BAYONNE est située au sud-ouest de la France, à la frontière occidentale entre le Pays basque et la Gascogne. La Ville occupe un territoire caractérisé, à l’ouest et au nord, en direction de la forêt landaise, par un relief plat tendant à s’élever légèrement quand on se dirige vers le sud et l’est, vers la zone pyrénéenne basque. La ville s’est développée au point de confluence de l’Adour et la Nive, situé à 6 kilomètres de l’Océan Atlantique.

 

Les diverses œuvres des Filles de la Charité sont identifiées par les lettres A – B – C – D – E pour faciliter la compréhension de l’évolution des maisons au cours du temps.

 

A – BAYONNE Hôpital Saint Léon

Fondation 1831 – départ des Sœurs 1984

Les Sœurs Visitandines de Bayonne ont occupé, de 1640 à 1680, une maison qui fut affectée ensuite à un hôpital civil sous le nom de Saint Nicolas, puis de Saint-Léon à la fin du XVIIème siècle.

Les Filles de la Charité furent demandées par l’Evêque de Bayonne pour cet Hôpital situé à l’angle du quai de la Nive et de la rue Bourgneuf. En 1837, une œuvre de distribution de secours est fondée : le « Bureau de Bienfaisance ». En 1840, cette œuvre fut séparée de l’Hôpital sous le nom « La Miséricorde » (E). En 1866, l’Hôpital est transféré avenue de l’Interne Jacques Loeb. Il s’agrandit peu à peu : une maternité vers 1900, un pavillon de tuberculeux vers 1920, un Pavillon de Militaires malades en 1931, un bloc opératoire, un service de radiologie en 1955 et un service de Pédiatrie en 1958. Il devient alors « Centre Hospitalier ».

Une Sœur qui n’a rien fait d’extraordinaire, mais qui fut « extraordinairement » Fille de la Charité a marqué l’Hôpital St Léon : Sœur Vincent GEORGE.

« Née en 1857, entrée chez les Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul en 1885, Sœur Vincent a passé plus de 53 ans à la pharmacie, donnant toute sa mesure avec amour. Pendant la guerre de 1914, s’ajoute à son office le service des militaires contagieux. De jour et de nuit elle soigne, encourage, veille comme une mère sur « ses petits soldats ». Les docteurs connaissent son savoir-faire, son expérience et volontiers s’en remettent à elle, « la première pharmacienne de Bayonne », selon leur expression. N’a-t-elle pas reçu la médaille des épidémies et la croix de « Chevalier de l’Ordre de la Santé Publique » ? Après l’Armistice, Sœur Vincent reprend sa vie de labeur obscur. A la voir si joyeusement active, si simplement bonne et complaisante, si profondément surnaturelle rien d’étonnant, qu’à ses côtés, fleurissent plusieurs vocations. Bien des années s’écoulent… Sœur Vincent avance en âge… Puis vient un jour où sa Sœur servante lui présente sa remplaçante : « Ma Sœur, j’ai tout compris… et j’ai tout offert ! ». C’est tout. Sœur Vincent disparaît. Désormais, son principal office est celui de la prière ; elle s’en acquitte avec tout son esprit de foi. Ses forces déclinent, elle a 91 ans ! Il est bien temps de quitter la terre pour la grande clarté du Paradis : elle luit pour son âme le 28 août 1948 ». Extrait des Notices biographiques des Sœurs défuntes Année 1950 page 203. 

Au début la Communauté compte 5 Sœurs, leur nombre augmente jusqu’à 20 Sœurs. Après 1940, le nombre des Sœurs est en diminution du fait du manque de vocations. Le 30 avril 1975, après l’arrivée des Sœurs de Camp de Prats (B), la Communauté de l’Hôpital comprend 12 Sœurs.

 

B – BAYONNE Hospice Camp de Prats

Fondation 1836 – départ des Sœurs à l’Hôpital St Léon 1975

En 1834, le Maire de la ville de Bayonne, voulant éteindre une mendicité devenue insupportable, eut la pensée de susciter la fondation d’une Société. Il convoqua un bon nombre d’habitants, notables de la ville, et créa une Société pour l’extinction de la mendicité. Le comité, dans sa séance du 14 avril 1835, autorisa l’acquisition de l’immeuble du Camp de Prats. En 1836, l’Hospice est fondé.

Le 1er février 1837, un Arrêté est signé « entre les Administrateurs de la maison de refuge pour les pauvres de la Ville de Bayonne, et la Supérieure générale des Sœurs de la Charité de Saint Vincent de Paul, pour l’établissement de quatre Sœurs pour la maison de refuge ». Les Filles de la Charité arrivent le 15 mai 1837.

En 1877, une nouvelle Loi pour les Bureaux de Bienfaisance interdit l’administration des hospices. Aussi, l’Administration de l’Hospice (B) est rattaché à l’Administration de l’Hôpital Saint Léon (A).

