Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul

Province Belgique-France-Suisse

En 1855, les Filles de la Charité arrivèrent à THESSALONIQUE, ville du Nord de la Grèce, qui était encore sous l’Empire Ottoman et ce, jusqu’en 1912. Elles furent logées dans une vieille maison en bois, en mauvaise état. On raconte que les jours de grandes pluies les Sœurs devaient avoir leurs parapluies ouverts dans leur lit pour ne pas être mouillées. Et cependant, ce fut cette modeste habitation qui devait servir de « berceau » à toutes les maisons et œuvres des Filles de la Charité de THESSALONIQUE. Les Sœurs étaient au nombre de quatre ; elles avaient ouvert 2 classes. Dès l’ouverture, elles avaient une quarantaine d’élèves, des grecques orthodoxes surtout, car alors les catholiques n’étaient pas nombreux à THESSALONIQUE.

En 1856, les Sœurs ouvrirent un Dispensaire mais bientôt elles ne purent suffire car c’était trois ou quatre cents personnes qui s’y présentaient tous les jours. Aussi, la Compagnie des Filles de la Charité leur envoya bientôt deux autres Sœurs. Le 8 septembre, l’Association des Enfants de Marie fut fondée ; elle fut très florissante.


Soeurs et enfants de Marie

En 1857, elles commencèrent les visites des pauvres et des malades à domicile ainsi que les visites dans les prisons.

En 1858 elles ouvrirent un Hôpital et voici comment : un jour parmi les malades il s’en trouva un, dont l’état était tellement grave, qu’on ne pouvait le renvoyer. Il fut logé dans une chambrette pour le soigner. D’autres cas semblables suivirent : l’Hôpital était fondé. Mais la maison de l’Hôpital se trouvait trop vieille et avec les années il devint impossible de continuer de la sorte.

En 1861, les Sœurs avaient commencé un Orphelinat avec des jeunes filles bulgares. Il y en avait alors une trentaine lorsqu’en 1893. Les Sœurs cédèrent leur maison pour en faire l’Hôpital. Les orphelines partirent en dehors de la ville, dans une maison de la campagne de CALAMARI qui avait été donnée aux Sœurs par Mgr BONETTI.

Les premières années les orphelines et trois sœurs affectées à cette œuvre furent logées provisoirement dans le petit local qui se trouvait dans ladite campagne, mais il fallut vite pourvoir à leur construire une maison convenable et adaptée à l’œuvre.

 

 

 

 

En 1872, les Sœurs rentrèrent dans une maison vaste et spacieuse construite sur la rue du quartier Fragon grâce au secours du Gouvernement français. Cette maison put contenir toutes les œuvres dont s’occupaient alors les Sœurs à l’exception de l’Hôpital qui resta dans une maisonnette en bois contiguë.

En 1893 il fallait absolument construire un nouvel Hôpital car le mouvement occasionné par les nouvelles lignes du chemin de fer amenait beaucoup de malades.  Il y avait un manque de médecins et la vétusté de l’Hôpital était vraiment déplorables. Cela nécessitait une nouvelle construction. Mais où trouver des fonds ? Après réflexion les Sœurs cédèrent la vaste maison qui leur avait été construite en 1872 et se réfugièrent dans la maison où se trouvait l’Hôpital.

En 1894, on ajouta à l’Orphelinat une Ecole externe, on bâtit aussi une grande chapelle qui sert de succursale à la Paroisse de THESSALONIQUE.

Ancienne école

Le 20 octobre 1898, une grêle épouvantable et une pluie torrentielle qui dura 24 heures, cassa toutes les tuiles et les poutres de la toiture. Cette dernière étant pourrie, le toit s’effondra. Les Sœurs durent partir en hâte et la maison fut abattue, n’étant pas en état d’être réparée : depuis lors elles furent logées fort précairement et d’une manière provisoire en attendant le moment de la Providence.

 En 1898, la maison de CALAMARI fut détachée de celle de THESSALONIQUE car l’administration devenait trop lourde pour une seule Supérieure. A cette époque, les œuvres des Filles de la Charité à THESSALONIQUE sont : l’Hôpital – les classes -le Dispensaire – la visite des pauvres à domicile et aux prisonniers – la Crèche – les Associations des Dames de Charité et les Jeunes Economes.

LES CLASSES

L’école tenue par les Sœurs à THESSALONIQUE se développa de plus en plus, il fallut construire un local en dehors de la maison qu’habitaient les Sœurs. Mgr BONETTI leur ayant cédé une maison avec de vastes cours, c’est là que furent construites en 1885 les classes, avec une belle salle d’Asile, ce qui permit de commencer cette œuvre qui n’existait pas encore. L’Asile accueillait une centaine d’enfant.  

Le total des classes, Asile compris, étaient de 280 élèves (230 catholiques, 30 israélites et 20 orthodoxes).

LE DISPENSAIRE

Depuis sa fondation, le Dispensaire était très fréquenté, 200 à 250 personnes venaient pour y recevoir des soins ou des médicaments. Les Sœurs arrachaient des dents, faisaient des pansements et des lavages d’oreilles… Les soldats turcs aimaient venir s’y faire soigner. Durant la guerre gréco-turque, la journée n’était pas assez longue pour recevoir tous les soldats qui venaient même de très loin se faire soigner. Ils avaient envers les Sœurs un très grand respect et une grande confiance. Voici un billet écrit par un soldat turc : « mademoiselle chirurgienne, au nom de la charité ayez pitié ! Envoyez un peu de poudre d’iodoforme. Salutations empressées depuis la prison de la citadelle de Salonique. Un soldat » (l’iodoforme est un antiseptique).

VISITE AUX PAUVRES

C’était avec joie que les Sœurs étaient accueillies partout où elles se présentaient. Ces visites étaient faites avec une grande assiduité. Elles étaient appelées de tous côtés, les mères accourraient avec les enfants dans les bras. Les portes des Hôpitaux turcs et des prisons leur étaient toujours ouvertes lorsqu’il s’y trouvait quelques catholiques. On venait toujours prévenir les Sœurs surtout si les malades étaient en danger de mort, les turcs laissaient entière liberté aux missionnaires Lazaristes, en collaboration avec les Sœurs, pour aller administrer les sacrements. Chaque année au Temps Pascal, elles allaient à la prison turque préparer les prisonniers catholiques qui pouvaient s’y rencontrer. Le nombre de visites aux pauvres catholiques dans les années 1890 étaient en moyenne de 2000 par an, et de 3500 orthodoxes.

LA CRECHE

C’est à THESSALONIQUE, à la porte des Sœurs, que sont recueillis les enfants trouvés avant d’être admis à la crèche des Sœurs de Charité de Zetenlik (aujourd’hui, Stavroupolis). Au moment où ils sortaient de nourrice, les Sœurs étaient chargées de leur assurer un avenir.

