La Grèce, petit pays de 11.000.000 d’habitants, est un pays en profonde crise économique depuis ces dix dernières années ; elle est devenue une terre de passage mais aussi une terre d’accueil pour des milliers de personnes qui fuient comme refugiés leur pays en guerre ou comme immigrés qui quittent leur pays pour différentes raisons à la recherche d’une vie meilleure…
C’est tous les jours qu’ils arrivent, la plupart par la mer, via la Turquie, après un long et dangereux périple. Migration longue avec des temps plus ou moins importants, dans des pays divers où parfois ils vivent des choses terribles. Ils ont tous conscience que ce voyage malgré les risques, les difficultés, les naufrages, peut aussi leur coûter la vie… Mais ils tentent le tout pour le tout, afin de pouvoir vivre une vie meilleure.

 

 

Nous sommes neuf Filles de la Charité en Grèce, de six nationalités différentes et nos missions principales jusqu’à 2017 étaient :
A Athènes, le service de la pastorale des personnes immigrées, les visites des prisonniers.
A l’île de Syros, une île des Cyclades, le service des personnes âgées, les visites à domicile dans deux autres îles, et la pastorale.

 

À l’invitation du Saint Père et de la Compagnie à rejoindre les périphéries, et voulant aussi ajuster notre projet communautaire au Document Inter-Assemblées et au Projet Provincial, tout en voyant les besoins de ces personnes, nous avons osé nous lancer et…
” Aller vers la VIE et un déploiement de vie orienté vers la mission en mettant en œuvre une créativité et une audace de la charité en cohérence avec notre identité”.

 

Nous avons essayé de vivre malgré les difficultés qui se présentaient, en collaboration avec le diocèse, « l’allant et venant » pour rencontrer ces personnes, les soutenir et leur venir en aide.
Nous remercions infiniment la Province pour son encouragement, son soutien et son aide.
Nous avons donc choisi d’aller sur l’île de Samos, île de 30 000 habitants, située dans la partie orientale de la mer Égée, île la plus proche de la Turquie (le passage d’un pays à l’autre est large de 1,6 km).
C’est de là que passent clandestinement, tous les jours, des dizaines de personnes en provenance du Pakistan, de l’Afghanistan, mais pour la plupart des personnes en provenance du continent africain.
Comme la Grèce est un pays européen, ils croient pouvoir circuler librement à leur arrivée, dans toute l’Europe…
Mais une fois dans l’île, ils sont arrêtés et placés dans un camp.
Ce camp de Samos, ancienne caserne, a une capacité de 500 personnes mais aujourd’hui on estime qu’environ 3000 personnes, hommes, femmes et enfants y vivent.
Les tentes ou les containers qui les abritent sont organisés de façon à regrouper ensemble les personnes de même nationalité.
L’Etat grec, aidé par des financements de l’Europe, entretient ces lieux et met également à leur disposition quelques logements “en dur” pour les personnes plus fragiles ou vulnérables.

 

Notre mission sur l’île Samos a été choisie par notre communauté après réflexion pour les raisons suivantes :

 L’Eglise Catholique de ce lieu est très pauvre (un prêtre se rend deux fois par mois sur l’île pour y célébrer la messe).
 A cet endroit, peu de personnes sont en capacité de venir en aide aux migrants.
 Le bateau passe par notre île de Syros pour aller à l’ile de Samos 4 à 5 fois par semaine. Le voyage n’est pas toujours facile. (Huit heures de voyage pour s’y rendre. Un des deux voyages s’effectue de nuit et avec une mer pas toujours très calme !).

C’est donc deux par deux que deux fois par mois nous nous rendons à Samos, pour quelques jours.
Ne pouvant rejoindre les migrants directement dans les camps (ceci étant interdit), nous les rencontrons à l’église du lieu en accord avec le diocèse, qui a également mis à notre disposition un petit appartement dans lequel nous logeons lors de nos temps de présence.

 

 

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L’aide s’organise et dans une petite salle de location, Caritas Grèce, aidée par Caritas internationale, a installé un bureau où une personne s’occupe d’eux pour toutes les démarches administratives.
Les besoins pour ceux qui arrivent sont bien sûr nombreux (vêtements, chaussures, alimentation un peu plus correcte que celle du camp etc…), mais leur demande première est de pouvoir vivre des temps d’écoute et d’échange en toute simplicité, pouvoir parler leur langue (la plupart sont francophones ou anglophones) et être compris, mais aussi pouvoir prier et partager la Parole de Dieu… leur grand désir c’est avoir une Bible, un chapelet…

 

Comme il n’y a pas de prêtre à demeure, l’Eglise reste donc fermée et notre présence permet aussi de faire revivre en même temps la petite communauté paroissiale (une quinzaine de personnes et quelques touristes). Une communauté qui a vu tout à coup son petit nombre augmenter avec la présence des personnes réfugiées et immigrées. Les animations liturgiques, les partages spirituels nous permettent de vivre des temps très fort de communion.
Ces temps, où nous ne pouvons qu’écouter tout ce qu’ils nous partagent, sont vraiment des moments où nous nous laissons évangéliser par ces personnes qui ont la foi comme pilier solide de leur vie. Foi qu’ils expriment dans la joie, les chants, et par des partages profonds. Ces moments sont pour eux, comme ils disent, des temps où ils se sentent considérés comme des « êtres humains ».
Nous confions cette mission toute spéciale au Seigneur, à Marie et à nos Saints Fondateurs, pour qu’ils soient notre soutien et notre force aujourd’hui et autant de temps que cela durera.

 

Extraits de quelques témoignages :

 

J’ai vraiment senti la présence de Dieu… bien que nous soyons différents, nous nous sommes sentis unis… l’accueil était bon, avec respect et estime pour toute personne…
Raphael du Congo Kinshasa “

 

 

La journée s’est très bien passée, j’étais émue et j’ai beaucoup de joie dans mon cœur…
Kounou Anna du Congo “

Les Sœurs de la communauté de Syros