En 1975, la Communauté est rattachée à celle de l’Hôpital Saint Léon (A). Les Sœurs montent chaque jour travailler à l’Hospice pour maintenir une présence auprès des vieillards les plus délaissés.

 

C – BAYONNE Orphelinat Camp de Prats

Fondation 1877 – départ des Sœurs 1966

En 1872, une donation est faite au Bureau de Bienfaisance pour installer un Orphelinat de garçons originaires de Bayonne, sous réserve que les Filles de la Charité s’occupent de l’éducation des enfants. Cette donatrice était Sœur RECUR, à qui fut confiée la direction de l’ensemble constitué par l’hospice (B) et l’orphelinat (C).

 

En 1877, en raison de la Loi, l’Orphelinat du Camp de Prats est rattaché au Bureau de Bienfaisance (E). A partir de cette époque chacun des deux Etablissements, l’Hospice et l’Orphelinat (B) et (C), eut une Supérieure propre jusqu’en 1966. Les Filles de la Charité quittèrent alors l’Orphelinat.

 

D – BAYONNE Foyer Harambillet

Fondation 1978 – départ des Sœurs 1984

Le Foyer Harambillet fut une Communauté « annexe » de l’Hôpital Saint Léon (A).

 « Le 1er juin 1978 s’ouvrit le Foyer Harambillet à Bayonne avec un effectif de 15 locataires du 3ème âge, dont deux Filles de la Charité ; la 3ème arriva un peu plus tard ».

En 1980, l’effectif passe à 68 pensionnaires. Chacune a un studio : salle de séjour-chambre, petite cuisine, salle d’eau. La Communauté se retrouve à l’oratoire chaque matin pour la prière, puis la messe à la Cathédrale. Sœur Jeanne est responsable du groupe de couture et de bricolage. Sœur Elisabeth est chargée de l’animation spirituelle. Sœur Geneviève prend soin de celles qui ont du mal à s’habituer et aide les handicapés. Le repas de midi est pris avec les pensionnaires dans la salle à manger du Foyer. La visite des malades et personnes âgées est poursuivie. Vivre une présence de Consacrées en Foyer est une réelle Mission ! ». Extrait de « Vent d’Autan – mai 1980 ».

 

E – BAYONNE Miséricorde

Bureau de Bienfaisance

Fondation 1840 – départ des Sœurs 1975

Le 15 août 1837, les Bureaux de Bienfaisance de Bayonne voulurent organiser le service de la Miséricorde. Sœur DEVOS fut chargée de l’œuvre naissante qui commença à l’Hôpital Saint Léon. Ainsi fut fondée la Miséricorde de Bayonne, en 1840.

Au départ, le Bureau de Bienfaisance de Bayonne était situé dans le domaine de Camp de Prats (C), asile de vieillards infirmes et incurables. Le 1er juillet 1845, les Sœurs sont installées par la Commission administrative dans les locaux au 11 rue des Prébendés.

Cet Etablissement n’était soutenu que par des souscriptions, il n’y avait pas d’administration. Quelques personnes dévouées à l’œuvre s’étaient chargées de recueillir les offrandes ; la responsabilité reposait sur Sœur DEVOS, qui se livrait avec un zèle infatigable à la recherche des pauvres et de leurs besoins. Elles étaient deux Sœurs et il y avait deux mille pauvres auxquels on distribuait des soupes chaque jour en hiver. Pendant le reste de l’année, le pain et le bois étaient distribués, le bouillon et la viande étaient donnés aux malades. Les Sœurs allaient les visiter, les soigner. Que de courses pour soulager la misère des émigrés espagnols.

Les distributions de pain se sont poursuivies 3 fois par semaine, jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale et leurs bénéficiaires étaient au nombre de plusieurs centaines.

La Maison de « La Miséricorde » connue une évolution :

  • L’Orphelinat de garçons du Camp de Prats rattaché au Bureau e Bienfaisance en 1877
  • Un cours ménager pour les jeunes filles, à une époque où les écoles techniques n’existaient pas.
  • Un Foyer d’hébergement pour jeunes travailleuses remplaça cette œuvre, qui fut fermé en 1964.
  • Le Service des Pauvres de six Filles de la Charité continuant l’œuvre primitive de Sœur DEVOS : soins à domicile, consultation des nourrissons, accueil des émigrés (Portugais en particulier), aide-ménagère.
  • Un Foyer-restaurant remplace la distribution des soupes populaires de jadis, qui sera confiée à un personnel laïc.

« Pendant 135 ans, les Filles de la Charité feront si bien que, pour le public,
le Bureau de Bienfaisance s’effacera devant la Miséricorde ».

 

Sœur Annie GESRET, Service des Archives Provinciales

 

 

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