Un jour, Mademoiselle rencontre Monsieur Vincent. Il s’agit d’établir un programme de visite des communautés de filles dispersées un peu partout.

Mademoiselle lui suggère d’aller dans la bonne ville de LYON…

Il s’y trouve une communauté de 6 filles des champs, chacune assurant,

en plein centre-ville, une mission particulière au service des

pauvres. Vincent hésite, puis, ayant interrogé DIEU, se décide.

Nous sommes début janvier. Louise lui exprime son désir : qu’il fasse une petite conférence sur la fête de l’Epiphanie, toute proche. Et voici Vincent, prenant le coche et priant Dieu de Lui inspirer ce qu’il aura à dire. Il lui vient à l’esprit cette conviction qu’il se doit de partager : « Votre vocation, c’est donc d’aller, non en une paroisse, ni seulement un évêché, mais par toute la terre, et quoi faire ? Embraser le cœur des hommes, faire ce que le Fils de Dieu a fait, Lui qui est venu mettre le feu au monde, afin de l’enflammer de son amour »

Après de longues heures sans fin, le voici enfin à Lyon. Là, il découvre que Jeannine est officière de la province Belgique-France-Suisse, que Marie-Bernadette s’emploie à l’accueil et aux mille sollicitations d’une grande maison, sans oublier sa présence aux SDF, son engagement auprès des Dames de la Charité (il paraît qu’on les nomme, maintenant, « Equipières St Vincent ») et sa participation au pèlerinage diocésain, chaque année, à Lourdes. Inès vit un beau service d’Eglise en assumant la responsabilité des aumôneries de tout le diocèse tandis que Monique répond à un appel de l’officialité.
Marie-Catherine rencontre enfants et jeunes démunis, auxquels elle s’emploie à apprendre à lire, à trouver confiance et courage pour franchir les obstacles de la vie. Elle rencontre aussi des sans-papiers à qui elle tâche d’apprendre le Français, visant une meilleure intégration. La plus jeune, Laurice, travaille au service des personnes ayant perdu l’esprit. On les appelle maintenant les « Alzheimer ». Et Vincent constate que « l’amour est inventif » et il se redit : « Aimons Dieu, mais que ce soit aux dépens de nos bras et à la sueur de nos visages ».

Après avoir rassemblé la petite communauté, Monsieur Vincent s’adresse aux Sœurs, convaincu que « Dieu est toujours au milieu de nous quand nous sommes assemblés pour sa gloire ».

« Or sus, mes filles, je dois vous parler, aujourd’hui, d’une chose très importante. » Vous savez que l’Eglise nous proposera bientôt, le dimanche 5 de ce mois de janvier, la grande fête de l’Epiphanie.

Or sus, mes filles, sachez bien qu’il ne s’agit pas là de la fête des trois Rois mages, ni uniquement de la célèbre galette.

Epiphanie, mes filles, c’est un mot qui veut dire : « manifestation » : c’est Dieu, Lui-même qui, à travers cette fête, se manifeste, se montre à tous, souhaiterait tellement que chacun puisse Le reconnaître… et vivre de son amour. Et comment peut-Il y parvenir ? C’est avec l’aide de tous les chrétiens, donc de chacun, chacune de nous : « notre vocation est de montrer la Bonté de Dieu à tous », particulièrement aux plus démunis. « Vous savez que les choses de Dieu se font d’elles-mêmes, mais non pas toutes seules ». Cela est vrai, mes filles, aussi vrai que nous sommes ici, à Lyon, en ce moment. Dieu soit béni !

Je vous le redis : cette grande fête de l’Epiphanie a une portée universelle. Tous les peuples sont invités à se mettre en marche vers la lumière de Dieu, cette lumière qui donne un sens à nos vies. C’est alors que nous pourrons voir l’Etoile et nous réjouir d’une très grande joie !

Et Vincent porte ses filles à de hautes considérations, toujours à travers des mots simples ; ainsi leur rappelle-t-il que « Dieu est une source inépuisable de sagesse, de lumière et d’amour. C’est en Lui que nous devons puiser… Il faut le consulter pour apprendre son langage, Il fera alors son œuvre et nous ne gâterons rien ».

Et c’est ainsi que Vincent fait la découverte de ces mille façons différentes de servir le Christ en la personne des pauvres de Lyon et cela le réjouit profondément. Il y a tant de détresses ! Beaucoup sont cachées… Encore faut-il entraîner beaucoup de monde à les détecter et tâcher de lutter de toutes ses forces contre la misère, humblement et toujours respectueusement.

Et Monsieur Vincent de conclure : « Travaillez donc à vous perfectionner en servant les Pauvres » et faites-le toujours avec d’autres.

Mais sonne l’heure de repartir visiter une autre petite communauté. Vincent exprime ses derniers sentiments : « Lyon, je crois que je t’aime tellement que je suis bien capable de te laisser mon cœur » !

Communauté des FDLC de Lyon
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