En 1433, le Duc de RASSAC, sans descendant, lègue son Hôtel particulier à la Ville d’Avignon, pour en faire un Hôpital.

En 1910, les Religieuses de St Joseph, n’ayant plus de recrutement, demandent à se retirer. Après de nombreuses démarches, le Président de la Commission administrative de l’Hôpital obtient du Conseil Municipal de faire les dépenses nécessaires afin d’aménager les locaux pour une Communauté de Filles de la Charité. Il en fait la demande auprès du Père FIAT et de Mère MAUCHE, Supérieurs de la Compagnie des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul, pour envoyer des Sœurs à AVIGNON. Les 15 premières Sœurs arrivent le 30 Décembre 1910. Le nombre de vingt-huit Sœurs, établi dans le contrat, est atteint quelques mois après. Sœur REMISE, nommée Sœur servante, assure le bon fonctionnement de l’Hôpital grâce à ses qualités de gestionnaire et à la régularité de la Communauté. Au bout de quelques mois, la Croix-Rouge désire une Sœur pour la Direction de ses consultations ; une Fille de la Charité est nommée pour cette mission.

En 1912, une effroyable épidémie de fièvre typhoïde causée par l’impureté de la Durance, éclate en juillet et août. Mille deux cents cas sont signalés dans la Ville. L’Hôpital reçoit quatre cents malades civils et militaires.

Durant la Guerre de 1914, l’Hôpital accueille mille deux cents malades et blessés, sur place et dans les deux ambulances à sa charge. Chacune des six ambulances de la Ville est confiée à la direction d’une Sœur. En 1918, Sœur BIZEMONT est nommée Directrice du service d’Hygiène (tuberculeux) pour les consultations.

En 1914, quelques jeunes filles viennent régulièrement voir les Sœurs et forment un embryon de Patronage, lequel est toujours croissant. Une dame généreuse achète, pour cette œuvre, l’ancien couvent des Dames du Sacré-Cœur. Cette œuvre est confiée, jusqu’en 1923, à Sœur LEROY qui est ensuite nommée Sœur servante à PEN BRON. Un Patronage de petites filles durera une vingtaine d’années dans la Paroisse des Carmes, sous la conduite de Sœur Emilienne.

Dans la Paroisse Saint Agricol, les Religieuses ont dû quitter les Ecoles et Pensionnats en 1904. Une dame charitable achète l’immeuble et les Dames continuent de s’occuper des enfants, des pauvres et des malades. Pendant quelques années, une Sœur fait deux fois par jour le trajet de l’Hôpital à la rue Grande Fusterie, ce qui est très pénible surtout l’hiver.

En 1920, les Sœurs sont autorisées à ouvrir une maison : la Maison Saint Vincent. Les œuvres commencées péniblement, se développent peu à peu et deviennent florissantes. A la demande de la Commission Administrative, l’Ecole est reconnue par un Arrêté du 10 octobre 1923 pour la préparation au Diplôme d’Etat d’Infirmières Hospitalières qui vient d’être créé et rendu obligatoire pour exercer la profession.

Sœur REMISE est agréée comme Directrice. En novembre 1925, après deux années d’études, elle présente neuf candidates à Montpellier, dont quatre Sœurs. Elles sont toutes reçues avec de très bonnes notes. En novembre 1926, trois autres candidates ont le même bon résultat. Un nouvel Arrêté du 19 mai 1926, autorise l’Ecole à préparer les élèves aux examens donnant droit au titre d’Infirmière Visiteuse pour l’Enfance et la Tuberculose. Trois « Hospitalières » et trois « Visiteuses » obtiennent un succès complet aux examens en novembre 1927.

En 1927, après la mort de Sœur REMISE, Sœur BIZEMONT, son Assistante, la remplace comme Supérieure et Directrice de l’Ecole. Sur ses instances et celles du Vice-Président de la Commission Administrative, une Monitrice est demandée aux Supérieurs. Elle est envoyée de PARIS pour s’occuper des élèves. L’internat n’existant pas, il faut très vite l’organiser dans un bâtiment attenant à l’hôpital, au-dessus de la Communauté. A la rentrée de 1927, l’Ecole compte quinze élèves dont trois « Visiteuses d’Hygiène Sociale ». Un Arrêté du 8 septembre 1938, modifie l’appellation de « Visiteuse d’Hygiène Sociale » par « Assistante Sociale ». En octobre 1955, elles sont quarante « Hospitalières » et treize « Assistantes Sociales ».

En 1930, après le départ de Sœur BIZEMONT, la Commission Administrative a toujours désigné les Supérieures qui se sont succédées, pour diriger l’Ecole. Le nombre des élèves augmentant, une seule Monitrice ne suffit pas. En 1942, faute de Sœur, une laïque vient la seconder ; elle est chargée de la préparation des élèves « Assistantes Sociales ». Puis deux Sœurs sont monitrices des « Hospitalières » pour la formation théorique et pratique, l’une est chargée de la 1ère année, et l’autre de la 2ème année. Le nombre des succès égale le nombre des candidates.

