MIGRANTS, c’est un mot qui sonne rude, grinçant.

On dirait un  objet non identifié.

Ou plutôt un insecte rampant avec des tentacules.

C’est un mot qui a une musicalité agressive, barbare.

C’est juste un « mot » qui fait peur à « entendre ».

Rien qu’au son, personne ne veut chercher à connaître ni à comprendre.

Personne ne veut regarder cette enveloppe dure et rugueuse qui cache un être vulnérable, affaibli par la peur, la faim, le désespoir, la fatigue.

Un être qui recherche une main tendue, une parole réconfortante,

un soutien, un sourire.

UN MIGRANT est une personne à part entière avec une âme

et des blessures qui tracent son histoire.

C’est une personne qui fuit une situation difficile, voire risquée pour sa vie,

vers un autre pays, un autre lieu.

Il arrive le plus souvent, juste avec comme bagage son âme

et l’espérance d’une vie meilleure.

Il est là, le regard mendiant l’aide charitable des uns et le secours des autres.

Il a perdu tout repère en voulant oublier sa vie passée et rêve d’un avenir serein, libre.

 

LE MIGRANT est un être avec ses pensées et ses faiblesses.

Il puise la force d’avancer sur le chemin incertain,

en regardant le ciel et en priant à chaque instant de son exil.

Il est perdu dans sa tête, parfois oublie jusqu’à son nom

mais se souvient qu’il doit partir pour survivre.

Il doit survivre pour tout reconstruire et renaître sous un autre nom, un autre travail, une autre vie.

Il renaîtra grâce à l’ESPOIR.

 

Joanne YANG Hmong

laotienne de l’équipe diocésaine de la Pastorale des Migrants, diocèse d’Orléans
 
Article envoyé par les sœurs de Châteauneuf-sur-Loire