Ouverture le 8 Septembre 1887 – Fermeture le 8 septembre 1999

Entre ciel et mer une presqu’île étend son bras de marais et de sable, faisant face au Croisic, port florissant et cité balnéaire. PEN BRON est situé à l’extrémité de la presqu’île Guérandaise. Son nom signifie en breton : « bout de la hauteur arrondie ».

En 1886, Monsieur PALLU, Inspecteur de l’Assistance Publique de la Loire Inférieure, fit un rêve ! Lutter contre un des fléaux du temps, la SCROFULE, forme particulière de la tuberculose, et donner ainsi à des enfants atteints de ce mal une chance de guérison. C’est l’époque où l’on s’intéresse aux vertus thérapeutiques du traitement marin et de l’air iodé. Errant un jour sur la grève de PEN BRON, il sent que là se trouve le salut ! Cadre magnifique, exposition excellente. Et sans hésiter Monsieur PALLU fit l’acquisition de PEN BRON puis demanda à la Supérieure Générale des Sœurs de Saint Vincent de Paul de s’occuper de l’organisation de la maison et des malades à venir.
Sœur SIMARD s’apprêtait à partir en Indochine en qualité de Visitatrice, mais elle sera nommée Sœur servante à PEN BRON !

En juin 1887, Sœur SIMARD et deux autres Filles de la Charité s’installent au Croisic et viennent chaque jour, pour aménager les locaux, d’anciens hangars à sel.

Le 8 Septembre 1887, eut lieu l’ouverture de l’Hôpital de Pen Bron. Le nombre des enfants croît peu à peu, les débuts sont difficiles, l’argent manque. M. PALLU parcourt la France à la recherche de fonds. En 1888, l’Hôpital compte 60 malades. Par décret du 3 Juillet 1893, PEN BRON fut reconnu d’utilité publique. C’est un Etablissement privé, à but non lucratif géré par l’ASSOCIATION DE PEN BRON ET ANNEXES. 

La générosité de nombreux donateurs permit de réaliser des constructions. Les ressources sont plus régulières et permettent l’aménagement et l’extension du Centre sous la direction de Sœur SIMARD, organisatrice née, dotée d’un esprit de Foi et d’une rare énergie.

De 1887 à 1915, sont traités 12 960 malades et 12 532 sortent guéris ou améliorés. L’effectif des sœurs augmente : elles sont 8 en 1888 pour 60 malades et 24 en 1909 pour environ 200 enfants.

Lors de la 1ère Guerre mondiale, l’aumônier, l’interne, 2 jardiniers, le menuisier, le pilote du canot automobile, sont mobilisés. En 1918, le domaine du Coteau à Varades est acquis pour construire un préventorium pour les enfants. En 1919, PEN BRON entre dans une nouvelle phase pour lutter contre la tuberculose pulmonaire. Soeur SIMARD décède le 23 mars 1923 et est inhumée à la Chapelle. Elle sera remplacée par Sœur LEROY qui vient de l’Hôpital d’Avignon.

En 1923, c’est l’ouverture d’un service de Chirurgie avec 2 salles d’opération. Mais la vaccination obligatoire du B.C.G. fait diminuer, puis disparaître la tuberculose osseuse et ganglionnaire.  D’autres catégories de malades prennent place, ce qui entraîne l’ouverture de services d’orthopédie. Sur le conseil de Sœur INCHELIN, Mère générale, venue en octobre 1925, de nombreuses activités sont créées par Sœur LEROY pour les enfants, avec une salle des Fêtes et diverses améliorations. Une scolarité régulière s’organise avec l’ouverture de classes et une école ménagère pour les adolescentes. Un jardin d’enfants est inauguré à la même époque.