La Communauté se retire en 1966…

 

AVIGNON – Maison SAINT VINCENT DE PAUL

8 rue Grande Fusterie et rue Saint Charles

 

En 1922, le 1er janvier, trois Filles de la Charité arrivent venant de l’Hôpital Sainte Marthe. Elles s’installent dans les locaux de l’ancien Hôtel de Tertulle. Sœur Agnès est la Sœur servante de la petite Communauté. A la demande du Clergé de Saint Agricol, les sœurs ouvrent une Crèche et un Centre d’œuvres paroissiales.

Au fil des ans, elles fondent un Foyer pour « Jeunes travailleuses », puis un Dispensaire pour assurer aux « pauvres » les soins médicaux, jusqu’en 1980. Un autre service est créé : « La goutte de lait ». Grâce aux biberons stérilisés et préparés à l’avance, les mamans nécessiteuses peuvent venir chercher chaque jour ce qu’il leur faut pour leurs nourrissons.

Avec l’imagination « constructive » des Sœurs, le vieil Hôtel de Tertulle se transforme peu à peu en Maison d’Enfants et d’adolescents.

En 1940, c’est l’ouverture d’un Jardin d’Enfants. Le nombre d’enfants augmente de plus en plus car à cette époque de nombreuses mamans travaillent hors de leur foyer. Pour les soulager, il s’avère nécessaire d’accueillir les enfants de 3 à 6 ans et de leur donner une éducation adaptée à leur âge. Les enfants qui fréquentent cette classe sont d’origine très modeste ce qui prouve le bien-fondé de cette entreprise.

Mais pour chaque nouvelle œuvre, il faut s’ingénier à trouver des locaux.

Après les tout-petits, il est demandé aux Sœurs de prendre la Direction de l’Ecole de l’Oratoire, rue Saint Charles. Il faut encore des ouvrières (une Sœur), et la chose se fait ; ainsi les enfants sont accueillis jusqu’à 14 ans. Il faut donner à ces adolescentes une formation qui les prépare à leur future tâche de maîtresse de maison. La Maison Saint Vincent de Paul devient un Etablissement Scolaire pour filles.

En 1942-1943, le rajeunissement de certains locaux et l’aménagement du 2ème étage favorisent l’installation d’une Ecole technique avec les Sections « Industrie de l’Habillement » et « Enseignement Ménager ».

L’augmentation très sensible du nombre d’élèves fait éclater le cadre paroissial. Il faut songer à un internat. Providentiellement les moyens sont trouvés : l’Ecole des Abeilles est née.

Au cours de la seconde guerre mondiale, les Sœurs travaillent en grande collaboration avec le Secours national. La Maison Saint Vincent est aussi un lieu de distribution de produits américains, en particulier des boîtes de lait ; Les sœurs servent également tous les jours des repas aux Pauvres.

Dès le début, en plus des œuvres de la Paroisse Saint Agricol, une Sœur est demandée pour s’occuper des enfants et des malades de la Paroisse Saint Pierre.

En 1960, c’est la fermeture de l’Ecole libre de l’Oratoire, par manque d’élèves en raison du dépeuplement du quartier ; celui-ci étant voué à un plan de rénovation.

En 1961, à la demande des employeurs locaux, une Section « Commerciale » est ouverte. L’Ecole devient Collège d’Enseignement Technique (C.E.T.).

En 1965, le « Contrat Simple » est signé avec l’Etat ; et en 1966, la Carte scolaire se met en place sur AVIGNON.

En 1969, s’adaptant aux exigences du temps et à l’évolution scolaire, les Sœurs ferment la « Crèche » et, quelques mois plus tard, le « Jardin d’Enfants ». Au C.E.T. s’adjoint une Section mixte de B.E.P.

En 1970, le « Contrat d’Association » est passé avec l’Etat. Si en 1940 le vieil Hôtel de Tertulle pose des problèmes d’aménagements, il en pose encore plus à cette époque car l’effectif est de 300 élèves dont 20 garçons et 40 pensionnaires.

En 1979, le C.E.T. « Les Abeilles » devient « Lycée Professionnel Saint Vincent de Paul ».

Et l’évolution continue… 1990, ouverture d’un Baccalauréat Professionnel Bureautique ; 1991, création d’un Centre de Formation Continue. En 1993, la Directrice est laïque ; le Lycée compte alors plus de 600 élèves.

En 2021, la Communauté se retire… 

 

Réalisé par le Services des Archives de la Province Belgique-France-Suisse en octobre 2021

 

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