gouvernement soit à nouveau défavorable aux Sœurs de la Roche, réitère la demande et obtient trois Filles de la Charité, détachées de la Maison de Charité de Genève.

Le 21 novembre 1858, trois Filles de la Charité arrivent à l’orphelinat, baptisé « Maison de La Providence », rue de la Neuveville.  Elles apportent pour tout bien une petite statue de la Sainte Vierge. Elles lui donnent la place d’honneur et lui confient l’avenir.  A cette époque, FRIBOURG compte 9 000 habitants. Leurs robes bleues et leurs cornettes blanches attirent l’attention.

En janvier 1859, deux autres Sœurs les rejoignent. La Comtesse de la POYE leur remet une rente de quatre mille francs à la condition que cela soit utilisé pour les enfants et pour les œuvres de la charité.

Sœur Marie-Louise THIERY, fut la première Sœur servante. Elles sont appelées « Sœurs de la Providence ». Les débuts sont un chemin de croix. Sœur Marie-Louise supporte, avec une patience inaltérable, des méchancetés et des calomnies. Mais sa confiance est récompensée :

               « Petit à petit, en raison de leur dévouement, du bien qu’elles accomplissent, des misères qu’elles soulagent, la mentalité change, les témoignages de sympathie se multiplient, de solides liens d’amitié se nouent avec des gens de toutes conditions ».

Cours des orphelines

L’orphelinat se développe grâce aux agrandissements successifs et aux bienfaiteurs. Il accueille 7 petites filles, puis 12, puis 30, puis 40, jusqu’à 80 en 1870. Leurs parents sont décédés, ou en incapacité de les élever.

               « Bientôt, l’Etablissement jouit d’une telle réputation que des Suisses allemands y placent leurs filles en vue d’y apprendre le français ».

Comme beaucoup ne paient rien ou presque rien, et, que les revenus de la Fondation se montent à quatre mille francs, c’est une lourde charge pour la Maison de la Providence.

Les enfants vont en classe en Ville. Puis sur la demande des parents, les Sœurs ouvrent une école primaire avec l’accord du gouvernement, en 1861.

En 1867, c’est l’ouverture de classes secondaires et une Ecole Normale avec Internat, appelée « Œuvre des Elèves Institutrices ». Les Ecoles Secondaires et Normales fermeront en 1975.

Les demandes de services augmentent toujours…

Au cours de visites médicales à domicile, Sœur THIERY rencontre beaucoup de petits enfants sans surveillance. Elle ouvre un asile (garderie d’enfants) en face du bâtiment de la Providence grâce au produit d’une souscription. 

Soeur et enfants

Les parents du quartier manifestent leur reconnaissance aux Soeurs. Bientôt affluent les enfants d’autres quartiers car, à cette époque, aucune école enfantine n’existe à Fribourg. Mais tout augmente, sauf les ressources. Plus que jamais, il faut compter sur la Divine Providence. Celle-ci se manifeste plus d’une fois en des occasions touchantes.

Après les classes primaires, bien des jeunes filles perdent leur temps au lieu de s’adonner au travail. Cette constatation amène Sœur THIERY, à ouvrir en 1860, un Ouvroir externe avec le concours charitable de dames.

Les Sœurs apprennent à ces jeunes filles des travaux de lingerie. Vingt à trente jeunes filles suivent les cours. Une fois formées, celles-ci travaillent à la pièce et sont rétribuées.

En 1859, les filles internes qui le souhaitent s’engagent sur le modèle de la Vierge Marie à servir les pauvres et les marginalisés, à l’exemple de Saint Vincent de Paul au 17ème siècle. 

En 1862, Sœur THIERY fonde l’Association des Enfants de Marie (1). Des jeunes filles externes prennent un engagement chrétien sur le modèle de la Vierge Marie.

Procession dans les rues

En 1866, Sœur THIERY quitte FRIBOURG ; elle est remplacée par Sœur GAUDEFROY.

En 1864, les Sœurs ouvrent un atelier de tressages de la paille.

Dès 1867, les Sœurs visitent les prisonniers. Elles servent aussi la soupe populaire et le pain.

Puis, les Communes du district de la Sarine préconisent une étroite collaboration avec l’Evêché et les Sœurs, afin de créer un Hospice.

En 1869, Mgr MARILLEY achète l’immeuble où se trouvent déjà les Classes, l’Asile et l’Ouvroir, en vue de l’ouverture d’un Hospice : « Hospice du district de la Sarine » (2-3).

