Sur une colline, à deux pas de sa capitale, Samos abrite un « Centre d’Accueil et d’Identification » pour réfugiés, résultant d’un accord signé en mars 2016 entre la Turquie et l’Union Européenne.

 

 

 

Selon les dernières statistiques du mois de mai 2019 du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCNUR), l’île de Samos compte 3 300 migrants (593 personnes ont franchi la mer depuis la Turquie pour le seul mois de mai 2019), la plus grande majorité venant d’Afghanistan (43%), de Syrie (18%), et le reste se partageant entre la République Démocratique du Congo, la Palestine, l’Irak… 30% sont des femmes, 37% des enfants de moins de 12 ans dont 9% sont non accompagnés…

Depuis environ 2 années notre communauté de Syros se met régulièrement au service de ces personnes par de l’aide matérielle, en lien avec l’hôpital de la ville, la Caritas, mais aussi par un accompagnement, une écoute par le biais d’une présence dans la seule église catholique du lieu, ainsi que par l’animation de temps spirituels.

 

Quelques Organisations Non Gouvernementales (ONG) commencent à venir s’installer sur l’île afin de venir en aide à ces personnes et notamment aux nombreux enfants en leur proposant des activités, et surtout un lieu de paix afin de pouvoir sortir des conditions terribles du camp.

C’est ainsi que nous sommes entrées en contact avec une ONG française, « Medequali team », groupe international de bénévoles qui ont choisi de mettre leurs différentes compétences médicales et paramédicales au service des personnes réfugiées, au travers de consultations médicales gratuites (entre 100 et 130 quotidiennement 6 jours sur 7), de soins préventifs et de conseils d’hygiène de vie. L’association vit uniquement de dons (financiers et matériels, en autres médicaments, matériel de soins…).

Le gouvernement grec fournit des soins médicaux mais ce service est submergé de travail du fait de la surpopulation. C’est pourquoi cette association a ouvert un centre près du camp, dans lequel sont dispensés des soins médicaux primaires pour les demandeurs d’asile résidant sur l’île de Samos.

Les portes de la clinique ouvrent à 7h, et jusqu’à 17h ; vous avez le sentiment d’être dans une ruche en effervescence. La clinique est considérée comme un endroit sûr par les patients qui voient les bénévoles des équipes comme des personnes de confiance, à qui ils peuvent confier leurs histoires les plus intimes et les plus effrayantes, tout en étant entendus et compris. C’est le cas des réfugiés victimes de torture ou ayant subi un viol et du harcèlement sexuel. Ces personnes continuent de se sentir menacées. Et comme elles continuent de vivre dans l’environnement instable et peu sûr du camp, elles n’ont pas la possibilité de surmonter leurs traumatismes et se trouvent en grandes difficultés psychiques et physiques.

Le surpeuplement du camp « officiel » (650 places pour environ 3000 personnes) pousse de plus en plus de personnes (environ 1500) à partir vivre dans la « jungle», nom donné à la forêt juste à côté du camp. Ils vivent dans des tentes de fortune. L‘insécurité y règne, de même que le manque d‘hygiène à cause des insectes, des rats car ils vivent au milieu des déchets et de leurs propres déjections.  Chaque jour, lors des consultations, nous voyons beaucoup de personnes dont le corps est couvert de piqûres, de morsures, et qui développent des plaies et des abcès à cause des conditions d’hygiène.

Une rencontre a été particulièrement touchante, celle d’une famille afghane venant à la clinique chaque jour pour soigner les plaies d’un enfant âgé d’un an et demi brûlé au 2e degré. Des pansements longs, extrêmement douloureux pour ce petit garçon. Impossible d’oublier l’image de cette maman assise en tailleur sur la table d’examen avec son petit au sein dont le corps était secoué par des sanglots de douleurs. Cette maman pleurant de douleurs avec son enfant, implorait Allah de leur donner la force de supporter tout cela ; elle faisait penser à Marie au pied la croix portant la douleur avec son Fils.

Le Pape François lorsqu’il parle de la difficile question des réfugiés évoque souvent les quatre verbes : accueillir, promouvoir, protéger et intégrer. C’est ce que notre communauté essaye d’incarner par le biais de cette présence sur l’île de Samos, que ce soit par l’animation liturgique et la présence à l’église, ou par l’engagement dans la clinique de soins auprès de ces personnes qui ont fait le choix de tout quitter pour vivre. Par des gestes simples, par une présence amicale, une écoute, nous essayons de manière implicite ou explicite de leur témoigner que le Seigneur dit à chacun d’entre eux « Je veillerai sur toi depuis ton départ jusqu’à ton arrivée… (Ps 121) ».

 

Nous remercions toutes les communautés qui déjà depuis quelques temps nous offrent leur soutien par la prière mais aussi par des dons de matériels de soins, de médicaments, de vêtements, et d’argent.

 

La communauté de Syros