LES DAMES DE CHARITE

C’est le 17 mars 1867 que l’Association des Dames de Charité a été établie à THESSALONIQUE. Chaque année les Dames organisaient une fête au profit de pauvres. Une Assemblée générale avait également lieu où l’on présentait le compte rendu des recettes et des dépenses de l’œuvre. Grâce à cette Association, en 1895 fut ouvert un Asile pour les pauvres vieillards et les veuves sur un terrain mis à disposition par les Pères Lazaristes.

En 1911 l’Asile, répartis en 8 petites maisonnettes, comptait 38 personnes.

L’ŒUVRE DES JEUNES ECONOMES

Cette Association, qui rivalisait de dévouement avec les Dames de la Charité, avait pour but de procurer des vêtements et des chaussures aux petites filles pauvres des classes.

Fin 1927, toutes ces œuvres fonctionnaient parfaitement bien et servaient une grande foule de pauvres, preuve manifeste de la bénédiction de Dieu pour les œuvres de Saint Vincent de Paul.

 

ZOOM SUR L’HOPITAL SAINT PAUL

Très tôt, l’Hôpital fonctionna dans les meilleures conditions hygiéniques : un médecin, un chirurgien y furent attachés. Toutefois, les malades étaient libres de choisir parmi les autres médecins de la ville. Les différentes Compagnies du Chemin de Fer, la Compagnie de Construction du Port, les différentes Agences de la Ville y firent soigner leurs malades. Les catholiques pauvres de différentes nationalités y étaient reçus gratuitement. Dès les premières années, 250 à 300 malades passaient annuellement à l’Hôpital.

Peu avant la Seconde Guerre Mondiale, le bâtiment subit une heureuse restauration qui en fit un Hôpital moderne. Il était composé de 3 étages, comprenant 45 pièces avec toutes les installations électriques, sanitaires, chauffage, salle d’opérations, radioscopie.

Lors du bombardement du 1er novembre 1940, les malades furent dispersés et l’Hôpital fermé pendant 1 mois et demi. Pour plus de sécurité, il fut alors transféré dans les locaux de l’Orphelinat des Sœurs de CALAMARI et a fonctionné ainsi jusqu’en 1945. Le bâtiment Saint Paul a été réquisitionné par l’armée grecque et transformé en Hôpital militaire, jusqu’à l’arrivée des Allemands en avril 1941. Ceux-ci occupent alors toutes les salles jusqu’au 21 septembre 1944. Ce jour-là, en effet, lors d’un bombardement aérien, des bombes incendiaires tombèrent sur la toiture ; les trois étages partirent en fumée faute de moyen d’extinction.

Le 31 octobre 1944, les Allemands partaient, et le 1er novembre les Sœurs reprenaient possession des lieux.

A partir de 1946, grâce aux dons envoyés par la Divine Providence, avec l’aide de l’Ambassadrice de France à Athènes (Madame de Vaux Saint Cyr), du Consul Général (Monsieur Paul Forion), les travaux de reconstruction de l’Hôpital pouvaient commencer. En novembre 1949, le rez-de-chaussée est de nouveau aménagé. Puis dans les mois suivants, le fonctionnement redevint normal. De nouveaux travaux furent effectués en 1956.

En 1976 un important tremblement de terre endommagea de façon importante le bâtiment. En 1983, les Sœurs cédaient gratuitement l’Hôpital à la Sécurité Sociale avec l’obligation de garder le personnel soignant. Les Sœurs quittaient alors les services, mais une communauté de 3 Soeurs restait sur place afin d’assurer une présence auprès des malades. En 1995, la dernière Fille de la Charité partait définitivement de l’Hôpital.

Sœur Anna, pour le Service des Archives de la Province Belgique France Suisse

J’ai eu le plaisir que l’on me demande de vous partager ce que je vis auprès d’un groupe de jeunes à Roubaix près de Lille. 

Avant de commencer je voudrais juste vous dire que d’autres Filles de la Charité vivent la même chose partout dans le monde. Je suis ravie de penser à elles et de me faire l’écho de leurs voix en couchant ces quelques lignes. 

En effet l’année prochaine du 1er au 6 août se tiennent les Journées Mondiales de la Jeunesse. A l’appel du Pape François les jeunes du monde entier se retrouveront à Lisbonne au Portugal. 

J’accompagne une aumônerie étudiante. Nous nous retrouvons toutes les semaines le jeudi soir. Nous avons un temps spirituel puis nous partageons le repas. C’est dans ce cadre que 7 d’entre eux (Camille, Heuliate, Aike, Kevin, Raphael, Alfred et Patrice Emmanuel) ont pris les JMJ comme projet pour cette année. 

C’est véritablement une année de préparation qui comprend la collecte de fonds. Pour chaque jeune qui part, c’est 1 000 euros à trouver. Nous faisons toutes les semaines de succulents gâteaux qui rendent heureux des palais gourmands, bienveillants et généreux. 

Cette année est également une occasion de se poser la question de ce que l’on veut vivre spirituellement. Notre diocèse propose de partir 1 semaine plus tôt afin d’aller à la rencontre de nombreux intervenants qui répondront aux questions que se posent les jeunes sous forme d’ateliers, de temps de prières, de partages…

L’objectif est clairement la rencontre de l’Autre et de l’autre. Comment il vit sa foi, comment elle s’inculture dans sa vie avec une culture et des pratiques différentes ? Comment il rayonne ? Quelles sont ses difficultés ? 

Le thème de ces journées est « Marie se leva et partit en hâte ». En tant que Fille de la Charité ce thème m’a tellement parlé. Je me suis sentie provoquée à me lever pour les accompagner. Cela m’a semblé une évidence. Je sais, pour avoir fait celles de Pologne, que c’est une expérience fondatrice dans la vie d’un jeune. C’est unique pour eux. Être témoin de cela est un beau cadeau. 

Nous sommes loin du jour du départ. Mais nous avons besoin de vous dès aujourd’hui. Chaque groupe a besoin de votre prière dès aujourd’hui. Ce que les jeunes feront de ce temps qui leur est proposé se prépare aujourd’hui. 

Je prête ma voix à toutes mes sœurs porteuses du même projet. Accompagnez-nous par votre prière ! Partez à Lisbonne avec nous par la prière ! 

Regardez cette photo. Ils sont tellement beaux. Ils sont porteurs de germe de vie et d’espérance. 

Nous vous déposerons à Fatima ! 

Merci pour eux !

Sœur Marie Elisabeth 
Fille de la Charité

Cette année, au Lycée Saint Vincent de Paul à Nîmes, la fête de Saint Vincent de Paul a pris un éclat particulier. Sous l’impulsion de Monsieur SOULAS Jean-Marc, ancien Président de la Société Saint Vincent de Paul à Nîmes, toutes les branches de la famille vincentienne qui oeuvrent sur la ville, se sont rassemblées à cette occasion dans l’enceinte du lycée.

 C’est ainsi que des représentants : des Equipes Saint Vincent, des Lazaristes, des Filles de la Charité, de la Société Saint Vincent de Paul, du Pain Partagé ce sont retrouvés pour fêter ensemble, sur trois jours, leur Saint Patron.

