Ce nom, Paroisse du Gros Caillou, vient d’une grosse pierre (limite de deux Abbayes) remplacée par la fontaine de Mars qui, du temps de Monsieur Vincent, a donné son nom au quartier.

 

1671 – à cette époque, ce quartier dépend de l’Abbaye de Saint Germain des Prés. Après la construction des Invalides en 1671, ce lieu se peuple d’un monde d’ouvriers et artisans qui souhaitent une école pour leurs enfants. Les Frères des Ecoles Chrétiennes pour les garçons, les Sœurs de Saint Thomas de Villeneuve pour les filles, ouvrent des écoles.

 

1702 – trois Sœurs, envoyées par le clergé de St Sulpice, les remplacent pour « faire la classe ». Elles font surtout ce pourquoi elles ont été conçues dans l’esprit de Saint Vincent de Paul : porter le lourd pot de soupe, enseigner la « créance », soigner les malades à domicile. Elles louent une maison rue Cler.

 

Avant 1789, la rue Saint Dominique comptait deux Etablissements de Filles de la Charité : l’Hôpital Militaire et une Maison de Secours.

1789 – la Révolution fait disparaître les deux Etablissements. Les Filles de la Charité, en civil, essayent de subsister.

 

Vers 1801, après la tourmente révolutionnaire, elles ouvrent une petite école de trois classes avenue de la Motte-Piquet, un ouvroir de jeunes filles, une salle d’Asile, et peu de temps après une Maison de Secours pour le service des malades.

Le quartier se développe ; les îles de la Seine sont rattachées au quai. La rue de l’Université est prolongée.

 

1808 – début d’un Orphelinat, destiné tout d’abord aux orphelins de guerre. Leur nombre s’augmente bientôt des orphelins du choléra.

L’Eglise avait été détruite. Pour suivre les Offices, Sœurs et enfants suivent la rue Saint Dominique pour se rendre à l’église Saint Valère, au coin de l’Esplanade des Invalides ! C’est seulement en 1825 qu’est élevée l’église actuelle de Saint Pierre du Gros Caillou, érigée en Paroisse en 1848.

 

1826 – fondation d’un Asile de Vieillards rue Saint Dominique, « l’Hospice Leprince », du nom de son donateur.

 

1845 – à cette époque, nous sommes loin du groupe d’immeubles séparés par de vastes cours qui forment la maison actuelle ! Les œuvres sont disséminées, un peu partout dans de petites constructions.

 

Soeur GUILLAUME, Sœur servante, conçoit le projet d’édifier une grande chapelle. Elle la veut très belle, sur le modèle de Saint Valère, devenue la basilique Saint Clotilde. La chapelle de l’hospice est dédiée à Notre Dame des Anges.

 

1870 – c’est la guerre ! les blessés et les pauvres sont nombreux. La Capitale est bombardée, la famine menace dans la ville encerclée. Les jeunes filles du Patronage font assaut de dévouement. Parmi elles, Marie-Antoinette FAGE, Enfant de Marie, sera Fondatrice des petites Sœurs de l’Assomption. Malgré la guerre, le nombre des écolières s’accroit. Après le décès de Sœur GUILLAUME, Sœur LAVIEUVILLE du Secrétariat de la rue du Bac est Sœur servante de l’Hospice Leprince et y restera vingt-huit ans. La maison des Filles de la Charité compte alors vingt-quatre Sœurs.

1873 – c’est l’ouverture d’un nouveau champ d’action, l’Atelier Professionnel.

 

1877 – la Duchesse de Clermont-Tonnerre et le Marquis d’Aramon lancent une loterie de diamants dont le produit doit servir à construire une crèche spacieuse, gaie et claire.

 

1878 – une crèche est ouverte pour les enfants des ouvrières de la Manufacture de tabac de la rue Jean Nicot.

 

1880 – période de la laïcisation des écoles municipales tenues par des religieuses. Les « Sœurs grises » font de suite une déclaration d’ouverture d’une école libre, 105 rue St Dominique. Des classes sont construites grâce à la générosité des paroissiens.

 

1889 – laïcisation du Bureau de Bienfaisance et de l’Hospice. Les Sœurs établissent un petit Dispensaire avec une pharmacie.

 

1898 – construction de l’important orphelinat de la rue Cler. Décès de Sœur LAVIEUVILLE, remplacée par Sœur ANTHOARD, Econome de la Maison Mère, qui fait poser une véranda contournant le jardin de l’Hospice.

