Aujourd’hui c’est la fête de la Présentation du Seigneur au temple. Marie et Joseph présentent leur enfant à Dieu pour qu’il soit « consacré ». Nous croyons qu’en cet enfant la lumière de Dieu se révèle à nous.

 

Invitées par Jourdain, nous, Crescencia, Marthe et Anne, sommes « Filles de la Charité », ou « sœurs de Saint Vincent de Paul ». Consacrées à Dieu, comme Jésus ce jour, notre vocation consiste à « servir les pauvres », comme le voulait Saint Vincent de Paul.

Aujourd’hui le terme de « pauvre » est discriminant, humiliant… et pourtant, ils deviennent de plus en plus nombreux autour de nous, peut être nous-mêmes sommes devenus « pauvres », soit matériellement lors de la perte d’un emploi ou d’un changement de vie….

Nous pouvons aussi devenir « pauvres », comme il est entendu dans la Parole de Dieu, c’est-à-dire que nous ne comptons que sur Dieu pour nous sauver… un chemin long et difficile aussi !

 

Nous croyons tous en Dieu, et celui-ci nous envoie des messagers pour nous parler, nous indiquer la voie, comme dans le livre de Malachie, que nous venons d’entendre.  

Aujourd’hui, pour nous, les messagers de Dieu, ce sont justement ces « pauvres »  qui sont autour de nous, qui arrivent comme cela, on dirait « par hasard »…. Ils nous disent « les mots de Dieu ». C’est l’inouï, l’inattendu de Dieu, dans nos vies à tous.

Nous pouvons évoquer Fatima, musulmane, qui en traversant la Méditerranée sur un bateau de fortune dans la tempête, se met à prier Jésus Christ, venu sauver tous les hommes, comme elle avait entendu dire… « Pauvre », selon la Parole de Dieu et sans la connaître, elle s’en remet à ce Dieu de Jésus Christ… une messagère qui nous rappelle la force de l’Amour de Dieu dans la détresse « Quand un pauvre appelle Dieu entend », trouve-t-on dans le psaume 33.

 

« Jésus prend en charge la descendance d’Abraham…comme nous avons entendu dans la lettre aux Hébreux aujourd’hui,  et parce qu’il a souffert jusqu’au bout de l’épreuve, il est capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve ».

Alors on pourrait vous parler de cette famille de demandeurs d’asile, ayant subi des tortures et des menaces de DAECH. Ils sont partis, avec rien, de leur pays pour ne pas être embrigadés et / ou tués. Père, mère et enfants de 11 et 17 ans. Dans ces situations toute la famille est perturbée, (douleurs, insomnies, maladies diverses quelquefois…) et les enfants aussi. Un jour la fille ainée fait une fugue…. Elle est récupérée avec une copine par la police à Bordeaux. Les deux mères vont à Bordeaux chercher leur fille respective… le policier demande les papiers à la mère de la copine, et lâche l’autre ado, sans contrôler les papiers de sa mère (qui n’en avait pas, car clandestine), on pourrait dire « un miracle » !

 

« Quand un pauvre appelle, Dieu l’entend ». Dieu répond à la demande des « pauvres », comme pour Siméon qui attendait « la consolation d’Israël », la Promesse. Il porte secours aux pauvres, et nous en sommes témoins !

Notre bonheur c’est de constater cette présence de Dieu dans la vie des gens démunis. C’est ce qui se passe dans l’Evangile et que nous appelons « miracle ». Aujourd’hui Dieu fait des miracles par l’intermédiaire de la descendance d’Abraham, c’est-à-dire nous tous.

Les chrétiens, nous tous, sommes appelés à nous engager selon nos moyens, envers nos frères dans le besoin. « Ce que vous avez fait à l’un de mes frères c’est à moi que vous l’avez fait » nous dit l’Evangile de saint Matthieu  au chapitre 25…

C’est ce que Jésus a fait tout au long de sa vie, pour témoigner de la présence constante de l’Amour de Dieu auprès d’eux, et leur permettre de vivre dans l’espérance. C’est notre mission également.

 

Nous sommes à la retraite, et nos activités consistent à rencontrer des personnes en détresse au travers d’associations chrétiennes ou pas, mais dont les objectifs sont de venir en aide à ces personnes, car nous ne pouvons pas rester « froids » devant nos frères en difficulté…

Certes, même si nos yeux, grâce à la foi, aperçoivent quelquefois un peu de ce « salut »…, nous n’avons pas envie de dire tout de suite, comme Siméon, « Maintenant O Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix »….   

 

Alors je vous invite à chanter, avant de lire le psaume 116, la prière  du pauvre :

            « Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur ».

 

 

J’aime le SEIGNEUR, car il entend ma voix suppliante,

2 il a tendu vers moi l’oreille, et toute ma vie je l’appellerai.

3 Les liens de la mort m’ont enserré, les entraves des enfers m’ont saisi ; j’étais saisi par la détresse et la douleur,

4 et j’appelais le SEIGNEUR par son nom : « De grâce ! SEIGNEUR, libère-moi ! »

5 Le SEIGNEUR est bienveillant et juste ; notre Dieu fait miséricorde.

6 Le SEIGNEUR garde les gens simples : j’étais faible, et il m’a sauvé.

7 Retrouve le repos, mon âme, car le SEIGNEUR t’a fait du bien.

8 Tu m’as délivré de la mort, tu as préservé mes yeux des larmes et mes pieds de la chute,

9 pour que je marche devant le SEIGNEUR, au pays des vivants.

10 J’ai gardé confiance même quand je disais : « Je suis très malheureux ! »

11 Désemparé, je disais : « Tous les hommes sont des menteurs. »

12 Comment rendrai-je au SEIGNEUR tout le bien qu’il m’a fait ? 

 

 

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