   Déjà le 26 Septembre dans la journée, des panneaux illustrant les activités des diverses branches ont été installés dans le patio du lycée afin de sensibiliser les élèves.

    Le 27 Septembre, à 10h, rassemblement dans la cour de tous les élèves, des enseignants, du personnel de l’administration, de la restauration, de l’entretien, auxquels s’est ajouté l’aumônier du lycée, nouvellement nommé (remplaçant le Père Nino absent pour des raisons familiales), accompagné de ses deux confrères avec qui il constitue l’équipe d’une paroisse récemment organisée dans le secteur.

    Du haut d’une des passerelles de la cour, Monsieur Loquet, Directeur de l’établissement, a pris la parole pour expliquer la raison de ce rassemblement. En rappelant le nom du Lycée, Monsieur Loquet a campé en quelques phrases qui était Saint Vincent, faisant ressortir les valeurs qui l’animaient et qui sont celles que le projet de l’établissement a repris et qui servent de guide aux enseignants.

Son intervention a introduit la lecture d’une page de l’Evangile assurée par le nouvel aumônier. Afin de montrer combien ces paroles de Mth 25 mobilisent toujours les chrétiens, après chaque évocation d’un service, le Père s’arrêtait et un bénévole de la famille Vincentienne, se détachant du groupe, montrait  une affiche en clamant fort ce qui y était inscrit. Exemple à: «  j’avais faim et vous m’avez donné à manger » la représentante du Pain partagé proclamait : « je suis bénévole au Pain Partagé ».

     La lecture finie, l’aumônier a insisté sur l’importance pour tout chrétien de traduire sa foi dans une attitude d’ouverture à l’autre par un engagement dans un service et le 28 septembre étant sur le plan national la journée de la langue, il en a rappelé l’importance pour les échanges mais aussi le bien et les torts qui peuvent lui être attribués. Avec ses confrères ils ont béni l’assemblée et ont invités les volontaires à se rendre à la chapelle pour l’Eucharistie.

La chapelle, bien remplie, a favorisé un climat de recueillement. Elèves et enseignants ont assurés les lectures, l’APS et un enseignant ont animés les chants. Les textes étaient ceux de la fête de saint Vincent, à l’homélie le Père a repris la nécessité pour tous de vivre concrètement sa foi en étant au service des autres. Il les a invités à ouvrir leur vie, à faire des choix, à être cohérents. Un silence plein de vie a empli la chapelle durant toute la cérémonie. A la sortie chaque élève est reparti avec une fleur.

Pour le repas, les élèves ont repris leurs habitudes, et les bénévoles qui étaient libres, avec les prêtres, ont pris le repas de la cantine ensemble dans le jardin du lycée. Ce bref partage a donné envie d’une suite. 

    Le 29 septembre à partir de 8h nous reprenons nos animations. C’est le jour des témoignages.

     Les bénévoles, en binôme, sont invités à rencontrer tous les élèves de seconde. Pour quoi eux ? C’est leur première année dans l’établissement, pour qu’ils adhérent plus consciemment aux valeurs qui sous tend le projet pédagogique il est important qu’ils soient au clair avec l’esprit qui anime leur équipe enseignante. Pendant environ 75 minutes nous exposons aux élèves qui nous sommes, quel est notre engagement, les valeurs que nous portons, et le lien avec notre présence pour cette journée. Non seulement nous avons tous reçus un bon accueil, mais nous avons été impressionnés par la qualité de leur écoute et une très grande simplicité dans leurs questions : Pourquoi ? Comment? Difficultés à durer ? 

     Et nous, nous leur avons posé la question : pourquoi avez-vous choisi cet établissement ? Bien sûr il ya eu les réponses classiques : Ce sont mes parents.., il y avait la section que je voulais… mais surtout la qualité d’accompagnement des élèves par les professeurs. Là nous pouvions reparler que le projet pédagogique du lycée était basé sur les valeurs qu’avait vécu et enseigné Saint Vincent. Si leurs prédécesseurs avaient su les maintenir, à eux maintenant de prendre la relève.

      La journée du 30 septembre était consacré à l’Art. Comment matérialiser les fruits de ces journées ?

Deux ateliers animés par des équipes vincentiennes au cours de l’année, ont été proposées aux élèves. Ils devaient s’inscrire, les capacités d’accueil étant limités à 50 personnes par atelier d’une heure.

  Un atelier : Peinture de santons.

Les figurines étaient très variées et les talents ont pu s’exprimer. Ceux qui le voulaient ont pu repartir avec leur œuvre

   Un atelier : Ecriture sur céramique.

Le texte écrit devait être un engagement, et ils repartaient avec.

                                         

Quelle suite ?

   Au cours des ateliers plusieurs ont exprimé le désir de s’engager pour un service. 

   Tout a été repris au bilan de ces journées.

   Unanimement nous avons tous ressenti la nécessité de donner une suite rapide et concrète. Voici ce qui est retenu :

  • Organiser une permanence commune à toutes les branches de la famille vincentienne où les élèves pourront s’informer et choisir une activité.
  • Un goûter de Noël pour les enfants des bénéficiaires de toutes les branches de la famille vincentienne actives sur Nîmes.
  • Après midi récréative pour les enfants hospitalisés.
  • Opération « sourire » auprés des personnes en EPHAD.
  • Afficher à la permanence la liste des projets Rosalie
  • Faire « revivre «  la chapelle par des « expos », des conférences, une chorale,…..

                  

 Souhaitant à tous ces projets : éclosion et longue vie.

La communauté de Nîmes

Peinture faite par Roger personne vivant dans la rue

Lorsqu’un clochard sans espoir, toujours dans l’espace foncé, se trouve dans le besoin biologique : le manger, l’abri, le froid, l’exclusion.

Saint Vincent de Paul avec sa lumière le protège des ténèbres.

Enfin un instant d’espoir dans son abandon, l’abandon toujours. 

Ce clochard trouve dans son regard un peu de compassion, un peu plus d’espoir et d’allégresse, de paix, dans la lumière de Saint Vincent de Paul.

Un cordon bleu céleste, ce ciel bleu de printemps comme dans la Normandie, mais aussi ses yeux. 

Ce clochard sans domicile fixe existe à Paris, il a été rejeté de la soupe populaire dans le 6ième.

Rejeté de la soupe à cause de son odeur, ses haillons.

Pas accueilli pour manger assis, on lui donne une gamelle à emporter. Il se trouve dans une solitude, l’isolement, exclusion absolue.

Il essaye de manger sa compote avec la main, il accroche un sac et son pain, il mange sur le trottoir et marche en même temps, il est seul au monde.

Saint Vincent lui donne l’espoir de s’en sortir, d’être aimé ; son regard le fait avancer, il a quelqu’un près de lui.

Roger

Dans la paroisse des PÉRICHAUX, ce Saint Vincent nous a réunis le 27 septembre c’est la première année que toute la famille vincentienne était rassemblée.

