Le promeneur qui musarde aux hasards des rues de l’Ile Saint Louis, à proximité de la Cathédrale Notre Dame de PARIS, s’arrête volontiers devant l’inscription qui orne la façade du 5 bis, rue Poulletier dans le 4ème :

   ICI, LE 17 OCTOBRE 1652

St VINCENT DE PAUL ETABLIT

  LES FILLES DE LA CHARITE

    DE St VINCENT DE PAUL

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait des archives du fonds « Province de Paris » – Historique de la Communauté des Filles de la Charité de l’Ile Saint Louis réalisé en 1960 à l’occasion du 300ème anniversaire de la mort de Saint Vincent de Paul.

 

Rappeler l’histoire de cette Maison de 1652 à 1960, serait retracé aussi celle du quartier. L’Ile aux Vaches fut remarquée par HENRI IV, assassiné avant  d’avoir eut le temps d’exécuter le projet d’un quartier le reliant à celui de la Cité.

 

En 1614, Marie de MEDICIS chargea J. Christophe MARIE de niveler les terrains, tracer les rues ; les travaux seront terminés en 1664. Nicolas LE JEUNE, habitant du quartier, fit construire un Oratoire, transformé en Paroisse en 1628. Ayant tout à créer dans ce quartier, il s’entoura des conseils des hommes éminents de l’époque : Monsieur VINCENT et Monsieur de BRETONVILLIERS, et d’autres encore. Dans les troubles qui suivirent les guerres de la Fronde, PARIS souffrit des horreurs de la faim.

 

En octobre 1652, Saint VINCENT, précurseur de la charité, installa 4 Filles de village dans la maison de Madame de BRETONVILLIERS. Elles eurent pour mission de distribuer vivres et vêtements aux pauvres, en collaboration avec les DAMES de la CHARITE. Les Sœurs soignèrent les malades et firent l’école aux petites filles « courant sur les berges de la Seine».

 

Il y a lieu de rappeler la catastrophe du « Pont Marie en 1658 ». Par suite du dégel, une grave inondation emporta les deux arches voisines de l’Ile. Environ 120 personnes périrent noyées.

 

Le 27 juin 1730, les Filles de la Charité habitèrent dans une maison au 5 rue Poulletier, où elles passèrent les jours terribles de la Révolution. Elles purent continuer leurs œuvres, mais en quittant momentanément l’habit religieux. Les messes étaient célébrés dans la pièce la plus reculée de la Maison, devenue Pharmacie.

 

Après la Révolution, le Pape Pie VII venant sacrer Napoléon 1er à PARIS, vint célébrer la messe à Saint Louis en L’Ile le 10 mars 1805. Pendant l’épidémie de choléra, une Fille de la Charité a soigné plus de 600 cholériques et elle fonda l’Orphelinat pour les enfants dont les parents furent victimes du fléau.

 

En 1870-1871, les Sœurs avaient installé une ambulance et servaient des milliers de soupes aux indigents. Pendant la Commune elles durent s’éloigner quelques temps.

En 1880, les jardins des 23 et 25 quai d’Anjou sont achetés pour construire  une école et une crèche.

En 1882, laïcisation des classes. En 1910, les eaux s’arrêtent de monter au seuil de la Chapelle.

En 1914, les enfants sont évacués à Bénerville dans le Calvados en Normandie, qui deviendra colonie de vacances.

En 1944, pendant la Libération, on relevait des blessés et des morts le long de l’Ile St Louis. On appela les Soeurs à l’Hôtel-Dieu et au Dispensaire, les Infirmières de la Défense Passive ne quittaient plus le Poste installé. Le 25 août 1944, Fête de Saint Louis, la délivrance arrivait !

En 1953, le Bureau du Conseil Municipal en sa séance du 3 mars, décerne la Médaille d’Argent de la Ville de Paris à l’Ecole Libre de la rue Poulletier à l’occasion de son tricentenaire.

 

Depuis la fondation des œuvres énumérées ci-dessus, il a été ouvert :

  • une pension de famille pour jeunes filles isolées dans PARIS
  • les Conférences de Saint Vincent de Paul, Dames de la Charité, Groupes « Louise de Marillac » (jeunes filles qui visitent les pauvres et les vieillards)
  • la Société de gymnastique établie en 1933 pour les loisirs des jeunes organise des colonies de vacances
  • une école primaire et une garderie du jeudi
  • un dispensaire avec des consultations de nourrissons et autres
  • un service social et des visites à domicile
  • l’Association des Enfants de Marie

La semence jetée par Saint Vincent de Paul a fructifié au centuple à travers toutes les vicissitudes politiques et sociales jusqu’au 30 octobre 1984, date de départ de la communauté des Filles de la Charité.

Sœur Annie, archiviste provinciale

 

                                                                                                 

 

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