La plaine de Montrouge c’était des moulins, des terres labourables et des carrières. En 1700, le Petit Montrouge est un village qui compte 88 feux. Le Petit Montrouge et le Grand Montrouge, anciennement Faubourg de Paris se séparèrent en 1853. L’Abbé Comte, Curé du Petit Montrouge demanda et obtint du Conseil Municipal la construction d’une école dont la Direction fut confiée aux Filles de la Charité.

Deux Sœurs de la Maison de Retraite « La Rochefoucauld » (proche de la place Denfert Rochereau), vinrent au 37 rue Boulard apprendre à lire et à écrire aux petites filles pauvres du quartier.

 

En 1859, la Maison du Sacré-Cœur était fondée pour visiter les malades à domicile et instruire les enfants pauvres, à l’école communale du quartier. Ces deux œuvres de cette Maison de Charité étaient d’égale importance. Les Sœurs occupaient alors une Maison Place de la Mairie (Locaux du LEP Durouchoux).

Sœur Cabos et six Sœurs avaient la charge de 3 classes, l’asile (école maternelle), et une vingtaine d’orphelines.

Soeur Marussig rêvait d’aller en Chine. Le Père général lui dit « ma Sœur, votre Chine sera Montrouge » ! Elle arrivait de Grèce en 1859, sous la neige et en plein champ ; elle fut la 2ème Sœur servante durant un demi-siècle. Elle y mourut en 1908. Une maison d’habitation et une maison de secours pour les pauvres s’adjoignirent.

En 1865, un second étage fut construit. La maison comptait 8 classes avec 18 sœurs. Un généreux donateur, qui voulut rester anonyme, permit de secourir les pauvres et d’élever les orphelines pendant 25 ans. En 1870 éclate la Guerre. L’Ecole fut transformée en Fourneau Economique puis en Ambulance. Une centaine de lits furent aménagés et occupés par les blessés des villages de la banlieue Sud. Pour la rentrée des classes, l’école se faisait dans des ateliers de menuiserie. Quelles tristes classes mais personne ne se plaignait !
En 1871, l’Ecole fut consacrée au Sacré Cœur, en action de grâces. Ce fut la création des patronages du jeudi et du dimanche et l’achat d’un pré à Châtillon, avec préau, pour la journée du jeudi. Un Orphelinat, 29 rue Gassendi, et une maison de campagne à la Queue en Yvelines accueillirent les orphelines de guerre.

En 1875, Sœur Marussig projeta d’ouvrir une école libre sur un terrain rue Liancourt. Un Sermon de Charité donna les fonds suffisants.
En deux mois l’Ecole fut construite et ouvrit ses portes en octobre 1880. Les Sœurs partirent de la Place de la Mairie, au moment de la laïcisation ; elles s’installèrent rue Liancourt.

1886 : construction d’une Ecole Primaire, 31 rue de Liancourt, après le Décret privant les Sœurs du droit d’enseigner dans les écoles Communales.
– 8 classes, puis 10 et plus de 580 élèves,
– un Asile de 250 à 300 enfants,
– un Atelier professionnel de couture et un ouvroir de lingerie,
– l’Œuvre du trousseau et la Société sportive « la Gassadiana » le jeudi.
A cette époque, l’Association des Enfants de Marie était florissante.

En 1896, une crèche pour 50 puis 60 petits de la naissance à 3 ans. C’était une Fondation de Monsieur et Mme Fénelon-Charles RICHEFEU, foyer chrétien et fortuné, sans enfants.
En 1908, le 8 juillet Sœur Marussig décéda.
En 1912, l’école ménagère et création des « Louise de Marillac ».
En 1915, une colonie de vacances au bord de la mer à Gréville (Manche).

En 1918, le bombardement par la « Bertha » : protection miraculeuse des élèves.
Cette Ecole Libre fut l’une des dernières Ecole Congréganiste de Paris. Le 1er juillet 1914, elle fut « fermée » suivant la Loi ; la Guerre éclata le 29 juillet… Les Ecolières continuèrent à fréquenter régulièrement l’école quand le 23 mars 1918 à 10h30 la sirène avertit de gagner les caves protectrices. Un obus éclata rue Liancourt, les vitres des classes sont en miettes. Reste debout, sans une éraflure, une grande statue du Sacré Cœur sur laquelle se lit : « Elles m’ont établi gardien de leur maison. Je les protégerai. C’est moi qui suis de garde ici ».
Deux globes de verre avec branches de fleurs qui l’entourèrent restèrent intacts. Les élèves sortirent des caves, aucune n’était atteinte !

