Saint Joseph,

On t’appelle le charpentier de Nazareth,

Matthieu, dans son Evangile te nomme « le juste » c’est à dire celui qui s’est parfaitement ajusté à Dieu,

Les consacrés font de toi un modèle d’obéissance, de fidélité.

D’autres une icône du silence et de la discrétion totale…car sans dire un mot, tu as pris Dieu au mot !

En ce 1°mai, premier jour du mois de Marie, l’Eglise te célèbre comme l’artisan, le travailleur, l’ouvrier.

La Fête du Travail est un jour pour se reposer du travail quotidien. Les travailleurs et leurs syndicats ont l’habitude de profiter de ce jour pour faire des revendications dans une défense de leurs droits et attirer l’attention sur tous ceux – et ils sont nombreux – pour qui une « fête » du travail n’a aujourd’hui aucun sens : chômeurs, travailleurs précaires, intérimaires, esclaves modernes, métiers qu’on laisse aux autres, petits boulots harassants, travail au noir, professions non choisies, Burn out…etc… Les droits de l’homme nous disent que toute personne a droit à un travail digne et bien rémunéré, et que “c’est un homicide que de refuser à un homme le salaire dont il a besoin pour vivre”.

Aujourd’hui, l’Église prie pour le monde du travail, pour que tout travailleur puisse accomplir ses devoirs et vivre avec dignité. Elle nous propose, l’exemple de saint Joseph, le charpentier de Nazareth, modèle de travail pour soutenir sa famille et développer son métier, car c’est la forme normale de vivre dans ce monde, que de gagner le pain de chaque jour avec la sueur de notre travail.

« Misérable, disait SVP as-tu gagné le pain que tu vas manger, ce pain qui te vient du travail des pauvres » (XI, 200)

Et encore :

« Une raison pour laquelle nous devons travailler à gagner une partie de notre vie, c’est que notre vocation a l’honneur d’imiter la vie laborieuse du Fils de Dieu ; et partant, puisqu’il a travaillé avec saint Joseph et sa sainte Mère pour gagner sa vie, nous le devons faire aussi. (IX, 485) »

N’oublions pas Joseph, Il est le visage de tous ceux qui travaillent chaque jour, souvent dans l’anonymat, et la discrétion pour que le monde avance. C’est encore plus vrai en ces temps de pandémie.

Dans notre monde un peu « déboussolé » en ce moment, les saints sont ceux qui tiennent bon dans les difficultés, les incompréhensions et les incertitudes. En langage rugbystique on dirait qu’ils sont la mêlée de Dieu qui ne s’écroule pas, ne cède pas un pouce de terrain, et doit tenir coûte que coûte !!!

Dans cette immense foule des saints, gardons à Saint Joseph sa place à part…celle de pilier !

 

Sœur Annie GENAIN, Communauté de Bordeaux