En 1930, sur la demande de Sœur LEROY, une pouponnière est créée. De 1950 à 1960, de nouveaux pavillons sont construits. PEN BRON commence à recevoir quelques enfants déficients cérébraux, des encéphalopathes, des enfants et adolescents atteints de maladies neurologiques et musculaires évolutives, et des accidentés de la route. En 1936, Soeur LEROY décède après une pénible maladie. La Directrice du Préventorium de Beaujeu, en Bourgogne, Sœur LETOURNEAU, est alors nommée Sœur servante à PEN BRON.  Arrive la 2ème Guerre mondiale avec des soucis de ravitaillement et les restrictions. Puis l’occupation allemande… dans les bois de PEN BRON se cachent des Polonais ! Des mesures spéciales sont appliquées à la zone côtière. PEN BRON devient une véritable forteresse avec ses 23 ouvrages de défense. Lors des bombardements de Nantes, le service de la Santé demande à PEN BRON de recevoir la pouponnière de l’Hôtel-Dieu. Menaces d’évacuation en 1942… le repli sur Varades est organisé par petits convois, suivi d’un déménagement de matériel considérable. Seuls, quelques employés restent ainsi que 3 sœurs. En 1944, la France libérée, la poche de Saint Nazaire retient encore prisonniers PEN BRON et le Croisic.

Au moment de la Libération, un bombardement était prévu… mais PEN BRON a été épargné. En reconnaissance de la protection de Marie, les Sœurs érigent une nouvelle grotte qui se trouve dans le jardin. Mais l’état de bâtiments est lamentable et les finances au plus bas.

C’est alors que le jour de la Fête du Sacré Cœur en 1946, Sœur LETOURNEAU reçoit une lettre annonçant qu’un Editeur parisien décédé laisse toute sa fortune à PEN BRON. La vie à PEN BRON se réorganise progressivement. Dès 1948, compte-tenu de la réduction du nombre de tuberculeux osseux, l’activité de l’établissement s’oriente sur les déformations vertébrales et les séquelles de la poliomyélite.

Après la Guerre, bienfaiteurs et donateurs se raréfient mais le Conseil d’Administration garde au Centre son caractère privé. Dans les années 1950, le Centre connait une époque de modernisation et d’aménagements divers rendant les locaux plus fonctionnels. En 1957 le Centre compte 400 lits. En 1962, c’est l’ouverture de la première salle de Kinésithérapie. En 1963, ouverture un Service de Thalassothérapie. Le Centre accueille les enfants de 18 mois à 10 ans pour les garçons, et 18 mois à 18 ans pour les filles. Sœur LETOURNEAU passe le flambeau à Sœur VEBRET qui vient de l’Hôpital de Luçon.

En 1972 est signé un contrat simple pour l’école primaire. En 1973, aux sections de rééducation et réadaptation fonctionnelles et de cures marines, s’ajoute une section pour les enfants infirmes moteurs cérébraux.

En 1975, les sœurs sont salariées et en 1976 un Directeur laïc est nommé. En 1978, est signé un contrat simple pour le Cours Complémentaire.

En 1979, la limite d’âge pour les enfants infirmes cérébraux est reportée de 14 à 18 ans, et pour la rééducation fonctionnelle de 18 à 20 ans.

Ouverture d’un Collège en 1980 pour les jeunes de la 6ème à la 3ème, ainsi qu’une section d’éducation spécialisée et différents ateliers. Quelques élèves sont scolarisés à l’extérieur. En 1982, ouverture d’un secteur d’adultes en rééducation fonctionnelle ; 264 adultes ont été accueillis pour 324 enfants. En 1987, le Centre hélio-marin fête ses 100 ans : en souvenir de l’arrivée le 8 septembre 1887, « Monsieur PALLU et 3 Filles de la Charité » sont costumés, arrivant à PEN BRON en bateau !

Le 8 Septembre 1999 est organisée une cérémonie d’adieux aux Sœurs. Après 112 ans de présence à PEN BRON, la Communauté des Sœurs de Saint Vincent de Paul quitte le centre de PEN BRON à cause du manque de vocations.

Sœur Annie, archiviste provinciale

 

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