Dans l’Evangile, nous voyons Jésus s’approcher des malades, il les touche, les guérit, les remet debout (Mc 1, 29 et ss.) Et St Vincent de Paul nous dit « qu’il faut faire ce que le Fils de Dieu a fait sur la terre. Et qu’a-t-Il fait ? Il a continuellement travaillé pour le prochain, visitant et guérissant les malades… (5 juillet 1640)

Aujourd’hui, à l’Hôpital de la Paix, chacune des Sœurs de la communauté approche les malades de psychogériatrie de différentes manières. Que ce soit par les soins de pédicure, par l’animation, par les visites hebdomadaires.  Chacune a la joie de rencontrer des malades qui souffrent, mais d’abord des personnes, qui ont une histoire personnelle, un passé etc… Les photos, souvenirs de leur jeunesse, de leur vie active, nous le disent. Et comme ils sont fiers de nous les montrer.

 

 

La difficulté pour entrer en relation avec eux est la barrière de la langue, mais il y a  un autre langage, celui du regard, du sourire, de la main qui se tend et de l’écoute, l’écoute de la vie en eux, de la souffrance qui se lit sur le visage et qui s’exprime parfois par des cris, des gestes brusques, des pleurs. Nous sommes devant le mystère de l’autre… et c’est avec une attitude de respect que je m’approche du malade que je visite. Le plus important, c’est d’être une présence aimante, accueillante et à l’écoute. Présence de la Sœur qui évoque pour certains la présence de Dieu, lorsqu’ils demandent de prier pour eux. Présence qui rompt la monotonie de la journée, où l’on reçoit plus que ce que l’on donne. Joie partagée au-delà des mots.

Dernièrement, alors que j’essayais de dire quelques mots en turc, une malade m’a prise par la main et m’a emmenée dans la chambre d’une autre malade qui parle français, alitée ce jour-là. Cela m’a profondément touchée et j’ai rendu grâce au Seigneur pour ce geste d’attention magnifique. Oui, bien souvent, ce sont eux qui nous évangélisent…

 

 

Le personnel est aussi très attentif à leurs besoins. La patience, la gentillesse, le respect avec lesquels ils soignent et accompagnent ces malades, jour après jour, depuis des années, fait notre admiration. Notre relation avec les employés est chaleureuse et se vit dans la confiance. Ils ont un grand respect pour les « Rahibe » et sont toujours prêts à rendre service.

Ainsi, nous cheminons ensemble, en étant une humble présence au milieu d’eux !

 

 

                        La communauté de  l’Hôpital de la Paix – Istanbul