Une célébration dans la chapelle de la communauté avec les personnes en précarité de Depaul et les femmes de l’équipe St Vincent, « un temps de paroles autour de St Vincent ». 

Sœur CLARA nous a présenté des étapes de la vie de st Vincent et son message pour chacun de nous aujourd‘hui en imageant son intervention avec deux oiseaux.  

« Le colibri, ce n’est pas avec des gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu » et le colibri de répondre : « je le sais mais je fais ma part. »

« Le coq qui a les pieds dans le fumier mais commence sa journée en chantant.

Le Père GASPARD, lazariste fait un commentaire à partir de l’Evangile du Bon Samaritain et chaque participant apporte sa pierre dans le partage.

Le chant « St Vincent Toi l’ami, des pauvres et des petits » a resonné dans cette chapelle tout au long de la célébration et resonné pendant le repas préparé par Depaul.

Le soir nous avons retrouvé les conférences de St Vincent, équipes St Vincent, Depaul, les Filles de la Charité pour l’Eucharistie paroissiale. Nous avons fini la soirée par le partage d’un repas dans une salle de la paroisse.

La lettre du père Tomaz nous invite à mobiliser toutes nos forces et tous nos talents pour faire de cette fête un témoignage familial.

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Repas chez Depaul

Communauté de Paris – les Périchaux

Fribourg est la capitale du canton du même nom. Elle se trouve dans la partie ouest de la Suisse. Située dans la vieille ville médiévale, qui surplombe la Sarine. La Sarine coupe le Canton de Fribourg en deux.

Au 18ème siècle, les plus aisés de la ville habitaient au Bourg et à la Grand-Rue, tandis que les plus défavorisés s’installèrent en Basse-Ville, notamment à la Neuveville.

Situation de Neuveville dans Fribourg

En 1841, une dame française, originaire de Franche-Comté, Adélaïde DE LA POYPE, réfugiée à Fribourg pendant la Révolution française, achète une maison dans la rue de la Neuveville aux Pères Rédemptoristes.

Fribourg la Providence

Elle remet cette maison à Mgr YENNY, Evêque de « Lausanne et Genève », pour y accueillir des petites filles pauvres et des malades. Mgr YENNY et Adélaïde de la POYPE demandent qu’elle soit confiée aux Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul. Mais la Compagnie des Filles de la Charité n’accède pas à leur désir par manque de Soeurs disponibles. Ce sont donc les « Sœurs de Ste Jeanne Antide Thouret » de la Roche-sur-Foron (Haute Savoie) qui en assurent le service. Elles y restent jusqu’à la Révolution de 1848, époque où un décret d’expulsion les atteint ainsi que d’autres Ordres religieux. La Maison de la Providence est fermée. En juillet 1850, une Directrice laïque prend la responsabilité de l’Etablissement avec des « maîtresses séculières ». Le nom « Providence » devient « Asile ».

Mgr MARILLEY, nouvel Evêque, craignant que le Gouvernement soit à nouveau défavorable aux Sœurs de la Roche, réitère la demande et obtient trois Filles de la Charité, détachées de la Maison de Charité de Genève.

Le 21 novembre 1858, trois Filles de la Charité arrivent à l’orphelinat, baptisé « Maison de La Providence », rue de la Neuveville.  Elles apportent pour tout bien une petite statue de la Sainte Vierge. Elles lui donnent la place d’honneur et lui confient l’avenir.  A cette époque, FRIBOURG compte 9 000 habitants. Leurs robes bleues et leurs cornettes blanches attirent l’attention.

En janvier 1859, deux autres Sœurs les rejoignent. La Comtesse de la POYE leur remet une rente de quatre mille francs à la condition que cela soit utilisé pour les enfants et pour les œuvres de la charité.

Sœur Marie-Louise THIERY, fut la première Sœur servante. Elles sont appelées « Sœurs de la Providence ». Les débuts sont un chemin de croix. Sœur Marie-Louise supporte, avec une patience inaltérable, des méchancetés et des calomnies. Mais sa confiance est récompensée :

               « Petit à petit, en raison de leur dévouement, du bien qu’elles accomplissent, des misères qu’elles soulagent, la mentalité change, les témoignages de sympathie se multiplient, de solides liens d’amitié se nouent avec des gens de toutes conditions ».

Cours des orphelines

L’orphelinat se développe grâce aux agrandissements successifs et aux bienfaiteurs. Il accueille 7 petites filles, puis 12, puis 30, puis 40, jusqu’à 80 en 1870. Leurs parents sont décédés, ou en incapacité de les élever.

               « Bientôt, l’Etablissement jouit d’une telle réputation que des Suisses allemands y placent leurs filles en vue d’y apprendre le français ».

Comme beaucoup ne paient rien ou presque rien, et, que les revenus de la Fondation se montent à quatre mille francs, c’est une lourde charge pour la Maison de la Providence.

Les enfants vont en classe en Ville. Puis sur la demande des parents, les Sœurs ouvrent une école primaire avec l’accord du gouvernement, en 1861.

En 1867, c’est l’ouverture de classes secondaires et une Ecole Normale avec Internat, appelée « Œuvre des Elèves Institutrices ». Les Ecoles Secondaires et Normales fermeront en 1975.

Les demandes de services augmentent toujours…

Au cours de visites médicales à domicile, Sœur THIERY rencontre beaucoup de petits enfants sans surveillance. Elle ouvre un asile (garderie d’enfants) en face du bâtiment de la Providence grâce au produit d’une souscription. 

Soeur et enfants

Les parents du quartier manifestent leur reconnaissance aux Soeurs. Bientôt affluent les enfants d’autres quartiers car, à cette époque, aucune école enfantine n’existe à Fribourg. Mais tout augmente, sauf les ressources. Plus que jamais, il faut compter sur la Divine Providence. Celle-ci se manifeste plus d’une fois en des occasions touchantes.

Après les classes primaires, bien des jeunes filles perdent leur temps au lieu de s’adonner au travail. Cette constatation amène Sœur THIERY, à ouvrir en 1860, un Ouvroir externe avec le concours charitable de dames.

Les Sœurs apprennent à ces jeunes filles des travaux de lingerie. Vingt à trente jeunes filles suivent les cours. Une fois formées, celles-ci travaillent à la pièce et sont rétribuées.

En 1859, les filles internes qui le souhaitent s’engagent sur le modèle de la Vierge Marie à servir les pauvres et les marginalisés, à l’exemple de Saint Vincent de Paul au 17ème siècle. 

En 1862, Sœur THIERY fonde l’Association des Enfants de Marie (1). Des jeunes filles externes prennent un engagement chrétien sur le modèle de la Vierge Marie.

Procession dans les rues

En 1866, Sœur THIERY quitte FRIBOURG ; elle est remplacée par Sœur GAUDEFROY.

En 1864, les Sœurs ouvrent un atelier de tressages de la paille.

Dès 1867, les Sœurs visitent les prisonniers. Elles servent aussi la soupe populaire et le pain.

Puis, les Communes du district de la Sarine préconisent une étroite collaboration avec l’Evêché et les Sœurs, afin de créer un Hospice.