En 20 Mai 1920 : guérison miraculeuse de Marie DARRACQ, Sœur Thérèse, à la suite d’une neuvaine à Ste Louise de Marillac.
« Sœur Thérèse arrive en juillet 1899 à l’Ecole du Sacré Cœur, elle a 20 ans et enseigne à l’école. En 1915, elle a une tuberculose des vertèbres (mal de Pott), et la paralysie des jambes peu à peu. Il fallut plâtrer sa colonne vertébrale ; elle est immobilisée malade à l’infirmerie et souffrante.
En 1920, elle est réduite à peser 40 kilos. Un évènement important pour les Filles de la Charité : la béatification de Louise de Marillac à Rome.

Une inspiration… pourquoi ne lui demanderait-elle pas sa guérison ? Les Sœurs de la communauté commencent une Neuvaine de prières. Le dernier jour de la Neuvaine, Sœur Thérèse, dans la solitude de l’infirmerie, sans le secours de personne, se lève, s’habille et se rend à la chapelle toute proche. Il est midi, la jeune postulante lui porte, comme chaque jour, son repas. Mais… que s’est-il passé ? Sœur Thérèse n’est plus à l’infirmerie. Où est-elle donc ? Le temps de poser le plateau et de s’informer, c’est la sortie de l’école. Les Sœurs se réunissent à la chapelle… Stupeur !… Est-ce qu’on ne rêve pas ? Sœur Thérèse est là ! à genoux ! Après la prière, coupée de bien des émotions, on sort, on l’entoure, on retrouve avec joie son ancienne silhouette, car depuis six ans on ne l’a pas vue avec la cornette. Mais c’est l’heure d’aller au réfectoire. Sœur Thérèse se déclare prête à y descendre ! « Je suis guérie ! Vous le voyez ! ». Elle ne descendra que le lendemain, la prudence de la Sœur servante l’ayant ainsi décidé !

Très vite elle retrouva l’appétit des jeunes années, et des jambes si robustes que, pendant longtemps, jusqu’en 1958, elle parcourra, en toute assurance et en tous sens, le quartier, et montera tant d’étages pour visiter et soigner les malades. Vraiment, Louise de Marillac n’a pas fait les choses à moitié ! La guérison de Sœur Thérèse sera reconnue (avec toutes preuves à l’appui) par Rome, pour la canonisation de Louise de Marillac. »
Mais la vie terrestre doit finir puisqu’elle n’est pas encore… la vie éternelle ! »

En 1958, un infarctus obligea Sœur Thérèse à s’arrêter et à se ménager en partie. Elle cessa de monter les étages mais continua, du lieu de sa retraite, à l’infirmerie, son service de « dépannage ». Pénétrée d’une foi profonde et de prière, elle prépara, de longue date, sa rencontre avec le Seigneur.

C’est le 15 janvier 1976 que le Seigneur rappela sa fidèle servante ».

Témoignage écrit par Sœur Jean Gabriel Verdaveine,
Fille de la Charité de l’Ecole du Sacré Cœur

 

 

Louise de Marillac béatifiée le 9 mai 1920 par Benoit XV, est canonisée le 11 mars 1934 par Pie XI et proclamée patronne des œuvres sociales en 1960 par Jean XIII.

En 1920, l’Asile est remplacé par le Jardin d’Enfants.
En 1931, des œuvres postscolaires sont florissantes : patronage, colonies de vacances, éducation physique…
1939 : L’école professionnelle est transformée en Ecole Technique commerciale, qui deviendra le Lycée Catherine Labouré plus tard ; et un orphelinat qui deviendra un internat scolaire.

En 1954, aménagement d’un Centre de Soins, après le départ des Sœurs du Dispensaire rue Pierre Nicole, Paris 5ème
En 1957, la maison de Garnes (dans la Vallée de Chevreuse – Yvelines) est rattachée à celle de « Gassendi ». C’est dans cette maison où Sœur GUILLEMIN avait commencé les sessions en 1955.

L’Atelier professionnel donnait asile aux jeunes filles sans famille ou désireuses d’apprendre un métier, dès 1875.
Une Ecole ménagère a débuté dans la maison du Sacré Cœur en 1912. En 1959, après divers changements de locaux, elle est érigée en Ecole Technique Catherine Labouré, qui deviendra Lycée Professionnel Catherine Labouré.

En 1962, création d’un Service Social : « Association Soins et services à domicile dans le 14ème »
En 1971, la gestion du Dispensaire et de la Crèche sont confiées à la Croix Rouge Française.

Après 135 ans de présence, les Sœurs quittent la rue Gassendi le 27 Août 1994. Aujourd’hui encore, l’Ecole Primaire du Sacré Cœur et le Lycée Professionnel Catherine Labouré sont sous Tutelle de la Province Belgique France Suisse des Filles de la Charité avec des Directions et équipes de laïcs.

 

Sœur Annie GESRET, Archiviste Provinciale

 

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