Les Filles de la Charité de Dijon Saint Michel

Dijon, capitale de la Bourgogne, est une région historique du centre-est de la France. 

Plusieurs Communautés de Filles de la Charité sont ouvertes courant 17ème et 18ème siècle :

  • Saint Philibert 1ères Sœurs en 1686
  • Notre Dame de 1698 à 1967
  • St Michel de 1698 à 1981
  • St Pierre de 1702 à 1957
  • St Bénigne de 1751 à 1988 

C’est sur demande de Monsieur JOLY, Prêtres de la Mission, que des Prêtres de cette Congrégation arrivent à DIJON. 

En 1681, il demande des Filles de la Charité de St Vincent de Paul, appelées aussi « Sœurs grises », pour les œuvres de DIJON. Cinq ans plus tard, en 1686, deux Sœurs partent pour la paroisse St Philibert, maison fusionnée plus tard avec la communauté St Bénigne. 

Arrêtons-nous à l’histoire de la Communauté Saint Michel, fondée par la « Confrérie de la Charité » et la paroisse. Deux sœurs sont envoyées le 26 mai 1698, pour la distribution des secours aux pauvres de la Paroisse et tenir une Ecole de Filles.

Le 8 novembre 1743, le Curé de la paroisse demande trois Sœurs. Le contrat rappelle la fondation de 1698 : « … une fille logée avec celle de Notre Dame, puis une 2èm e». 

Des victimes de la Révolution française de 1789, sont emprisonnées dans la Maison des Filles de la Charité, passage du Bon Pasteur.

« En 1793, les Sœurs ont conservé leur Habit. Une Sœur est menacée de la fusillade si elle et ses Compagnes continuaient à le porter. Elles sont très surveillées jusqu’aux paquets de compresses destinés aux pauvres malades. Elles n’ont pas le droit de visiter les indigents de leur quartier ; elles doivent voir ceux de Saint Bénigne, et les Sœurs de Saint Bénigne ceux de St Pierre » Note manuscrite. 

En mai 1838, une donation permet la création d’un ouvroir destiné à recevoir des jeunes pauvres, pour apprendre des métiers manuels, à la condition expresse que cet établissement soit tenu par les Sœurs de Saint Vincent de Paul.

Le 12 janvier 1839, un Acte officiel concerne le Bureau de Bienfaisance : les Sœurs de Saint Vincent de Paul sont proposées pour la tenue de cet Etablissement.

Le 26 décembre 1839, un Arrêté du Maire de DIJON contient le Règlement pour l’Ouvroir et la Maison de Charité de Saint Michel, avec l’approbation du Préfet.

Les œuvres des Sœurs sont réparties dans plusieurs bâtiments :

  • dans le passage du Bon Pasteur (impasse), et la première cour (très ancienne), habitée primitivement par des moines. Ce bâtiment comprend la cuisine sous la salle de communauté avec une grande cheminée et un couloir conduisant à un puit sous la cour. Ce bâtiment appartient à la Ville. Les Sœurs ont le Bureau de Bienfaisance avec distribution des bons et une Pharmacie.
  • sur la première cour, un bâtiment est une donation à la Ville de DIJON pour un Orphelinat de 30 enfants pris en charge par les Filles de la Charité.
  • dans un bâtiment annexe relié à une passerelle, se trouve une Buanderie datant aussi des moines. Au 1erétage, l’Infirmerie des enfants.
  • dans un autre bâtiment extérieur, sont le Réfectoire des petites et des Dortoirs. 

       Ces deux derniers bâtiments seront reliés plus tard par un préau et une terrasse. 

  • dans un bâtiment neuf, construit en grande partie par des souscriptions et des quêtes faites par les Sœurs, se trouvent les Classes et l’Ouvroir. Les Sœurs faisaient alors l’Ecole communale, fermée au moment de la laïcisation en 1904.

Pendant la guerre de 1870, les matelas des enfants sont descendus dans les pièces du rez-de-chaussée pour les défenseurs français blessés que Sœur Célestine allait ramasser et soigner. Un tableau la représente au coin de la rue Jeannin et de la rue Saumaise avec une jeune fille qui distribue leurs fusils à des volontaires.

