Au beau pays de GEX, situé entre le Jura et la Suisse, se trouve CONFORT.

En 1180, des moines cisterciens construisent une petite chapelle sur la place de Confort, petit hameau dépendant de LANCRANS. C’est une halte pour le repas au retour de leur tournée missionnaire. Au bord de la grande route, se trouve une solide maison où habitent les époux Rendu, mariés en 1785.

Le 8 septembre 1786, Jeanne Marie RENDU naît au hameau de CONFORT sur la Paroisse de LANCRANS. Elle grandit sous la Terreur. A la Révolution, Madame RENDU met sa maison à disposition des réfugiés, particulièrement des prêtres réfractaires dont l’Evêque d’ANNECY. En 1794, Jeanne Marie fait sa Première Communion dans une cave. En 1802, à 16 ans, elle entre chez les Filles de la Charité à PARIS. Elle a son placement à la Maison de la rue du Faubourg Saint Marceau, transférée rue de l’Epée de Bois, où elle reste toute sa vie. Nommée Sœur servante en 1815, son bureau est un lieu où riches et pauvres ont accès.

 

En 1845, Sœur Rosalie RENDU reçoit une jeune Sœur du Séminaire, Marie de COSTALIN. Celle-ci est témoin de tout le bien qui se fait en cette maison. Elle décide de mettre l’héritage de sa tante, la Duchesse de Duras, à la disposition de sa Sœur servante pour l’emploi qu’elle juge bon d’en faire. Sœur Rosalie lui répond :

« Si vous voulez me faire plaisir, faites donc à Confort une petite maison de charité de deux ou trois sœurs pour y recevoir quelques vieillards, car ils sont pauvres et bien malheureux ». Sœur Rosalie n’oublie pas son pays natal.

En 1846, Sœur Marie est envoyée à la Maison Mère au service de la Pharmacie. Sœur Rosalie RENDU meurt le 7 février 1856 ; sa tombe est au Cimetière Montparnasse à PARIS. Cette même année, Sœur Marie a un nouveau placement au Val-de-Grâce à PARIS. Elle parle du souhait de Sœur Rosalie à la Sœur servante, qui transmet à la Supérieure générale le désir de Sœur Rosalie.

En 1858, Confort est une commune rurale à dominante forestière de l’Ain créée d’une scission d’avec LANCRANS. La maison natale de Sœur Rosalie est achetée ainsi que plusieurs maisons avoisinantes, en vue de créer un hospice. La chambre, où est née Sœur Rosalie le 9 septembre 1786, est transformée en petit oratoire.

Extrait du Traité du 4 avril 1860 entre Sœur COSTALIN et la Compagnie des Filles de la Charité :

 

La fondation est inaugurée en 1860. Trois Sœurs arrivent pour ouvrir un hospice, une école, un orphelinat :

               Sœur Catherine BOUISSON, 15 ans de vocation

               Sœur Anne MONNOT, sortant du Séminaire

               Sœur Marie-Henriette JACQUET, 9 ans de vocation

               C’est du haut du ciel que Sœur Rosalie, voit la belle réception des Sœurs !

En 1860, au bâtiment principal s’ajoute deux ailes : à gauche pour l’Hospice des vieillards et à droite l’Orphelinat et l’Asile qui reçoit le patronage du village. D’autres Sœurs arrivent pour assurer les nouveaux services. Puis, un établissement comprenant externat et pensionnat sort de terre, confié aux Frères des Ecoles Chrétiennes pour l’enseignement des garçons.

Une aumônerie est bâtie et sera transformée ultérieurement en Villa Saint Vincent pour recevoir, en été, une colonie de vacances. Tout est achevé en 1875 ; ce beau travail s’est effectué en quinze ans.

En 1876, l’Orphelinat compte 45 filles et l’Hospice deux salles de vieillards. L’exploitation d’une ferme permet à tous les résidents de cette époque d’être nourris et de pourvoir aux besoins de la maison.

Lorsque le voyageur arrive à Confort, il se trouve en présence de cet Etablissement où de joyeux enfants prennent leurs ébats, et de cet hospice au parc bien dessiné, aux larges allées et aux beaux ombrages, où des malades et des vieillards peuvent goûter encore les joies de la vie. Il ne peut s’empêcher d’éprouver une impression de calme, de paix et de bonheur.

L’Aumônerie de l’Hôtel-Dieu de Confort dépend de l’Evêché de BELLEY. Un Règlement du 27 février 1880 précise le rôle de l’Aumônier et des Frères de l’Ecole en lien avec la Paroisse.

L’Aumônier est chargé des célébrations et offices, des catéchismes. Monsieur le Curé de Confort, Monsieur l’Aumônier et la Supérieure s’accordent à juger ce qui est le plus utile pour les enfants de l’Etablissement. Les orphelins les plus âgés pouvaient participer aux diverses activités paroissiales avec les autres enfants.

L’Ecole des Frères est un Etablissement paroissial sous la Direction de Monsieur le Curé. L’aumônier donne des leçons de latin aux élèves qui se destinent à l’état ecclésiastique.

Un Arrêté de la Préfecture du 9 juillet 1904 entraîne la fermeture de l’Ecole des Frères des Ecoles chrétiennes :

 

Le 2 août 1890, un jeune homme, François Vion-Dury, atteint de cécité depuis plus de sept ans est guéri. En reconnaissance, est érigée dans le parc, une grotte de Lourdes. Chaque année, au jour anniversaire de cette guérison « inexpliquée », le Saint Sacrement est exposé. La Vierge Immaculée a voulu donner à l’Hôtel-Dieu une marque de sa bonté.

Le 12 Février 1928, la chapelle de la maison est achevée et dédiée à la Médaille Miraculeuse. La petite chapelle du centre du village a été sacrifiée à l’alignement de la route nationale. La statue de « Notre Dame du Réconfort », prend place dans le nouvel Hospice.

L’orphelinat est fermé en 1951. L’Hôtel-Dieu devient Maison de Retraite.

Au cours des années, l’Etablissement évolue, se transforme, s’agrandit, se modernise.

En mai 1984, une plaque est dédiée à Sœur Rosalie sur la place du village ; elle est dévoilée par la Visitatrice.

Le 9 novembre 2003, Sœur Rosalie est béatifiée par le Pape Jean Paul II à Rome.

La Communauté des Filles de la Charité de CONFORT est fermée en 2004.

La Maison de Retraite, EHPAD Sœur Rosalie, est gérée par une Association.

 

Sœur Annie GESRET, Archiviste Provinciale

 

 

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