Le 5 octobre, après un repas festif et un temps convivial avec la communauté, nous voilà repartis de Montolieu, direction Marseille.

Un cœur qui bat à Marseille

3 jours de fête et de grande joie nous attendent à Marseille.  Ces 3 jours ont été préparés depuis longtemps. Depuis un an environ, nous avons eu 4 à 5 réunions de préparation. Ont participés à ces rencontres : les Conférenciers de St Vincent de Paul, les équipières St Vincent, les Lazaristes, les Filles de la Charité, les directeurs et les APS (Animateurs en Pastorale scolaire) des 2 lycées Vincentiens.

Voici, le compte rendu de ces 3 jours paru dans le magazine « Eglise à Marseille » du mois de novembre et réalisé par Mme Dominique Paquier (Journaliste)

400e ANNIVERSAIRE DU CHARISME VINCENTIEN 

Saint Vincent, toi l’ami…

Pendant trois jours, au mois d’octobre, le pèlerinage de la relique du cœur de saint Vincent de Paul a rassemblé la Famille vincentienne et de nombreux Marseillais.

« Tous les professeurs étaient comme si le patron arrivait à la maison, c’était chouette ! » Cette réflexion d’un élève, recueillie par Mauricio Cardona, adjoint en pastorale scolaire, reflète bien l’ambiance qui régnait au lycée Saint-Louis (15e) au matin de la première journée du pèlerinage. Le « patron » était accueilli avec une ferveur joyeuse dans la cour balayée par le mistral !

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Changer le monde

A Saint-Louis, on préparait cette rencontre depuis la rentrée. Dans toutes les classes, on avait travaillé sur la symbolique de la tendresse, en écho au thème du pèlerinage « Ose la tendresse ! » Dans cet établissement vincentien de proximité, où se vit une grande mixité, on travaille beaucoup sur la connaissance des religions, et toute l’équipe éducative participe à la pastorale : « J’ai la chance d’avoir une équipe motivée ! » relève Danielle Radenen, la directrice. Au début de la rencontre, elle a expliqué aux élèves l’honneur que représente l’accueil de la relique à Saint-Louis et leur a rappelé que saint Vincent est venu à Marseille, qu’il s’est occupé des galériens et qu’il a été aussi un précurseur en créant des œuvres sociales.

« A son époque, il a changé le monde. Nous aussi, nous pouvons changer le lieu où nous sommes au quotidien par des petits gestes qui ne coûtent rien : un sourire, une parole bienveillante, dans notre famille, notre école, là où nous sommes. Chacun a un don, chacun a du prix aux yeux de Dieu. Quelque chose ne ment jamais : l’amour, la charité, la bonté », a témoigné Sœur Stanislawa venue, avec Sœur Maria-Teresa, de la maison-mère des Filles de la Charité, rue du Bac à Paris. C’est là, dans la chapelle de la Médaille miraculeuse, qu’est conservé le cœur de saint Vincent. « Ce cœur a battu pour tous les hommes, a ajouté Marc Padovani, diacre permanent. Quand on met la main sur le cœur, dans toutes les religions, ça veut dire que tu comptes pour moi. » Message reçu cinq sur cinq par les lycéens : « Je n’ai pas vu un cœur, mais le message, qui est d’aider les plus pauvres », « La relique nous rappelle tout le travail que Vincent de Paul a fait pour les pauvres ». Ils étaient invités à déposer leurs intentions personnelles dans une corbeille destinée à être présentée dans la prière à la chapelle de la rue du Bac.

Au nom de saint Vincent

L’après-midi, déplacement vers l’ensemble scolaire La Petite Œuvre (6e), où collégiens et lycéens sont venus en plusieurs groupes à la rencontre de saint Vincent, accueillis par le directeur de l’établissement, Vincent Carmona, les adjoints en pastorale, Pascale et Mauricio, et des professeurs. Les jeunes ont, eux aussi, compris le message présenté par Sœur Stanislawa : « J’ai bien aimé comme la sœur parlait avec conviction et joie de Vincent de Paul », « J’ai découvert que saint Vincent, c’était un homme d’os et de chair », « C’est incroyable de penser que beaucoup des gens continuent à travailler pour les pauvres au nom de saint Vincent, il a bien marqué leur esprit ! » ou encore « La relique m’a fait penser à ma condition d’être humain, et que je peux aussi faire un tas de choses pour les pauvres. »

Et ils ont chanté avec enthousiasme la chanson composée par le P. Yves Bouchet, lazariste, qui était dans la salle et qui allait animer la veillée chants et prière du soir : « Saint Vincent, toi l’ami des pauvres et des petits… »

C’est ensuite Sœur Marie-Claire Camara qui a parlé de saint Vincent, « un homme à l’humanisme lumineux, que le Christ a atteint en plein cœur, un maître dans l’art de saisir l’occasion et de percevoir les besoins ». L’occasion d’échanges avec le public sur la mission des Lazaristes, des Filles de la Charité et des laïcs, sur l’éducation, et aussi de témoignages des Vincentiens présents.