               « On y admettra des malades et des blessés des deux sexes, des aveugles, d’autres infirmes, des      incurables, à l’exception des aliénés. Des malades y seront soignés gratuitement. »

Lors de la guerre en 1870, à l’entrée de l’armée de l’Est en Suisse, deux Sœurs sont réquisitionnées pour soigner les pauvres soldats français dans le lazaret (4) établi aux Neigles (proche de Fribourg).

En 1871, suite à la guerre franco-allemande, 179 militaires sont établis à la Maison de la Providence.

En 1886, le « Bureau de placement et de la Protection de la jeune fille » s’installe à La Maison de la Providence.

La Maison de la Providence a une succursale dans le quartier de Beauregard où les mamans rencontrent une aide précieuse à la crèche et à l’école enfantine.

En 1888, une pharmacie s’installe à la Maison de la Providence, contrôlée par un médecin.

Sr et jeunes filles

En 1898, Sœur KAMOSKA, Sœur servante, ouvre le Patronage Sainte Agnès. Ce groupe de jeunes filles de 13 à 20 ans, organise des séances récréatives. Elles y reçoivent des causeries instructives et une solide formation religieuse de Sœur KAMOSKA, qui les intéresse aussi à la cuisine et à la préparation de leur trousseau, les initie à leur futur rôle de mère de famille. Dans le même temps, les Filles de la Charité établissent un Patronage aussi pour les fillettes de 7 à 13 ans.

En 1901, les statistiques indiquent 28 797 journées de malades à l’Hôpital.  

En 1903, de l’Ouvroir est sorti une grande école de blanchisseuses, tailleuses, lingères et cuisinières. 

En 1904, commence l’œuvre des « Soupes scolaires ». Chaque hiver, à la sortie des classes, près d’une centaine d’élèves des écoles primaires reçoivent gratuitement de la soupe et du pain à discrétion.

Dispensaire

En 1906, ouverture d’un Dispensaire pour répondre aux nombreux besoins de la population de la Basse-Ville. Les blessés et les accidentés y reçoivent les premiers soins et y reviennent aussi longtemps qu’il le faut pour le changement des pansements.

En 1908, un Atelier de Confection Professionnel est ouvert ; il remplace l’Ouvroir externe.

Salle de confection

En 1911, l’ouverture du Patronage Saint Louis rassemble chaque dimanche 100 à 120 garçons pour entretenir des liens d’amitié.

En 1930, les Soeurs forment des brodeuses, de stoppeuses et des repasseuses.

               Pendant les deux dernières Guerres, des centaines d’enfants réfugiés ont pu trouver un lit sous le vieux toit hospitalier, en attendant le placement dans les familles.

En 1945, après la transformation des locaux, 110 lits pour personnes âgées et malades sont mis à disposition à la Providence.

En 1960, les Filles de la Charité de la Maison de la Providence commémorent le troisième centenaire de la mort de leurs Fondateurs, Saint Vincent de Paul et Sainte Louise de Marillac, et plus d’un siècle d’activité sur les bords de la Sarine.

Durant les années 1960, divers aménagements sont réalisés pour favoriser les soins aux personnes malades, handicapées, hommes et femmes. Sous l’impulsion de la Fondation La Poype et d’une direction laïque, la Maison de la Providence, dans ses murs anciens, s’adapte sans cesse et devient dès 1980, « un Home médicalisé » moderne et fonctionnel (EMS).  Une Communauté de Filles de la Charité y reste présente et collabore avec le service d’aumônerie.

Les œuvres de la Maison de la Providence sont le fruit de l’attention des Sœurs aux diverses pauvretés qu’elles ont rencontrées ; de leur confiance inébranlable en la divine Providence et de la générosité des Fribourgeois (quêtes à domicile, kermesses…). Les « bienfaiteurs » ont été les « collaborateurs » précieux de leur service des pauvres.   

Service des archives de la Province Belgique France Suisse

  • Association des Enfants de Marie : fondée après les apparitions de la Vierge à Sainte Catherine Labouré en 1830 à Paris.
  • District de la Sarine : un des sept districts du canton de Fribourg en Suisse. Son chef-lieu est Fribourg.
  • La Sarine est une rivière de Suisse qui traverse longitudinalement le canton de Fribourg. 
  • Lazaret : lieu où sont isolés les sujets suspects de contact avec des malades contagieux.

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