(Bouches-du-Rhône) * 1856-1989
Extrait du fonds d’archives de la Province de MARSEILLE

Les Dames de la Charité, qui existent déjà à Aix-en-Provence avant la Révolution,
sont à l’origine de la Maison d’Aix-en-Provence.

 

En 1856, à la demande des Dames de la Charité, la Compagnie des Filles de la Charité envoie de Paris quatre Sœurs pour la visite des Pauvres. Elles sont alors logées 27 rue Venel dans la maison ayant autrefois appartenu au Comte Gaspard de Venel. Très vite, les Sœurs visitent les pauvres dans les cinq paroisses de la ville.

En 1861, à l’instigation des Dames de la Charité, les Sœurs ouvrent une Crèche pour « les petits enfants des ouvrières”, appelée “Crèche Saint Joseph ». Malgré l’existence de trois orphelinats de petites filles tenus par différentes Communautés, et sur les instances de personnes charitables, les Sœurs ouvrent la même année, leur maison à un petit groupe d’orphelines.

En 1864, commence la construction de la Chapelle et d’un Ouvroir où les Dames de la Charité viendront travailler pour les Pauvres qu’elles visitent. Un groupe de maisons attenant à la première est acheté rue Venel pour pouvoir accueillir les nombreuses orphelines.

En 1886, pour permettre aux orphelines de s’aérer, un terrain est acheté à la campagne, sur le quartier dit « Jas du Bouffan », route de Gallice, terrain tout proche de la propriété du peintre impressionniste Paul Cézanne jusqu’en 1899.

En 1920, dans le souci de présence aux pauvres du quartier, un petit immeuble est acquis au fond du jardin, qui permet d’ouvrir un dispensaire rue du Cancel, proche de la rue Venel.

En 1930, une ferme est construite au « Jas de Bouffan » et la maison est agrandie par des dortoirs qui permettent de recevoir les enfants pendant l’été (Colonie de Vacances).

En 1932, dans le jardin de la rue Venel, s’ouvre le Jardin d’Enfants, qui sera le complément de la Crèche. Dans les années qui suivent, les Sœurs sont appelées à ouvrir des patronages sur les cinq paroisses de la ville.

En 1942, une colonie située au Malzieu, en Lozère, commence à recevoir les enfants de la Cité.

Extrait d’un petit carnet manuscrit de la Communauté :
« En 1946, outre la visite des pauvres dans les cinq Paroisses de la Ville et le Dispensaire très fréquenté, il y a 45 orphelines, 30 bébés à la Crèche, 40 au Jardin d’Enfants, deux Patronages, en tout 180 fillettes et 25 Enfants de Marie. »

Un Père Lazariste s’adresse ainsi aux Sœurs :
« J’attire votre attention sur deux points que voici :
1° Il vous faut agir de concert avec les parents de vos enfants, non pas, bien entendu, pour perdre le temps en vains bavardages, mais pour inciter les parents à seconder vos efforts.
2° Quand vous agissez directement sur vos grandes, tâchez de provoquer chez elles l’amour plutôt que la crainte. Aucune faiblesse, vous en feriez des enfants gâtées. Aucune dureté non plus, vous en feriez des révoltées ou des hypocrites. La bonne méthode d’éducation spirituelle doit combiner dans un cœur vraiment maternel, la fermeté et la douceur ».

Et en 1956 :
« Que les patronages soient l’occasion pour chacune de former des responsables prises parmi les aînées du patronage : elles formeront des cadres précieux dans chacun des patronages. Et après la sortie des patronages, vous retrouverez dans la vie ces mêmes responsables : il vous sera facile de leur rappeler que leur devoir est de rester apôtres dans leur milieu professionnel ».

En 100 ans, cette communauté a connu quarante-deux Filles de la Charité.

En 1960, elles réfléchissent à une implantation plus importante à la Z.U.P. en projet de construction.

En 1965, les Sœurs d’Aix (et de Marseille) participent à l’animation et accompagnent les personnes âgées pendant des séjours à la « Sauvageonne », maison de vacances des Conférences Saint Vincent de Paul.