En 1869, Mgr MARILLEY achète l’immeuble où se trouvent déjà les Classes, l’Asile et l’Ouvroir, en vue de l’ouverture d’un Hospice : « Hospice du district de la Sarine » (2-3).

               « On y admettra des malades et des blessés des deux sexes, des aveugles, d’autres infirmes, des      incurables, à l’exception des aliénés. Des malades y seront soignés gratuitement. »

Lors de la guerre en 1870, à l’entrée de l’armée de l’Est en Suisse, deux Sœurs sont réquisitionnées pour soigner les pauvres soldats français dans le lazaret (4) établi aux Neigles (proche de Fribourg).

En 1871, suite à la guerre franco-allemande, 179 militaires sont établis à la Maison de la Providence.

En 1886, le « Bureau de placement et de la Protection de la jeune fille » s’installe à La Maison de la Providence.

La Maison de la Providence a une succursale dans le quartier de Beauregard où les mamans rencontrent une aide précieuse à la crèche et à l’école enfantine.

En 1888, une pharmacie s’installe à la Maison de la Providence, contrôlée par un médecin.

Sr et jeunes filles

En 1898, Sœur KAMOSKA, Sœur servante, ouvre le Patronage Sainte Agnès. Ce groupe de jeunes filles de 13 à 20 ans, organise des séances récréatives. Elles y reçoivent des causeries instructives et une solide formation religieuse de Sœur KAMOSKA, qui les intéresse aussi à la cuisine et à la préparation de leur trousseau, les initie à leur futur rôle de mère de famille. Dans le même temps, les Filles de la Charité établissent un Patronage aussi pour les fillettes de 7 à 13 ans.

En 1901, les statistiques indiquent 28 797 journées de malades à l’Hôpital.  

En 1903, de l’Ouvroir est sorti une grande école de blanchisseuses, tailleuses, lingères et cuisinières. 

En 1904, commence l’œuvre des « Soupes scolaires ». Chaque hiver, à la sortie des classes, près d’une centaine d’élèves des écoles primaires reçoivent gratuitement de la soupe et du pain à discrétion.

Dispensaire

En 1906, ouverture d’un Dispensaire pour répondre aux nombreux besoins de la population de la Basse-Ville. Les blessés et les accidentés y reçoivent les premiers soins et y reviennent aussi longtemps qu’il le faut pour le changement des pansements.

En 1908, un Atelier de Confection Professionnel est ouvert ; il remplace l’Ouvroir externe.

Salle de confection

En 1911, l’ouverture du Patronage Saint Louis rassemble chaque dimanche 100 à 120 garçons pour entretenir des liens d’amitié.

En 1930, les Soeurs forment des brodeuses, de stoppeuses et des repasseuses.

               Pendant les deux dernières Guerres, des centaines d’enfants réfugiés ont pu trouver un lit sous le vieux toit hospitalier, en attendant le placement dans les familles.

En 1945, après la transformation des locaux, 110 lits pour personnes âgées et malades sont mis à disposition à la Providence.

En 1960, les Filles de la Charité de la Maison de la Providence commémorent le troisième centenaire de la mort de leurs Fondateurs, Saint Vincent de Paul et Sainte Louise de Marillac, et plus d’un siècle d’activité sur les bords de la Sarine.

Durant les années 1960, divers aménagements sont réalisés pour favoriser les soins aux personnes malades, handicapées, hommes et femmes. Sous l’impulsion de la Fondation La Poype et d’une direction laïque, la Maison de la Providence, dans ses murs anciens, s’adapte sans cesse et devient dès 1980, « un Home médicalisé » moderne et fonctionnel (EMS).  Une Communauté de Filles de la Charité y reste présente et collabore avec le service d’aumônerie.

Les œuvres de la Maison de la Providence sont le fruit de l’attention des Sœurs aux diverses pauvretés qu’elles ont rencontrées ; de leur confiance inébranlable en la divine Providence et de la générosité des Fribourgeois (quêtes à domicile, kermesses…). Les « bienfaiteurs » ont été les « collaborateurs » précieux de leur service des pauvres.   

Service des archives de la Province Belgique France Suisse

  • Association des Enfants de Marie : fondée après les apparitions de la Vierge à Sainte Catherine Labouré en 1830 à Paris.
  • District de la Sarine : un des sept districts du canton de Fribourg en Suisse. Son chef-lieu est Fribourg.
  • La Sarine est une rivière de Suisse qui traverse longitudinalement le canton de Fribourg. 
  • Lazaret : lieu où sont isolés les sujets suspects de contact avec des malades contagieux.

En ce jour où l’Eglise fête l’Assomption de la Vierge Marie, un jour si important pour la France, ancienne fête nationale en raison du Vœu de Louis XIII de consacrer son Royaume à Marie en 1638.  Avec beaucoup de joie, nous vous présentons deux événements marquants de la vie de Saint Vincent de Paul qu’il a vécu dans son pays natal des Landes. Ces événements nous montrent son amour, sa dévotion envers la Vierge Marie.

Enfance

La tradition nous raconte qu’enfant, Vincent a déposé dans le creux du vieux chêne (qui avait déjà 400 ans puisqu’il a environ 800 ans aujourd’hui) une statue de la Vierge Marie. C’est un signe d’un attachement à Marie dès son plus jeune âge. Nous pouvons imaginer le petit Vincent passant avec son troupeau, saluant cette Mère du Ciel. Aujourd’hui, quand des groupes de visiteurs ou de pèlerins viennent, nous leur proposons de s’arrêter devant le chêne et de confier à Marie leurs intentions de prière. Nous chantons un chant à Marie ou nous récitons un « Je vous salue Marie ». Lors de la visite de la Chapelle, des médailles miraculeuses leur sont proposées au pied de la statue de Marie. Cette médaille annoncée par la Vierge Marie à Sainte Catherine Labouré la veille de la fête de Saint Vincent (19 juillet à l’époque) est reçue avec beaucoup de foi par les pèlerins et visiteurs.

A l’âge adulte

Ranquines

Vincent est venu à Ranquines, sa maison natale pour la dernière fois en 1623. Une statue de la Vierge avait été découverte à Buglose par un berger en 1620. Saint Vincent va donc se rendre en pèlerinage à la Chapelle des Miracles (lieu où l’on a retrouvé la statue). Le pèlerinage à Buglose se poursuit encore aujourd’hui en particulier lors de la semaine mariale début septembre où tout le diocèse d’Aire et Dax se réunit pour prier chaque année (fête patronale le 8 septembre). Dans le parc de Buglose à proximité de la Chapelle des Miracles une plaque évoque le pèlerinage de Saint Vincent, ainsi qu’une statue de Vincent fleurie régulièrement par des pèlerins.

