Le mardi 18 septembre 2018 les sœurs de la session internationale vincentienne ont fait escale à Châtillon sur Chalaronne sur les pas de saint Vincent de Paul. Ce fut une belle journée avec toutes ces sœurs des cinq continents. Voici l’homélie du Père D. Blot, le curé de Chatillon :

 

 

 

Deux cortèges se croisent à la porte d’entrée de la ville de Naïm. Le premier qui sort de la ville est le cortège de la mort, de la tristesse. Une mère suit le corps de son fils unique qui va être porté en terre. Elle est la figure d’une autre mère, Marie, qui portera un jour aussi son fils unique jusqu’ au tombeau. Mais un autre cortège entre dans la Ville, c’est celui de Jésus. On y devine, outre les Apôtres qui suivent Jésus, les disciples nombreux, les femmes attentives, les curieux et la joie qui y règne. C’est un cortège plein de vie et d’espérance.

 

Le contraste entre les deux cortèges est saisissant. La mort et la vie. Ils auraient dû se croiser en silence et chacun serait reparti vers son destin. Mais c’était sans compter sur la « compassion » de Jésus. Le verbe grec employé est lourd de sens : c’est plus que de la compassion humaine. Il s’agit de la tendresse de Dieu pour la misère de l’homme. Ce que l’on appelle « la miséricorde divine ». C’est la Miséricorde de Dieu qui prend les devants avant même que la foi ne fasse appel à elle.

 

Vous êtes dans cette église où, derrière moi, s’est déroulée la scène qui est à l’origine des confréries de Charité fondées par saint Vincent. C’est une femme, Françoise Baschet de Miseriat qui a été prise de compassion pour une famille qui allait mourir de maladie et de famine. Jésus passe encore dans nos villes. Il croise encore et toujours cortège des pauvres. Mais depuis sa Résurrection et la Pentecôte, Il ne le fait plus seul. C’est dans son Eglise qu’Il passe dans la vie des hommes. Chaque communauté chrétienne, chaque disciple de Jésus est appelé à s’arrêter avec compassion devant le cortège des morts et des blessures de l’humanité, à ne pas avoir peur comme le Christ n’a pas eu peur, à donner une vraie Parole de vie et d’autorité. Remarquez comment sur une seule parole de Jésus, la mort a reculé.

 

Vincent a vu dans le cœur de cette première Dame de Charité et ensuite de ses paroissiens, la Charité en acte, la compassion divine qui était dans leur cœur. Il a vu le cortège des paroissiens, une « procession » dira-t-il, pour aller secourir la misère de cette famille. Quand on est proche de Jésus, que Jésus agit en nous, que nous le prions, que nous lui obéissons, alors Il nous choisit pour passer au milieu des misères de ce monde et nous commande de nous arrêter pour non seulement compatir mais agir.

 

Remarquez comment Luc désigne Jésus dans son action de Sauveur, inaugurant le Règne de Dieu. La foule le désigne comme un prophète. Poser un geste prophétique, c’est annoncer des Temps Nouveaux pour ceux qui sont dans la misère. (Evangile du jour Luc 7. 11-17)

 

Mes sœurs, je vous souhaite, dans vos vies données au Seigneur, en filles de saint Vincent, de poser des gestes prophétiques. Voici une parole de saint Vincent :

 

« La charité doit passer dans les œuvres. Alors, elle est parfaite et devient féconde, en ce sens qu’elle engendre l’amour…. »