Nous pouvons bien l’avouer : Il fut un jour, il y a fort longtemps, où nous autres Filles de la Charité avions décidé d’entreprendre une excursion vers un sommet qui nous attirait… ni Alpes, ni Mont-Blanc ! …. Mais, l’aventure de toute une vie sur les pas de Monsieur Vincent … Cette décision avait pour but de nous rapprocher du « Très Bas »  par le service des Pauvres et du « Très Haut » par l’imitation de Jésus-Christ. Sur ce chemin, dans l’ardeur de la jeunesse, nous avons avancé en courant joyeusement… puis, nous avons marché fermement, en longues foulées, dans divers lieux et labeurs de l’âge mûr… pour arriver ensuite, bien trop vite, cahincaha, au temps de la vieillesse !  Suprême ralentissement ( !) non imposé par  des panneaux de circulation, mais par notre propre monture… Celle-ci commençait à connaître fatigue et handicaps et aspirait à reprendre souffle avant d’attaquer l’ultime sommet ! C’est ainsi que chacune de nous, les 34 sœurs résidentes (sur les 39 sœurs présentes en Communauté) a rejoint l’EHPAD  de la Providence,  situé au Coteau dans la Loire.

 

 

 

  

Cette ancienne « maison d’œuvres » (1841) devenue maison de retraite, s’est adaptée au cours des ans. Les derniers travaux importants ont été réalisés sous la direction compétente de Sœur Monique Forgeat qui nous a quittées l’an dernier pour une nouvelle mission. Les cinq services, répartis en plusieurs pavillons, hébergent confortablement 180 résidents. Les personnes valides profitent de la porte qui donne un accès direct sur l’artère principale avec ses services : poste, magasins, bus…

Tous les résidents et leurs visites aiment s’aérer dans le grand parc, magnifiquement arboré. Celui-ci  nous réserve à chaque changement de saison, des surprises visuelles pleines de poésie !… Les oiseaux  y sont chez eux et nous réjouissent par leur gazouillis…

 

 

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Depuis quelques années, la Direction de l’EHPAD et l’ensemble des Services sont assurés par un personnel laïc qualifié, dont  il faut souligner l’humanité, la bienveillance et l’estime qu’il porte à l’égard des Sœurs et des résidents.  C’est une grande chance !

 La communauté des Sœurs est animée par Soeur Pia Humbel qui se donne beaucoup de peine pour être proche de ses Sœurs, cherchant à nous stimuler spirituellement…Ce qui est consolant pour toutes, c’est de la sentir journellement très proche, avec tendresse, des Sœurs malades alitées.    

Au cœur du bâtiment principal, la chapelle abrite la présence du Seigneur, auprès duquel chacun peut venir prier et participer à l’Eucharistie (souvent en fauteuil roulant, accompagnés par de bénévoles.) Depuis près d’un an, l’absence d’aumônier (qui a dû cesser son ministère pour des raisons de santé), a suscité une réflexion à divers niveaux… Nous gardons bien sûr le désir et l’espoir de voir un prêtre revenir comme aumônier dans la maison… mais d’ici là, la vie continue ! Les messes ouvertes aux résidents qui le souhaitent sont assurées 3 à 5 fois par semaine, grâce à notre curé, à un prêtre extérieur et à deux prêtres résidents quand ils le peuvent.

En vue de la constitution d’une petite équipe d’aumônerie, nous avons contacté la responsable du Service Evangélique des malades du Doyenné (SEM). Elle nous a vivement encouragées à organiser le service pastoral au sein de l’EHPAD. Quelques Sœurs ont rédigé une fiche de mission de la Communauté, qui, après validation par les cadres-infirmiers et le Directeur, a été diffusée par lui-même dans chaque Service.  Dans l’immédiat, c’est Sœur Geneviève, la plus disponible, qui assure l’accompagnement spirituel des résidents, le service de la communion et la coordination des célébrations auxquelles participent les résidents. Sur appel de l’infirmière ou de la famille, elle assure l’accompagnement  de fin de vie.

 

 

En février, la maison a vécu un temps fort de grand réconfort : la célébration du sacrement des malades pour les Sœurs et les résidents qui le souhaitaient. La célébration a été préparée par des rencontres personnelles et la remise d’un feuillet explicatif avec invitation à la prière personnelle.

Le jour même, notre Curé  a présidé la célébration, assisté par un prêtre résident, et des bénévoles ont acheminé les nombreux résidents en fauteuils.

 

 

 

Au terme de cette liturgie, les familles accompagnant leurs proches ont exprimé leur satisfaction d’avoir pu vivre ce sacrement auprès des leurs dans un climat chaleureux, sans aucun caractère d’urgence : « Ce n’est plus l’extrême onction quand la mort est proche ! » a confié la fille d’un résident !   Autres paroles recueillies :

 

«  Dans mon état de faiblesse, je me suis sentie fortifiée avec d’autres, rassurée, pacifiée par ce sacrement. Merci pour  cette belle célébration !  »

 

«  Recevant cette fois-ci l’onction des malades avec des laïcs résidents dans notre maison, j’ai ressenti le sens communautaire, en Eglise et de ce sacrement ! »

 

« Quand arrive la maladie ou la réalité de l’âge, il m’a été bon de m’entendre dire, une fois de plus, que je suis aimée de Dieu, et de m’offrir à ce Dieu, toute tendresse et miséricorde.

 

Enfin bref : dans cette « Maison de la Providence », relais sur la route de la vie telle qu’elle se présente au grand âge, nous avons tout ce qu’il faut pour réunir nos dernières forces, avec nos sœurs, afin de gagner le sommet de l’ultime Rencontre en toute vitalité humaine et spirituelle….

 

Echos donnés par quelques Sœurs de la Communauté du Coteau (Loire)