L’Association ALLIANCE «Accompagner la vie jusqu’au bout » est composée d’équipes de bénévoles formés pour assurer un accompagnement auprès des malades atteints de maladies graves et soutenir leurs familles, soit en institution comme l’hôpital, soit à domicile.

Depuis bientôt un an, l’antenne d’Agen, «  Alliance 47 » organise, chaque semaine, une petite fête, avec musique et guirlandes afin de mettre une petite note de gaieté, à l’hôpital, mais surtout, en offrant des glaces, mais pas n’importe quelles glaces, celles de  « Benoît de la lune », artisan glacier de Villeneuve sur Lot, et qui, chaque fois que notre stock se vide, vient lui-même les porter à l’hôpital.

Non seulement il offre les glaces, mais il donne aussi de son temps, c’est merveilleux !

Les malades qui font plusieurs séjours dans le service des soins de support et d’accompagnement, (USSA) se souviennent que le mercredi est le jour des glaces ! Ils ont le sourire à la pensée que le jour approche…

« L’Amour est inventif à l’infini »… Pour notre présidente, Catherine, il n’y a pas de distances, de l’Angleterre au Québec, en passant par la Suisse, et aussi à travers la France elle va sur place voir ce qui peut se vivre ailleurs, dans ces services d’accompagnement ! Les glaces c’est bien, mais il faut autre chose…

Pourquoi pas un apéritif festif ? L’autorisation de la direction est accordée, le personnel soignant est partie prenante, et dans le couloir du service, cinq bénévoles d’Alliance, sont présents pour assurer les premiers préparatifs : l’effervescence règne !

La table ronde est sortie, habillée d’une nappe à carreaux rouges. Dessus, les fraises voisinent avec les citrons, le bouquet de menthe, les mangues et les raisins, les tomates cerise, le fromage blanc, les chips, des petits légumes, une bouteille de Saint-Emilion, une autre de sirop de canne à sucre, une de Rhum-Blanc…

La musique se diffuse vers les chambres.

Nous sommes bien à l’hôpital ! Une agitation règne dans le couloir.

« Alliance » est arrivée. Les Soignants vont chercher les malades.

Monsieur M. est le premier à arriver ; il est un peu « grognon » qu’on l’ait poussé à sortir de sa chambre, mais ses yeux s’illuminent en voyant la table parée de tous les ingrédients.

Nous l’invitons à préparer de jolies assiettes… Ça fourmille autour de la table !

Les malades arrivent, seuls, s’ils le peuvent, ou accompagnés d’un soignant, ou dans leur fauteuil, poussés par le personnel du service. Un malade a été sorti avec son lit, presque assis pour nous regarder préparer. Tous ont le sourire, tous ont les yeux qui pétillent. On va prendre l’apéro !

C’est comme une fête, c’est comme à la maison en fin de semaine, c’est comme dans la vie normale, quand on n’est pas malade.

Les bruits aussi, aujourd’hui, ne sont pas les mêmes. On ne chuchote plus, on rit, on se mélange, il n’y a plus que des personnes qui vivent un bon moment ensemble.

                                                                                       

Plus aucune distance entre les malades, les soignants, les médecins, les membres d’Alliance, nous sommes tous à égalité heureux d’être ensemble.

Monsieur MG dit à Catherine que « c’est une expérience très positive, qui rapproche des personnes différentes, alors que la société dans laquelle nous vivons a tendance à les faire s’éloigner. »

Quand le bruit des glaçons concassés s’est tu, quand le mélange pour les Mojitos a été au point et le Saint-Emilion débouché, que les verres ont été distribués, nous avons savouré cet instant dans les yeux, les uns les autres, plus que par les saveurs de nos préparations.

La personne, déplacée avec son lit a goûté du Mojito-épaissi et a trouvé sa saveur meilleure qu’à l’ordinaire, sa trachéotomie l’empêchait de parler, mais son sourire était éloquent.

Les familles ont aussi partagé ce moment de bonheur, « çà nous remonte le moral ».

Les soignants ont trouvé que les malades étaient surpris et heureux, qu’ils avaient trouvé de l’appétit par tout ce qui était devenu «beau», autant par les décorations, l’ambiance musicale, et le partage de l’apéro.

Plusieurs personnes ont demandé si on allait le refaire.

Nous avons tous trouvé que c’était très concluant pour la première fois.

Les bénévoles repartent comblées, leur investissement ce soir a donné de la beauté, du bonheur, de la douceur, de la joie, du partage, de la vie, dans ce service si particulier où parfois la souffrance transpire, pose de la lourdeur ; ce soir le service est empli de joie et rappelle les béatitudes :

«  Heureux ceux qui respectent

mes mains décharnées

et mes pieds déformés.

Heureux ceux qui conversent avec moi

bien que j’aie désormais quelque peine

à bien entendre leurs paroles.

Heureux ceux qui comprennent que

mes yeux commencent à s’embrumer

et mes idées à s’embrouiller.

Heureux ceux qui,

en perdant du temps à bavarder

avec moi, gardent le sourire.

Heureux ceux qui jamais

ne me font observer :

c’est la troisième fois

que vous me racontez cette histoire !

Heureux ceux qui m’assurent

qu’ils m’aiment et que je suis

encore bonne et bon à quelque chose.

Heureux ceux qui m’aident à vivre

l’automne de ma vie” .

Colette et Marthe
Bénévoles à Alliance