 

1910 – la crue de la Seine provoque des inondations à 1m10. En barque, les Sœurs passent des provisions aux habitants emprisonnés dans leurs logements.

 

1914-1918 – à la déclaration de Guerre, est notifiée la fermeture des Ecoles. Mais le 4 août, communiqué de la Préfecture : ordre est donné de reprendre immédiatement les enfants, l’école est réouverte au 182 rue de Grenelle. Une garderie et un premier ouvroir de guerre sont organisés. Ce dernier fonctionne à plein rendement fournissant un travail à toutes les ouvrières.

La vie est difficile avec les nombreuses alertes de la « Bertha » toutes les demi-heures. Les internes sont envoyées au Grau du Roi et à Castres. Certaines Filles de la charité partent pour le service des ambulances.

 

1918 – Armistice le 11 novembre. En sortant du jardin de la Communauté, côté rue Amélie, de grands espaces verts donnaient le cachet d’un village égaré dans Paris. Il y avait l’ancienne vacherie avec l’abreuvoir, des serres, orgueil du jardinier-concierge, un fouillis d’arbustes et un poulailler. A la suite, un potager avec un figuier et un bassin d’iris. Le figuier ombrageait une maisonnette où Pyrénéens et Pyrénéennes de l’Union retrouvaient chaque dimanche une ambiance, la gaîté du « Païs ». Le potager est vendu et sur ce terrain est construit un Jardin d’Enfants et une salle de Théâtre. Un abri plus confortable est aménagé pour les Pyrénéens avec entrée par la grande porte de la rue Amélie. Un mur est disposé de telle façon que les « pelotari » puissent s’y livrer à leur jeu favori. A cette époque, débute dans des salles de l’orphelinat un modeste Cours Commercial.

 

1945 – Sœur PRESCIAT est nommée pour donner une nouvelle impulsion aux nombreuses activités de la Maison. L’Orphelinat est dissous et le grand bâtiment de la rue Cler devint Ecole Technique de 180 élèves qui comprend : une section d’aides-familiales, une Ecole de Dessin, un Cours Commercial. Pour les internes, des dortoirs en boxes élégants et confortables sont aménagés. L’Ecole Primaire de 350 élèves va de la classe enfantine à celle du BEPC.

 

La crèche, moderne et modèle, installée sur deux étages accueille 80 bébés. Le Jardin d’Enfants compte trois classes qui servent de terrain de stage aux élèves Jardinières d’Enfants de l’Ecole rue de l’Abbaye transférée rue Cler en 1958.

 

A la rue Cler, déjeunent 25 vieillards dans une charmante salle à manger, échangeant de joyeux propos. Une petite pièce accueillante, ayant son entrée directe sur la rue Cler, permet aux pauvres passants et à quelques personnes du Secours Catholique de prendre un repas chaud. Au rez-de-chaussée de la rue Cler, de grandes salles attrayantes reçoivent chaque dimanche et pendant les vacances scolaires de nombreux groupes d’Action Catholique ou autre de toutes Provinces et de toutes Nations. Le Secrétariat de l’Episcopat français trouve sa place près de la Chapelle.

 

1952 – si la Sœur servante voit un magasin en vente, grâce à de nombreux dons, elle achète la maison. Ainsi des commerces faisaient partie de nos locaux ! Des logements sont loués à des particuliers ; les loyers permettent de payer les enseignants.

 

1955 – la division de la Compagnie des Filles de la Charité en PROVINCES, met à l’honneur la Maison du Gros Caillou qui devient la MAISON CENTRALE de la PROVINCE de PARIS. D’abord rue Saint Dominique, puis rue Cler, trouvent place les bureaux de la Sœur VISITATRICE et de ses Secrétaires. De là partent directives et encouragements : c’est le cœur et la tête de la PROVINCE. Sœur RIPERT, Assistante de la Compagnie, est nommée à la tête de la Maison. Elle poursuit le rajeunissement des vastes locaux et modernise la partie réservée à la Communauté. L’escalier où passaient tant de Sœurs de la Province est restauré.   

           

En 2021, le 9 rue Cler reste toujours « Maison provinciale »

après deux restructurations des Provinces de France :

en 2001, Province France Nord,

en 2015, Province Belgique France Suisse.

 

                                  

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NB : les photos sont extraites d’un album réalisé en 1960 pour le tricentenaire de la mort de Saint Vincent.

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