Notre-Dame de Buglose

A travers ces deux événements simples de la vie de Saint Vincent nous pouvons toucher un peu du doigt sa dévotion mariale qui sera visible durant toute sa vie. Cela est pour nous un encouragement à avoir recours à elle et à nous laisser accompagner par elle au quotidien. Avec les mots de Saint Vincent, confions-nous à la Vierge Marie : « Je prie Notre Seigneur qu’il vous bénisse et vous remplisse de son esprit, afin que désormais vous viviez de ce même esprit, humbles comme lui et obéissantes. Ainsi, mes chères sœurs, vous vivrez de sa vie. O Sauveur je vous demande cela, qu’elles ne vivent plus que de votre vie par l’imitation de vos vertus. Mes filles, pour obtenir cette grâce recourons à la Mère de miséricorde, la Sainte Vierge votre grande patronne. Dites-lui : « Puisque c’est sous l’étendard de votre protection que la Compagnie de la Charité est établie, si autrefois nous vous avons appelée notre Mère, nous vous supplions maintenant d’agréer l’offrande que nous vous faisons de cette Compagnie en général et de chacune en particulier. Et parce que vous nous permettez de vous appeler notre Mère et que vous êtes la Mère de miséricorde, du canal de laquelle procède toute miséricorde, qui avez obtenu de Dieu, comme il est à croire, l’établissement de cette Compagnie, ayez agréable de la prendre sous votre protection. » Mes sœurs, mettons-nous sous sa conduite, promettons de nous donner à son Fils et à elle sans réserve, afin qu’elle soit la guide de la Compagnie en général et de chacune en particulier. »

« O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. »

L’humour c’est la rencontre entre l’humilité et l’amour

Le 13 juillet après le boulot à la crèche, une nouvelle expérience/ aventure m’attendait pour une durée de 4 jours : une retraite « Clown et Foi avec le thème : Servir la Joie d’autrui à la manière de Marie ».

Le clown ? oui une retraite Clown, cela peut vous poser question et c’est légitime !

Et si le clown était aussi une figure du chrétien ? Saint Paul, dans la seconde épître aux Corinthiens (2 Co 4, 7-9), paraît en effet décrire la vie du chrétien comme un numéro de clown dans son costume trop grand : « Mais ce trésor, dit-il, nous le portons comme dans des vases d’argile […] nous sommes dans la détresse, mais sans être angoissés ; nous sommes déconcertés, mais non désemparés ; nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés, mais non pas anéantis. »

Que veut dire vivre/ expérimenter le clown en soi ?

Vivre le « ICI et MAINTENANT » !

Le clown transcende l’échec et le transforme en exploit : celui de dire ses limites, son incapacité, ses maladresses, sa honte, son désarroi, son désespoir même… il avoue tellement bien ce que nous cherchons tellement à dissimuler ( aux yeux des autres ou de nous-même ?). Sa philosophie, née d’une immense naïveté et d’un optimisme à toute épreuve, le conduit, à son insu, à nous attendrir, nous émouvoir, nous faire rire tellement il ose, lui… Là où l’humain déprime, le clown s’acharne avec une telle force incongrue, qu’il nous fait dévier de notre trajectoire en nous apportant le rire : un rire franc, sans ironie, ni sarcasme, qui nous va droit au cœur. Parce qu’il se raconte, avec cette authenticité qui n’appartient qu’à lui, il nous ramène à la vie, celle qui vaut la peine d’être vécue.

Le clown permet d’aller en profondeur sur la connaissance de soi, oser vivre sa vulnérabilité, se dépasser, être soi tout simplement, ne pas avoir peur d’aller au-delà des limites tout en respectant celui qui est devant moi ; il embellit et joue de tout pour de vrai, pour en rire. Je suis invité à regarder dans le rétro et je garde trace d’un sursaut créatif, sursaut de résurrection, sursaut de « cap ». Il ne se laisse pas anéantir, il nous comble de joie et d’espérance. Il aide à gérer ses émotions, ses frustrations… de même en jouer certains jours dans le quotidien.

Le clown rassemble toute la condition humaine. Il est chacun d’entre nous. Il rejoint l’homme même dans la souffrance, dans toute sa misère… comme le Christ au cours de sa passion. Il y a une similitude entre la figure du Christ et celle du clown. Passer du clown au Christ, c’est une expérience magnifique.

Comment se passe une retraite clown ?

La journée commence par la prière des heures avec les laudes, un temps d’une heure d’enseignement, un temps de méditation/d’oraison personnelle avec un support en silence, le temps de l’eucharistie, le repas en silence, et de 14h à 18h un temps d’ateliers clownesques, la prière des vêpres-adoration, le repas en silence et une veillée spirituelle avec relecture. Oui vraiment une retraite, mais un peu particulière, je suis d’accord, mais cela est très original et me plaît.

A vrai dire, l’année dernière, j’avais déjà vécu la même retraite mais 7 jours… et en sortant de cette retraite je me suis dis intérieurement lors du retour en train : « c’est bien la première fois que je vis une retraite où j’ai vraiment vécu quelque chose de si fort en moi et je repars avec une joie dans le cœur ».

Dans mon métier de la petite enfance, j’espère que ce clown en moi me permettra de le mettre en place auprès des enfants que je rencontrerai ; pourquoi pas être formé « clown hôpital » pour aller servir la joie auprès des enfants dans certains service d’hôpitaux qui ont besoin de rire, de se détendre, jusqu’à oublier leur maladie, de leur donner beaucoup de joie.

Pourquoi moi ?

Je suis sûr que le Seigneur, à travers aussi les mains de la Vierge Marie m’attendait au virage à travers cette expérience du clown pour retrouver la Joie en moi et la servir en vérité. Le clown me permet d’aller en profondeur sur la connaissance de soi, de me libérer de mes peurs et de mes échecs ; d’accepter et de vivre aussi ma vulnérabilité et ma fragilité ; retrouver cette liberté en moi comme un sursaut de la passion à la résurrection ! et aussi accueillir l’imprévu comme un cadeau ! Cette expérience me permet aussi de faire de belles rencontres de personnes qui ont l’audace d’aller au-delà de leur apriori, de vivre une belle fraternité dans la joie de vivre et de rire .

Alors à quand une retraite « clown Fille de la Charité » sur notre province ?

Oser l’aventure, cela en vaut la peine car l’humour est la rencontre de l’humilité vers l’amour !

Sœur Julie (communauté de Lyon )

Du XVIIème au XIXème, beaucoup d’Hôpitaux font appel aux Filles de la Charité et à d’autres Congrégations hospitalières réputées plus sûres, disponibles et peu coûteuses pour gouverner un « Hôtel-Dieu » ou un « Hôpital Général ». De plus, la Règle et le charisme de la Congrégation des Sœurs de Saint Vincent de Paul, qui font un 4ème vœu « le service des pauvres » forgent un état d’esprit mis « au service des pauvres malades ». Durant cette période, elles étaient présentes dans un grand nombre de Diocèses.