Un cœur qui bat pour tous

Le samedi, saint Vincent a fait escale aux Réformés. Les Équipes Saint-Vincent ont proposé un accueil-café aux gens de la rue et fait connaître aux visiteurs, nombreux tout au long de la journée, leurs activités dans la région. Une journée chargée, avec l’accueil de la relique, la messe, le chapelet, un film présentant saint Vincent, en particulier aux enfants du catéchisme, et aussi une conférence de Michèle de Précourt, ancienne présidente des ESV. Elle a souligné les points importants « pour prendre soin de ses frères » à l’école de saint Vincent : le travail en équipe, la place de la prière, l’organisation, l’attention à toutes les pauvretés, corporelles et spirituelles, le combat contre « l’invisibilité sociale », la participation des personnes accueillies ou encore le travail en réseau. Beaucoup d’intentions de prière ont été déposées dans la corbeille.

À la fin de cette journée, Mgr Pontier, qui présidait la messe, remerciant les Vincentiens pour leur place dans la vie de notre Église diocésaine, les a invités à retenir « la manière dont saint Vincent de Paul a fait le lien entre l’amour de Dieu et l’amour des pauvres. Souvent, Dieu passe par les pauvres pour changer nos cœurs de pierre en cœurs de chair. Laissez-vous conduire par saint Vincent dans ce double amour : dans le concret de la proximité des plus pauvres et dans le ressourcement spirituel en Dieu. Aidez aussi nos communautés chrétiennes à ne pas séparer les choses. Ayez une charité imaginative, inventive. Repérez les nouvelles formes de pauvretés, les nouveaux pauvres. Faites-vous proches d’eux. Aidez-nous à avoir du cœur qui batte pour tous, pour tous ceux que nous côtoyons dans les diversités de notre diocèse ».

Le dimanche matin, alors qu’était célébrée la messe de clôture, Sœur Françoise Peloutier participait, avec l’équipe d’aumônerie, à une célébration aux Baumettes et parlait de saint Vincent aux détenus : « Un échange simple et fraternel. Ils ont été marqués par le fait que saint Vincent s’était occupé des galériens. »

Garder l’élan

A l’issue de ces journées, Sœur Jeannine PEYREBERE, qui les a coordonnées, est partie à Rome pour le Symposium qui a réuni plus de 9000 Vincentiens sur le thème de « l’accueil de l’étranger » : « Nous avons entendu, notamment, des témoignages pleins d’espérance sur l’accueil des réfugiés syriens au Liban ou la réinsertion des personnes qui ont tout perdu dans des tremblements de terre en Italie. Ils montrent l’inventivité de la charité des Vincentiens. Le pape François nous a proposé trois verbes importants pour l’esprit vincentien : “Adorer, car la prière est un manuel de vie ; accueillir, être disponible pour les autres et aller, car l’amour est dynamique, il sort de lui-même. Aller pour enflammer le cœur des hommes, apporter le feu de la charité.” »

Quant au pèlerinage marseillais, quel bilan en tirer ?

Très positif ! La préparation, qui a duré un an, nous a permis de mieux nous connaître. Il faudra aller plus loin dans la collaboration entre tous les membres de la famille. Dans les écoles, les jeunes étaient attentifs, et même dans l’admiration, les équipes éducatives sont extraordinaires, pleines de foi et d’enthousiasme. Le samedi, le curé et les paroissiens nous ont accueillis très chaleureusement et il y a eu un défilé permanent dans l’église. Il nous faut maintenant garder cet élan. Les réactions des jeunes nous donnent de l’espoir !


Dominique Paquier-Galliard

Le 8 octobre, nous voilà reparties, sœurs Stanislawa, Maria-Teresa et moi-même pour Paris… Oui le Cœur de Mr Vincent, doit dès le lendemain 9 octobre, se préparer à un voyage en avion pour rejoindre Rome où 9000 vincentiens l’attendent pour le Symposium…
Oui toute cette semaine a été un temps de grâce et de grande joie.

Sœur Jeannine Peyrebère