Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul

Province Belgique-France-Suisse

Ils sont bien différents les uns des autres les jeunes que je côtoie, des élèves des 5ème-3ème de Beauvais aux jeunes catéchumènes, des détenus en prison, des jeunes, des enfants, des adultes de l’association Rosalie et de la colo vécue en juillet avec 45 enfants aux « regardantes » de la vie des Filles de la Charité…

Et pourtant ils ont bien des points de ressemblance.

Qu’en dire ?

Je suis émerveillée de voir à quel point ils sont sensibles aux témoignages de ceux qui vivent la proximité avec les exclus de notre société, ou des adultes qui croient en eux.

Beaucoup de jeunes aspirent à un monde de fraternité, de justice, de paix et de bonheur ; ils regardent alors l’avenir avec espoir.

 

 

 

 

S’ils sont capables du pire (drogue…), ils sont aussi capables d’espérance, mais à condition que nous les laissions être acteurs. Accompagnons-les, qu’ils deviennent « prophètes » dans le monde associatif comme dans l’Eglise.

Ils nous regardent, ne trouvent pas de cohérence entre nos «dire» et nos « faire » qui ne sont donc pas témoignage pour eux, me semble-t-il.

Sommes-nous audacieux pour aujourd’hui ?

Avec les 5ème, les 3ème … je m’éloigne de « leur livre »et je pars de leur vie… çà roule… çà vit.

Le jeune, je le rencontre sur le trottoir, dans la rue, le bus, derrière les barreaux, en équipe… il a soif d’affection et d’estime ; je m’y investis.

Une pastorale d’évangélisation en 2018 est à inventer. Le Pape François invite les Filles de la Charité à créer du neuf comme l’a fait St Vincent. J’ose et j’ « avance en eau profonde ». Le jeune de la ZUP de me dire « mon bonheur serait de réussir ». Leur vie aujourd’hui se déroule hors des murs et de la famille. Le mot « foi » ne veut plus rien dire pour eux, je m’interroge : le mot « confiance » résonne… alors « est-ce que je fais confiance » ?

Ce mot, je suis convaincue recouvre une réalité dont je suis convaincue et, en même temps, il me fait peur… j’écoute celui qui « tue », celui qui comme Samuel dit « me voici » et les jeunes qui viennent frapper chez les Filles de la Charité.

 

 

Ecouter, accompagner tous les jeunes c’est un Cadeau de Dieu ; que ce soit le tueur ou les regardantes (au nombre de 5 actuellement). Il me faut les écouter et les regarder avec des « lunettes roses », leur vécu est une longue histoire, ce n’est pas la mienne, mais elles m’apprennent à voir que le monde est sans cesse en mouvement avec ses valeurs ; que la création est audacieuse : regardons les femmes dans l’Evangile, cette audace quand elles racontent la Résurrection de Jésus ; les Apôtres disent qu’elles radotent. Cette audace demande du temps, de la patience et du courage, « OSONS » dit le document inter-assemblée.

Ma foi n’est pas un leurre, elle est une dynamique intérieure et extérieure.

Croire en l’autre, j’en suis convaincue quand j’accompagne un détenu, un jeune, une regardante ; je dois croire en eux, ils peuvent faire bouger le monde ; je dois espérer avec eux et les aimer tels qu’ils sont.

En un mot : avoir « confiance » et avancer.

Je dois faire confiance et prendre du temps pour écouter celui qui vient à ma rencontre. Me convertir à l’aujourd’hui dans ce milieu des jeunes où la Compagnie m’envoie. Etre dérangée et persévérer dans ma mission, dans ma prière et celle de la communauté locale.

 

Sœur Simone REIX
C’est avec grande joie que nous avons vécu ce Symposium de la Famille Vincentienne à Rome, un temps de grâce que le Seigneur nous a accordés dans des rencontres avec d’autres Vincentiens, des temps de prière intenses avec la Relique du Cœur de St Vincent et le Pape François.

Cet événement nous a permis d’approfondir une connaissance mutuelle : Filles de la Charité de la Province avec d’autres membres de la Famille Vincentienne laïcs du monde entier grâce à des temps de partages spontanés dans les rues de Rome.

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Nous avons vécu et apprécié les conférences animées par :

  • le Père Bernard Massarini  avec le thème : « J’étais étranger et tu m’as accueilli  »
  • Mme Yasmine Cajuste sur le thème « La formation et la communication vincentienne en vue de la mobilisation à l’âge de l’information »
  • Sœur Françoise Petit sur le thème « Vers quel avenir »

Les conférences ont été suivies par des partages en groupes avec différents pays (France, Liban, Allemagne, Côte d’ivoire, Pologne….), ce qui fut très intéressant.

Une après-midi « multi-couleurs Famille Vincentienne » avec le supérieur Général :

Une joie particulière lors d’une après-midi pour certaines d’entre nous. Nous sommes partis vers les périphéries de Rome pour rejoindre tous les Jeunes consacrés de la Famille Vincentienne. Le Père Tomaz nous a invités à vivre un temps joyeux autour de la culture de l’appel. Un dynamisme contagieux nous a fait danser, chanter, jouer avec l’aide de deux jeunes animateurs motivés ; ce fut un temps où nous avons pu faire de belles rencontres avec des Filles de la Charité du séminaire de Pologne, une postulante Filles de la Charité d’Italie, de jeunes laïcs des conférences (SSVP) du Liban , d’Espagne, d’Afrique…

Plusieurs témoignages de divers membres de la famille Vincentienne nous ont interpellés sur le sens de notre propre vocation, comment nous la vivons dans le monde actuel traversé par des tumultes, des tempêtes, des violences et un grand manque d’espérance.

Après ce fut le temps de la rencontre avec le Père Tomaz, qui nous a partagé son propre chemin vocationnel, puis donné des éclairages sur le sens du service dans la Famille Vincentienne, et sur la culture de l’appel : Comment s’y prendre devant des jeunes qui se posent mille questions sur le sens de leur vie ? Comment vivre notre charisme là où nous vivons, comment donner le goût du service du plus petit ?

Puis ce fut l’action de grâce avec l’eucharistie présidée par le Père Tomaz. Nous avons été invités à rejoindre les prêtres à la fin pour recevoir par l’imposition des mains un envoi en mission. Un moment riche en émotion intérieurement, qui a redonné force et joie pour repartir dans nos missions respectives.  Nous avons encore eu la joie de lui parler 5 minutes pour une photo de famille.

Puis le moment tant attendu par chacune, l’audience sur la Place St Pierre avec le Pape François:

3 mots à retenir qu’il nous a transmis : Adorer, Accueillir, Aller.

Nous étions juste à côté de Lui, nous avons pu le voir de si près, ce qui a réjoui le cœur de chacune  Le moment le plus fort fut le temps où il s’est arrêté devant la Relique du cœur pour prier… fort en émotion !

A la fin, une chance et une grâce, celle de rencontrer Sœur Kathleen Apper. Avec elle nous avons échangé quelques mots et une photo de famille en compagnie de Sœur Françoise Petit.

Merci de nous avoir permis de vivre ce pèlerinage à Rome ! Expérience inoubliable de l’internationalité de la Famille Vincentienne et sentiment renforcé de notre appartenance à la Compagnie.