Dans les hôpitaux, hospices et les Bureaux de Bienfaisance, des Filles de la Charité ont eu la mission de préparer les médicaments pour soigner les malades. Elles étaient chargées de confectionner des potions et mélanges guérisseurs ou préventifs dans des « apothicaireries », qui devinrent des « pharmacies » après la Révolution. Si l’office de la Sœur apothicaire est peu décrit dans le contrat entre les administrateurs des hôpitaux et les Supérieurs de la Congrégation, le poste qu’elle occupe est plus important qu’il n’y paraît.

  • Dès 1682, à l’Hôtel-Dieu d’ANGERS (Maine-et-Loire), une des vingt-cinq Filles de la Charité reçue la charge de l’apothicairerie.

Son rôle est « d’entretenir la pharmacie, de faire des huiles, des miels, des onguents, des sirops, des eaux, des emplâtres, des électuaires (1). Elle est chargée de la confection de poudres, de sucre de réglisse, d’infusions, d’onguents et de cataplasmes. Elle fait aussi la distribution des remèdes et la gestion de l’apothicairerie. Les produits sont d’origine végétale (herbes et fleurs) et animale.  Elle contribue ainsi à soulager les pauvres malades en préparant divers remèdes.

  • En parcourant les inventaires des archives de France de ces époques, nous découvrons des lieux où sont mentionnées des apothicaireries ou des pharmacies tenues par des Filles de la Charité :

Alise-Sainte-Reine – Angers – Auch – Bailleul – Beaune – Bayonne Saint Léon – Bazas – Beaumont de Lomagne – Castelnaudary – Chantilly – Châtillon-sur-Chalaronne – Compiègne – Drancy – La Beaume-d ’Hostun – La Gennevray – La Teppe – Le Tréport – Lodève – Lyon Saint Jean – Montpellier Miséricorde – Moutiers Saint Jean – Rouen –  Tournus – Saint-Denis – Saint-Germain-en-Laye – Saint-Macaire – Saint-Malo – Senlis – Thourotte – Ussel.

A Paris, les Communautés : des Invalides – de Notre Dame de Bercy (2), de Notre Dame de la Gare, de St Jean de Montmartre, de St Jacques du Haut Pas, de St Jacques St Christophe, de St Louis en L’Ile.

  • L’œuvre de la Communauté des Sœurs de MONTPELLIER (Hérault) au 1 rue de la Monnaie, à « La Miséricorde » et au « Bureau de Bienfaisance ».

« En 1715, installation d’un dispensaire et d’une « Apothicairerie ». L’ensemble est baptisé « La Miséricorde ». A la pharmacie sont préparés les médicaments distribués aux pauvres de la ville. On leur donne aussi du bouillon tous les matins et on fait les pansements. »

« Les lettres patentes donnée par le Roi en 1771 à Fontainebleau, consacrent l’existence légale de la Miséricorde et fixe son rôle : la visite et le soin des malades à domicile, la distribution de bouillons et de remèdes préparés dans l’apothicairerie de la maison… Le programme à exécuter est défini : bouillon, écoles et apothicairerie ».

A la Révolution, « le départ des Sœurs exciterait le plus grand mécontentement parmi le peuple ». L’Agent national, préposé pour recevoir le serment à la constitution civile du clergé, sentit la perte irréparable qu’allait faire la cité : alors, changeant hardiment la formule, il leur proposa de « promettre à Dieu de continuer à servir les pauvres comme par le passé »

En 1796 « Le Bureau de bienfaisance a ses médecins propres, ses chirurgiens, sa pharmacie dans laquelle sont gratuitement exécutées toutes les ordonnances prescrites par son service médical. Il utilise les services de vingt Sœurs de Saint Vincent de Paul qui visitent les indigents, gèrent la pharmacie et y préparent elles-mêmes tous remèdes… ».

Le développement de l’œuvre nécessite d’agrandir l’Apothicairerie qui se dote de pots de plus en plus raffinés, commandés d’abord à de simples potiers puis par la suite à des Maîtres Faïenciers qui les décorent de plus en plus artistiquement : les pots droits de forme cylindriques, les grandes cruches, les chevrettes, les petits pots, les pots blancs, les petits vases sur piédouche (3).

En 1839 « Les prescriptions de 7 médecins sont exécutées à la pharmacie, où les drogues sont toujours de première qualité et manipulées avec une rare propreté ; on y trouve les préparations les plus coûteuses… on exécute trente-six mille ordonnances. Quatre Sœurs desservent la pharmacie ; elles font aussi tous les jours, de dix à onze heures, les pansements que tout individu peut réclamer, en se présentant dans la salle chirurgicale. »

« Les produits pharmaceutiques sont enfermés dans des bocaux placés sur des étagères ouvertes qui garnissent les murs, en faïence blanche. Le nom des produits sont inscrits en manganèse ou en bleu dans un encadrement de traits, de rubans, de branches en bleu chatironné (4) très souvent de manganèse ».

En 1830, un article leur notifie : « Les sœurs de la charité, préposées aux pharmacies des hospices, ne peuvent débiter ou vendre des médicaments à des individus étrangers à l’hospice ».

  • A l’Hospice de SAINT-MACAIRE (Gironde)

Quelques habitants de la Ville, s’étant adressés aux Sœurs de la Charité de l’hospice, pour avoir des remèdes dont ils avaient besoin, ces remèdes leur furent vendus et le prix versé à la caisse de l’hospice. « Un pharmacien a cité en justice la Supérieure de l’hospice pour fait de vente au poids médicinal : sirop de violettes, sirop de pêche, farine de lin, pastilles et pommade verte ».

La décision du Ministère Publique est : « les Sœurs ont pu être induites en erreur par une circulaire du ministre de l’intérieur qui paraissait les autoriser à vendre certains remèdes connus sous le nom de magistraux (5) ; aucune peine ne saurait être prononcée contre la dame X » (la Supérieure).

Au sein de leur Congrégation, ces femmes ont assuré un service avec une compétence qui se transmettait tout naturellement de l’une à l’autre. Dans des registres et des petits carnets sont consignées les recettes de la Pharmacie auxquelles l’apothicaire nouvelle peut se référer, héritage de plusieurs siècles d’observations. Formées de façon empirique (6), elles acquièrent une solide expérience et une véritable autonomie par rapport au corps médical. Mais elles assumaient cette mission en lien avec les médecins qui faisaient les ordonnances. Les 4/5 des produits achetés sont d’origine végétale (herbes et fleurs).

Dans leur correspondance, Saint Vincent de Paul et Sainte Louise de Marillac, eux-mêmes, indiquent des remèdes à prendre pour se soigner :

  • l’hydropisie : « un demi-verre de jus de cerfeuil, avec autant de vin blanc, bien versé par un linge, pris à jeun, sans manger que deux heures après et boire qu’un demi setier (7) de boisson par repas… » (St Vincent – Coste I,519)
  • la gravelle (8) : «je vous envoie un mémoire concernant la manière de faire l’eau qu’on prend pour remède contre la gravelle, la façon d’en user et ses propriétés » (St Vincent – Coste VI, 601)
  • le rhume : « j’ai pris tous les soirs une espèce de sirop de julep (9) que notre frère Alexandre me donne. Quant à l’état de mon rhume, il est diminué de la moitié de la petite incommodité que j’en avais… » (St Vincent – Coste VI,136)
  • l’ulcère à la jambe : « Si vous le jugez à propos, essayez cette douce pommade, en frottant légèrement et par-dessus un linge mouillé en 2 doubles dans de l’eau tiède… » (Ste Louise à St Vincent – Coste V,465)

Les Filles de la Charité se seraient-elles pas les dignes héritières de leurs Fondateurs ? En envoyant des Sœurs pour soigner les soldats sur les champs de bataille, ils devaient leur donner de bons conseils pour soigner les blessures !