Le 19 novembre 1910, Soeur Célestine décède à l’âge de 77 ans. Une nécrologie mentionne :

« La nouvelle se répand rapidement et ce fut comme un deuil général. Toutes les lèvres exprimaient les paroles les plus élogieuses et tous les cœurs manifestaient les regrets les plus profonds. En effet la Sœur Célestine avait donné cinquante-quatre ans de sa vie au soulagement des pauvres et des malades, il est peu de familles qu’elle n’ait, à un moment donné, visitées et consolées. Venue à Saint Michel au sortir de son noviciat, elle n’a plus quitté la paroisse…. C’est surtout pendant la guerre de 1870 qu’elle manifesta les trésors d’héroïsme qui étaient renfermés dans son cœur. On la vit, au moment où le son du canon et le sifflement des balles se faisaient entendre, affronter tous les dangers et se précipiter au secours des blessés et des mourants pour leur apporter les soins maternels que son dévouement lui inspirait. Et quand elle rentrait le soir à la communauté, les vêtements tout couverts de sang, épuisée par la fatigue et les émotions, elle regardait comme tout naturel ce qu’elle avait fait… Pendant les dernières années de sa vie elle eut beaucoup à souffrir d’une maladie de cœur mais elle supportait ses douleurs avec la plus admirable patience, ne regrettant qu’une chose, celle de ne pouvoir encore porter des secours aux malheureux. Pendant les trois jours que son corps fut exposé, ce fut une suite ininterrompue de personnes de tout âge, de tout rang et de toute condition venant contempler une dernière fois le visage de celle qui les avait tant aimées. Ses funérailles furent dignes de celle que l’on conduisait au champ du repos… Les honneurs religieux contrastaient avec le modeste corbillard des pauvres qu’elle avait demandé ». 

Un fait est rapporté par écrit : « Une maman aurait apporté son enfant mort sans être baptisé. Sœur Célestine, devenue Supérieure de la Communauté, l’aurait présenté à une Vierge en bois, très ancienne. L’enfant aurait donné signe de vie le temps de la baptiser ».

Après la laïcisation, les Filles de la Charité sont menacées d’expulsion, cependant elles ne partent pas ; leur popularité permet aux Sœurs de poursuivre leurs visites à domicile. 

Le 5 octobre 1927, les immeubles appartenant au Bureau de Bienfaisance sont mis en vente aux enchères. Soeur LEDUC, Supérieure, agissant au nom et pour le compte de la Compagnie des Filles de la Charité, en fait l’acquisition. Les Sœurs reçoivent le Décret d’autorisation de la Maison Saint Michel le 21 juin 1928, abrogé plus tard par celui du 2 juillet 1966.

Pendant la guerre 1939-1945, des sommiers et matelas sont également descendus dans les deux grandes salles pour les réfugiés envoyés par la Ville. Deux Sœurs luxembourgeoises et allemandes reçoivent aussi l’hospitalité pendant quelques jours. 

Le 28 mai 1945, acquisition de l’immeuble sis 7 rue Saumaise. Le Décret du 4 mars autorise cette acquisition.

Les œuvres continuent avec l’orphelinat, le soin des malades à domicile, le dispensaire, la soupe populaire.

Le 8 avril 1946, « l’orphelinat est habilité à recevoir des fillettes confiées par les Tribunaux en application de la Loi du 24 juillet 1889 modifiée par la loi du 15 novembre 1921 (de la Préfecture de Côte d’Or) ».

Le 15 septembre 1957, la Communauté de DIJON Saint Pierre est fermée aussi deux Sœurs arrivent à la Communauté Saint Michel et continuent à s’occuper des quartiers Saint Pierre et Saint Louis.  

La Communauté de Saint Michel comprend alors une Maison d’Enfants de 80 places, le Centre de soins, les œuvres paroissiales, la visite des pauvres sur trois Paroisses (Saint Michel – Saint Pierre et l’annexe Saint Louis). 

Le 7 janvier 1958, un Foyer compte7 membres, 13 rue Saumaise, appelé « Foyer St Michel ». Il devient un grand Foyer avec 40 membres qui se réunissent deux fois par semaine pour quelques heures bien agréables avec un goûter. Une Sœur est chargée de ce Foyer avec une Dame de la Charité. L’Association des Dames de la Charité contribue aux dépenses en versant chaque mois la somme de 150 F.

En août 1960, un séjour de 2 semaines à la campagne est organisé pour 24 vieillards au Château de DRACY en Saône-et-Loire. Le 17 juin 1963, 23 dames et 2 messieurs du Foyer partent 15 jours de vacances avec 2 Sœurs dans la Maison du Soleil à Collonges-sous-Salève.    

   

    

Le 6 septembre 1965, Dijon Notre Dame devient annexe de Dijon Saint Michel. Cette annexe est fermée en 1967. 

« La visite des vieillards est très appréciée et un Foyer Club est bien fréquenté. Les activités vincentiennes ont un bon rayonnement. Une Soeur assure la catéchèse sur la Paroisse appréciée de l’équipe pastorale. La Maison d’Enfants nécessite l’arrivée d’une Sœur compétente pour assurer la cohésion du personnel et la bonne marche de m’ensemble » extrait d’une visite de février 1974.

Le vieillissement des Sœurs et le manque de vocations entraînent dans un premier temps, le regroupement de ses membres et la fermeture progressive des Communautés. C’est en 1981, que la Communauté de Saint Michel de DIJON est fermée, avant celle de Saint Bénigne sept ans plus tard.

Le Service des Archives de la Province de Belgique France Suisse 

(63ème article historique depuis janvier 2020)