Un homme. Ses parents l’ont appelé MARC ANTOINE*! Rien d’étonnant pour un garçon né dans une famille aisée, dont le père  et les frères sont des généraux et des hommes politiques. Son père le destinait-t-il, dès sa naissance, à faire carrière dans l’armée ?   Mais à  l’âge de 15 ans Marc Antoine, marqué par la foi de sa mère,  se sent appelé à prendre un autre chemin. Nous ne savons pas comment son choix a été reçu par son père !

 

 

Un prêtre à la suite de -St Vincent de Paul. En 1818, à l’âge de 17 ans,  il entre dans la Congrégation de la Mission. Ses prêtres, appelés « Lazaristes » ou « Prêtres de la mission » sont présents dans la région de Turin. Il y est ordonné le 12 juin 1824 et exprime son désir de s’engager dans les missions étrangères, mais ses supérieurs lui demandent de rester à Turin et le destinent aux Missions populaires dans le monde rural.  Dans son ministère, et malgré ses nombreuses responsabilités, Le P. Durando allie les deux dimensions inspirées par St Vincent de Paul :  le service spirituel et le service corporel. Il devient une référence pour les laïcs et le clergé.

 

 

Un missionnaire au grand rayonnement. Ce n’est pas en Chine, mais dans la région de  Turin qu’il va vivre pleinement sa vie de prêtre. Dans son ministère, il pratique une des vertus essentielles des lazaristes : le zèle. C’est donc avec ardeur et enthousiasme qu’il anime et prêche les missions populaires. De plus, il travaille à la formation des prêtres, anime des temps de ressourcement et de retraites spirituelles pour clercs et laïcs. Parmi ses auditeurs nous retrouvons, entre autres  St Jean Bosco, St Joseph-Benoît Cottolengo et d’autres saints, tous inspirés par l’esprit de St Vincent de Paul.

 

 

Un directeur spirituel, un accompagnateur Le P. Marc Antoine est apprécié pour son expérience et sa sagesse. En tant que directeur spirituel, il est appelé à accompagner, conseiller, aider de nombreuses personnes, laïcs et prêtres, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes. Parmi elles, se trouvaient des jeunes femmes désirant entrer dans la vie religieuse. Selon les Lois canoniques de l’époque, leur naissance hors mariage les en empêchait. Le Père Marc-Antoine qui cheminait avec elles,  les réunit en une association privée et séculière. Le 21 novembre 1865, avec l’aide d’une laïque, Louise Borgiotti, il fonde la Compagnie  des « Filles de la Passion de Jésus de Nazareth », appelées actuellement « Sœurs Nazaréennes »,  à qui il transmet sa dévotion de la Passion de Jésus. Grâce à lui, des filles mises au ban de la société ont pu donner un sens positif à leur vie en réalisant leurs désirs profonds : se mettre à la suite du Christ pour aider les pauvres. Il leur confia comme mission l’assistance des malades et des mourants, de jour et de nuit, et le service des jeunes abandonnés. Le Père Marc Antoine, comme fils de St Vincent de Paul, favorisa aussi l’essor de la Compagnie des Filles de la Charité en Italie.

 

 

 

 

Un contemplatif.  Nous trouvons chez lui un va-et-vient entre la contemplation du Christ crucifié et la rencontre du Christ présent dans les corps souffrants. Pour de nombreux saints et saintes, la contemplation de la Passion du Christ a transformé des vies. Une sœur malade avait dit : « Mettez ce crucifix en face de mon lit. Le contempler m’aide à vivre »  Ainsi, le Bienheureux Marc Antoine DURANDO a pris le risque de se mettre à l’école du Crucifié. C’est là qu’il a appris ce qu’est l’amour, la simplicité, la compassion, le don de soi jusqu’au bout.

 

Comme le P. Marc Antoine, n’ayons pas peur de nous arrêter, de faire silence et de nous laisser enseigner par le Christ en croix pour trouver auprès de Lui, la force de Le rejoindre en celles et ceux qui,  autour de nous et dans le monde,  en sont les icônes vivantes.

Le P. Marc Antoine DURANDO est décédé à Turin le 10 décembre 1880.

*Marc Antoine, homme politique et militaire romain, né en 83 av. Jésus Christ.

 

Sr Louise Pittet
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