Vincent de Paul et Louise de Marillac ont voulu des « Filles de la Charité » au Service des pauvres partout où il y a des souffrances à soulager, des soins à donner. La Sœur qui, dans sa pharmacie, prépare ce qui va soulager le malade répond au charisme voulu par les Fondateurs.

Service des Archives de la Province Belgique France Suisse des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul

  1. Electuaires : médicament d’usage interne à consistance de pâte molle, constitué d’un mélange de poudres fines avec du sirop, du miel ou des résines liquides.
  2. La Communauté a pour nom celui de la Paroisse
  3. Piédouche : petit socle servant de piédestal.
  4. Chatironné : en céramique, une ornementation où les couleurs sont entourées d’un trait noir ou violet.
  5. Remèdes magistraux : médicaments composés sur le champ d’après l’ordonnance du médecin
  6. Demi setier : quart de litre de vin.
  7. Empirique : qui ne s’appuie que sur l’expérience, l’observation, non sur une théorie ou le raisonnement.
  8. Gravelle : petits corps granuleux semblables à du sable ou à du gravier.
  9. Sirop de julep : à base d’eau distillée, d’eau de fleur d’oranger, de sirop, de gomme arabique.

Nous ne voulons pas retracer ici la biographie de saint Justin de Jacobis mais nous arrêter sur quelques-uns de ses traits caractéristiques qui aujourd’hui peuvent nous motiver dans la Mission qui est la nôtre.

Saint Justin de Jacobis

Justin fait partie de notre mémoire aujourd’hui.

Sa vie est pour nous, Filles de la Charité un appel à franchir les étapes missionnaires qui sont les nôtres.

Quel merveilleux chemin d’Evangélisation, Justin a tracé pour nous ! Oui, sa vie tout entière nous ramène à une dynamique évangélique.


Il poursuit inlassablement ses efforts :

  • Abyssin avec les Abyssins, pour leur annoncer l’Evangile, il utilise les traditions et la culture de ce peuple, il en apprend la langue et vit avec eux. C’est un homme en avance sur son temps en ce qui concerne l’inculturation.

Pour nous, aujourd’hui, avançons-nous sur des chemins où l’on ne peut marcher sans risques ?

 L’Abyssinie, Al Habash, est une région de la

Corne de l’Afrique située aujourd’hui dans

 le Nord de l’Ethiopie, l’Est du Soudan et au

 Sud de l’Egypte.

  • Justin pratique déjà ce que l’on appelle aujourd’hui le dialogue œcuménique en travaillant au rapprochement avec l’église copte.

JC Fils de Dieu

Pour nous en 2022, dans la diversité des Eglises, l’amour vécu de l’Evangile reste toujours la grande question !

  •  A l’exemple de saint Vincent, Justin a grand soin de la formation des prêtres abyssins.

Que pour nous, ce souci pastoral soit un appel à rendre audible pour tous ceux et celles que nous rencontrons, notre Foi en la vie plus forte que la mort.

  • Il poursuit inlassablement ses rudes efforts d’évangélisation malgré la persécution de 1849 qui entraîne son expulsion au Soudan … Il revient en Abyssinie pour affermir ses frères dans le Foi.

Que saint Justin de Jacobis nous aide à réaliser ce projet de l’Evangile qui exige de nous, dépouillement, victoire sur la peur et courage devant l’avenir.

  • Arrêté, relaxé, ré-emprisonné, exilé, il connait la faim et la soif et meurt dans le désert à Eidale (Massawa) le 31 juillet 1860.

Les grandes étapes de sa vie

09.10.1800 naissance à San Fele (Potenza)

17.10.1818 entrée chez les Lazaristes

12.06.1824 Ordonné prêtre chez le Lazaristes

24.05.1839 envoi en Abyssinie

Il devient 1er Vicaire apostolique d’Abyssinie

31.07.1860 mort dans le désert

26.10.1975 canonisation de Justin  par Paul VI

Nous célébrons sa fête le 31 juillet

Pour celles que le pays de saint Justin de Jacobis, l’Ethiopie chrétienne, intéresse, nous joignons une petite vidéo de ce qui fut sa terre d’adoption

La communauté de Soupe sur Loing

Implantée en milieu rural dans le Nord de la Sarthe, notre petite communauté de trois sœurs se veut servante dans un village de 1200 habitants : agriculteurs, retraités, jeunes foyers avec enfants, animé par une vie associative florissante. Bonnes relations avec les habitants qui nous apprécient et qui pour certains nous gâtent des fruits de leur jardin ou nous aident pour certains travaux.

Le chant des coqs et des poules avec le meuglement des vaches, le bêlement des moutons et le chant des oiseaux égayent l’atmosphère, sans compter les odeurs champêtres qui parfument parfois notre environnement. Mais le chant des tracteurs, selon les saisons, nous rappelle aussi que nous sommes à la campagne.

Oui, nous sommes 3 sœurs à la mission diversifiée : les sépultures déjà, sur les 18 clochers de notre secteur pastoral ; mais actuellement, sur 5 clochers, avec notre curé ; les visites auprès des personnes seules ou âgées, pour partager leurs soucis et leur offrir un peu de détente autour de parties de scrabble ; les diverses réunions pastorales : la catéchèse, EAP, doyenné, le rosaire, le MCR, les équipes liturgiques, sans oublier le jardinage, la confection des repas et les travaux ménagers.

Nous rejoignons notre sainte Catherine née dans une ferme en milieu rural. Toute jeune, le décès de sa maman, lui fait choisir la Vierge Marie pour mère envers qui elle a une grande confiance et un amour tout filial. D’ailleurs ne veut-elle pas voir Marie réellement ? Elle nourrit ce grand désir et elle est exaucée en cette nuit du 18 juillet 1830 ! A genoux devant Marie, à la chapelle, elle peut mettre ses mains sur ses genoux ! Dialogue affectueux d’où il ressort que Catherine serait tourmentée, qu’elle aura mission de faire frapper une médaille, que des malheurs s’abattront sur la France, que de nombreuses grâces seront répandues sur les personnes lui demandant ce privilège, mais aussi, peine de Marie de voir les abus sur la régularité dans la Communauté, le relâchement et les mauvaises lectures ! Mais sa protection est assurée !

Ô MARIE CONCUE SANS PÉCHÉ, PRIEZ POUR NOUS

QUI AVONS RECOURS A VOUS !

La communauté de Souligné sous Ballon