Communauté d’Istanbul Turquie, L’hôpital psychiatrique français de la PAIX

(propriété de la Compagnie des Filles de la Charité)

Notre communauté est internationale et vit dans l’hôpital, mêlée nuit et jour à toutes les personnes qui vivent et travaillent dans notre hôpital, aux malades et autres, appelées à être des témoins discrets de la tendresse du Christ pour les malades, si disloqués au plus profond de leur être, ainsi qu’auprès de ceux qui travaillent dans notre hôpital.

La communauté est aussi attentive aux souffrances et détresses des pauvres hors de l’hôpital. Les sœurs collaborent avec la société de Saint Vincent de Paul et d’autres personnes, parfois d’autres religions, qui s’investissent dans le soulagement de toute misère humaine, dans différents quartiers de la ville (aide aux réfugiés…). Nous participons le plus possible aux diverses propositions de notre paroisse et assurons l’entretien du linge d’autel et des vêtements liturgiques. La communauté participe à l’URT, l’union des religieux de Turquie, qui nous rassemble régulièrement pour des temps de formation, de prière et d’amitié.

Totalement immergées dans ce monde musulman, auprès de malades psychiatriques ou dépendants de l’alcool ou de la drogue et auprès de réfugiés, nous nous reconnaissons comme étant vraiment dans une des périphéries de l’Église.

Pour en savoir plus…

Appelées par la France et l’Empire Ottoman, pour soigner les soldats blessés de la guerre de Crimée (1854/1856), 255 Filles de la Charité françaises et 25 piémontaises sont venues en Turquie, plus spécialement à Istanbul, pour assurer ce service et se sont données corps et âme ; une centaine y ont laissé la vie.

Par reconnaissance, le Sultan voulut leur offrir une décoration honorifique, mais en la refusant , elles ont demandé un lieu afin de continuer à soigner, non seulement les soldats, turcs, français, italiens, mais tous les miséreux de la ville et alentour.

Entre 25 et 30 sœurs ont accompli un énorme travail : À l’intérieur même de l’hôpital elles ont aménagé, des salles de soins, une crèche, un orphelinat, des classes, des ateliers d’apprentissage, un ouvroir, un service d’ophtalmologie. Elles ont .créé une école pour les petites filles de l’extérieur, un dispensaire pour les gens du quartier.

Au cours de l’histoire, les guerres et les fluctuations politiques ont énormément alourdi, compliqué et entravé la présence et le travail des sœurs : calomnies, arrestations, obligation de supprimer les signes et l’habit religieux, expulsions et même condamnation à mort. Fortes de leur foi et de leur amour, elles ont réussi à surmonter les obstacles qui s’ajoutaient les uns aux autres.

Les sœurs ont travaillé avec des médecins et des infirmiers laïcs, en relation avec l’ambassade de France. Peu à peu, elles se sont spécialisées dans les soins des malades psychiatriques, plus délaissés que les autres et l’hôpital de la Paix est devenu le premier hôpital psychiatrique de Turquie, mais il n’était plus possible de garder les enfants et autres œuvres. Pour la sécurité des malades, l’hôpital s’est enclos en lui-même d’autant plus qu’il accueille maintenant des malades dépendant de l’alcool ou de la drogue.

L’hôpital est aujourd’hui au cœur de grands immeubles et hautes tours, dans un quartier récent au trafic énorme et incessant.

Durant presque 160 ans, les sœurs ont assuré la vie de l’hôpital qui depuis 2012, est confié à la responsabilité d’un directeur laïc turc.

Aujourd’hui, les malades et l’ensemble du personnel laïc qui vivent ou travaillent dans notre hôpital sont presque tous turcs et musulmans. Sur environ 300 personnes, il n’y a plus qu’une dizaine de chrétiens de différentes confessions chrétiennes. (Il y a une cinquantaine d’années, plus de la moitié était des chrétiens).

La communauté vit dans l’hôpital, mêlée nuit et jour à toutes les personnes qui vivent et travaillent dans notre hôpital aux malades et autres.

Actuellement, notre présence est très différente. Les sœurs qui tenaient les postes.de responsabilité et de soins pour certaines depuis 57 ans sont restées dans l’hôpital pour une présence de bénévolat.

Nous sommes une communauté de 6 sœurs, de 62 ans à 83 ans, de cinq nationalités différentes : Vietnam, Italie, Slovénie, Grèce, France…

Tous ont continuellement besoin de soins médicaux très spécialisés, mais aussi d’activités diverses et plus encore de présence amicale.

Actuellement, en Turquie,(99,5% de musulmans ) la politique rend délicate la situation des chrétiens(0,4,5%) de diverses confessions. Il n’y a plus de prêtres diocésains. Toutes les paroisses sont gérées par des communautés de religieux de diverses nationalités.

Notre  communauté fait partie de la paroisse St Esprit, la cathédrale, qui est gérée par une communauté de prêtres salésiens italiens.

Dans l’audace de la Charité pour un nouvel élan missionnaire nous avons cherché quoi faire pour les réfugiés et nous avons rejoint une association de laïcs, l’association IIMP « Istanbul- international -migration- program », qui offre son aide pour les papiers, les soins et la nourriture aux réfugiés, dispersés dans la ville, (Syriens, Irakiens, Africains, Chaldéens, Iraniens, Pakistanais, Afghans). Au coude à coude avec protestants, orthodoxes, musulmans et autres personnes de diverses nationalités, cultures, religions, la communauté s’investit au niveau de la préparation et du service de repas. Ensemble, nous essayons d’offrir du réconfort et de l’amitié à ces migrants dont la plupart sont de jeunes femmes avec de très jeunes enfants.


Adresse postale

Lape Hastanesi
Büyükdere Caddesi 22/24

P.K. 347 SISLI
34360 ISTANBUL