En 1968, une meilleure adaptation à l’évolution de notre temps a fait fermer l’Orphelinat, la Crèche et le Jardin d’Enfants.

En 1969, c’est la fermeture de l’Internat. Une Sœur arrive à la Communauté en poursuivant sa mission d’infirmière au Dispensaire minier de Saint-Savournin (à 20 km au Sud d’Aix).

En 1970, en septembre, dans un souci de proximité avec une population défavorisée, les Sœurs quittent la rue Venel et vont habiter dans un H.L.M. de la Z.U.P. « Odyssée ».

La Communauté est composée de sept Sœurs qui occupent deux unités H.L.M. contigües.

La maison de la rue du Venel est vendue mais la Communauté garde une petite maison située dans la rue du Cancel, où une Sœur continue à assurer les soins aux usagers du quartier.

Un Article de journal (non identifié) relate leur départ :
« Les Sœurs de Saint Vincent de Paul quittent la rue Venelles (1) pour la Z.U.P.
Les Sœurs de Saint Vincent de Paul quittent leur immeuble de la rue de Venelles où elles étaient installées depuis le milieu du siècle dernier. Elles vont aller à la Z.U.P. où elles ont loué deux H.L.M., en attendant le petit bâtiment qu’on doit leur construire.
En effet, auparavant, elles avaient un terrain dans ce qui allait devenir la Z.U.P. Elles l’avaient cédé à la Société d’Economie Mixte, chargée des constructions. En contrepartie on devait leur donner de quoi se loger.
La Ville a pris une option sur la rue de Venelles qui continue à abriter la Halte-Garderie municipale et depuis l’an dernier une annexe de l’Ecole Primaire de filles « Sainte-Marie ».
La vie moderne a des impératifs qu’il faut respecter, mais rue de Venelles on va regretter ces religieuses à qui nous souhaitons un bon séjour à la Z.U.P. »
(1) « Venel » a été écrit avec l’orthographe « Venelles » dans l’article de ce journal

Par la suite, trois Sœurs de la Z.U.P reviendront habiter dans le Centre-Ville rue du Cancel où se trouve le Centre de Soins.
Les services assurés par les quatre Sœurs restant à la Communauté de la Z.U.P. sont :

  •  1 Sœur fait les soins à domicile et au Centre de soins
  •  1 Sœur est catéchiste dans un Centre d’Education Spécialisée (C.E.S.)
  •  1 Sœur est catéchiste et s’occupe de l’Action Catholique des Enfants (A.C.E.)
  •  1 Sœur participe au groupe de Vie Montante et visite des personnes Agées

    Insérées dans différentes Associations caritatives, elles collaborent à la Pastorale avec les Prêtres du Secteur.


    En 1973, la Communauté de la Z.U.P. est fermée.


    Il restera une seule Communauté de Filles de la Charité à Aix-en-Provence : rue du Cancel.


    En 1976, une quatrième Sœur arrive rue du Cancel. Les activités des Sœurs sont : catéchisme en Paroisse et au Lycée, soins au Dispensaire minier de Saint-Savournin, visite des personnes âgées et animation de la Vie Montante, infirmière à domicile et au Centre de Soins.


    En 1977, une Sœur fait une permanence à la maison d’Accueil des familles de détenus « Croix Bleue ».


    En 1978, la Sœur Infirmière cesse son activité au Dispensaire minier de Saint-Savournin (à 20 km au Sud d’Aix).


    En 1982, le Centre de Soins est fermé. Une Sœur est Assistante Sociale à « Emmaüs », elle organise des rencontres de jeunes et d’étudiants et participe à l’Association de Prévention et de Réinsertion Sociale (A.P.E.R.S.)


    En 1985, nouvelle numérotation des rues : 19 rue du Cancel


    Les Filles de la Charité quittent Aix en Provence le 31 juillet 1989 mais la mémoire de cette Communauté n’est pas éteinte. L’une des dernières Sœurs va fêter ses 100 ans ; elle aime se rappeler quelques heureux souvenirs de ce passé aixois.

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Sœur Annie, Archiviste provincial