L’humour c’est la rencontre entre l’humilité et l’amour

Le 13 juillet après le boulot à la crèche, une nouvelle expérience/ aventure m’attendait pour une durée de 4 jours : une retraite « Clown et Foi avec le thème : Servir la Joie d’autrui à la manière de Marie ».

Le clown ? oui une retraite Clown, cela peut vous poser question et c’est légitime !

Et si le clown était aussi une figure du chrétien ? Saint Paul, dans la seconde épître aux Corinthiens (2 Co 4, 7-9), paraît en effet décrire la vie du chrétien comme un numéro de clown dans son costume trop grand : « Mais ce trésor, dit-il, nous le portons comme dans des vases d’argile […] nous sommes dans la détresse, mais sans être angoissés ; nous sommes déconcertés, mais non désemparés ; nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés, mais non pas anéantis. »

Que veut dire vivre/ expérimenter le clown en soi ?

Vivre le « ICI et MAINTENANT » !

Le clown transcende l’échec et le transforme en exploit : celui de dire ses limites, son incapacité, ses maladresses, sa honte, son désarroi, son désespoir même… il avoue tellement bien ce que nous cherchons tellement à dissimuler ( aux yeux des autres ou de nous-même ?). Sa philosophie, née d’une immense naïveté et d’un optimisme à toute épreuve, le conduit, à son insu, à nous attendrir, nous émouvoir, nous faire rire tellement il ose, lui… Là où l’humain déprime, le clown s’acharne avec une telle force incongrue, qu’il nous fait dévier de notre trajectoire en nous apportant le rire : un rire franc, sans ironie, ni sarcasme, qui nous va droit au cœur. Parce qu’il se raconte, avec cette authenticité qui n’appartient qu’à lui, il nous ramène à la vie, celle qui vaut la peine d’être vécue.

Le clown permet d’aller en profondeur sur la connaissance de soi, oser vivre sa vulnérabilité, se dépasser, être soi tout simplement, ne pas avoir peur d’aller au-delà des limites tout en respectant celui qui est devant moi ; il embellit et joue de tout pour de vrai, pour en rire. Je suis invité à regarder dans le rétro et je garde trace d’un sursaut créatif, sursaut de résurrection, sursaut de « cap ». Il ne se laisse pas anéantir, il nous comble de joie et d’espérance. Il aide à gérer ses émotions, ses frustrations… de même en jouer certains jours dans le quotidien.

Le clown rassemble toute la condition humaine. Il est chacun d’entre nous. Il rejoint l’homme même dans la souffrance, dans toute sa misère… comme le Christ au cours de sa passion. Il y a une similitude entre la figure du Christ et celle du clown. Passer du clown au Christ, c’est une expérience magnifique.

Comment se passe une retraite clown ?

La journée commence par la prière des heures avec les laudes, un temps d’une heure d’enseignement, un temps de méditation/d’oraison personnelle avec un support en silence, le temps de l’eucharistie, le repas en silence, et de 14h à 18h un temps d’ateliers clownesques, la prière des vêpres-adoration, le repas en silence et une veillée spirituelle avec relecture. Oui vraiment une retraite, mais un peu particulière, je suis d’accord, mais cela est très original et me plaît.

A vrai dire, l’année dernière, j’avais déjà vécu la même retraite mais 7 jours… et en sortant de cette retraite je me suis dis intérieurement lors du retour en train : « c’est bien la première fois que je vis une retraite où j’ai vraiment vécu quelque chose de si fort en moi et je repars avec une joie dans le cœur ».

Dans mon métier de la petite enfance, j’espère que ce clown en moi me permettra de le mettre en place auprès des enfants que je rencontrerai ; pourquoi pas être formé « clown hôpital » pour aller servir la joie auprès des enfants dans certains service d’hôpitaux qui ont besoin de rire, de se détendre, jusqu’à oublier leur maladie, de leur donner beaucoup de joie.

Pourquoi moi ?

Je suis sûr que le Seigneur, à travers aussi les mains de la Vierge Marie m’attendait au virage à travers cette expérience du clown pour retrouver la Joie en moi et la servir en vérité. Le clown me permet d’aller en profondeur sur la connaissance de soi, de me libérer de mes peurs et de mes échecs ; d’accepter et de vivre aussi ma vulnérabilité et ma fragilité ; retrouver cette liberté en moi comme un sursaut de la passion à la résurrection ! et aussi accueillir l’imprévu comme un cadeau ! Cette expérience me permet aussi de faire de belles rencontres de personnes qui ont l’audace d’aller au-delà de leur apriori, de vivre une belle fraternité dans la joie de vivre et de rire .

Alors à quand une retraite « clown Fille de la Charité » sur notre province ?

Oser l’aventure, cela en vaut la peine car l’humour est la rencontre de l’humilité vers l’amour !

Sœur Julie (communauté de Lyon )

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